‹ De A à ZChapitre 38 sur 95 · MADAME HENRI HEINE · texte numérisé non relu

MADAME HENRI HEINE

M"'^ Henri Heine, la veuve du célèbre écrivain, avait été une belle et rieuse Parisienne, grasse à souhait, cheveux noirs, dents éclatantes, mais d'une instruction médiocre. Elle s'appelait Mathilde Mirât. Henri Heine l'avait épousée le 31 août 1841, à la veille d'un duel et afin d'assurer son avenir.

« Sa beauté exerça sur Heine un immense empire, — a écrit la princesse Della-Rocca, sa nièce, dans un petit volume de souvenirs; — il l'aimait de tout son cœur et jouait avec elle comme un enfant; son babil l'amusait... Au fond, Mathilde avait bon cœur; c'était une insouciante enfant, toujours gaie, parlant à voix haute, ne demandant qu'à vivre et à se laisser vivre. On la voyait sur les boulevards, pendue au bras de son mari, flâner, s'arrêter pour regarder les devantures des magasins, visiter les pâtisseries, s'attarder dans les restaurants. Les friandises, les primeurs l'attiraient, et mon oncle, pour qui un bon dîner a toujours été un plaisir divin, ne se faisait guère prier.

» Pas plus que lui Mathilde ne savait le prix de l'argent, et tous deux s'entendaient à merveilepour le gaspiller. L'un et l'autre aimaient à passer la belle saison à la campagne, dans les forets, sur les plages fréquentées, à suivre en toutes choses le

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