‹ De A à ZChapitre 41 sur 95 · MADAME JAUBERT · texte numérisé non relu

MADAME JAUBERT

M"* Jaiibert était celle qu'Alfred de Musset, dans sa correspondance, désigne sous le nom de sa mart^aine. Elle avait publié, l'année dernière, un volume de Souvenirs, qui fut remarqué comme l'expression très curieuse d'un coin de la société parisienne entre 1838 et 1848. Ce n'était plus qu'une vieille femme, mais elle avait gardé jusqu'à la fin un tour d'esprit infiniment agréable et piquant, qui fait d'elle comme une M"'^ d'Épinay moderne ou même une M""' de Rémusat.

Elle avait eu des accointances dans ce monde à part où brillaient la princesse Belgiojoso, la comtesse d'Agout, la comtesse Guiccioli, Pauline Garcia, la princesse de Bedmar — et, parmi les hommes, Liszt, Berryer, Alfred de Musset, Ulric Guttinguer, Ary Schefïer, Victor de Laprade, Henri Heine, Eugène Delacroix. Monde supérieur, éclatant, mais sujet, comme les autres mondes, à toutes les humaines faiblesses ! •

M'"' Jaubert en savait sur le bout du doigt la chronique et les mille secrets ; elle devait en tenir registre à la façon des précieuses d'autrefois, avec une malice plus matérielle cependant. Elle en sait beaucoup, elle en sait trop sur Berryer, et elle ne se gêne pas pour tout raconter dans la langue inconsciemment libre des femmes qui ont dépassé

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