GUSTAVE CLAUDIN
Quelqu'un qui possède Paris sur le bout de son doigt, c'est Gustave Claudin.
Il a d'abord pour cela cette condition indispensable de n'être pas Parisien.
C'est un Normand, comme Gustave Flaubert, comme Louis Bouilhet, comme Barbey d'Aurevilly,
— mais un Normand ayant abdiqué les principales qualités distinctives de sa race, c'est-à-dire la méfiance et la ruse.
De la méfiance, à propos de quoi ? De la ruse, contre qui? Dès son berceau, la bonne chance n'a cessé de sourire à Gustave Claudin.
Son premier livre s'appelait Palsambleu. Ne voyez-vous pas dans ce titre toute une profession de foi ? Avec Palsambleu, Claudin a fait son chemin à Paris, comme Figaro avait fait le sien à Londres avec Gocldam. C'est merveilleux, en vérité. Parleznous un peu de l'amour, maître Claudin? Palsambleu ! Et de la littérature ? Palsambleu ! Et de la politique? Palsambleu! oh! ^wvUnxi Palsa7nbleu!
— Palsambleu répond à tout.
Gustave Claudin est, en beaucoup de choses, de l'école de Nestor Roqueplan. Comme lui, il vit extérieurement; c'est une des figures les plus connues de Paris. On le voit sur vingt points à la fois, toujours allant, plus souvent en voiture qu'à pied,