‹ De A à ZChapitre 51 sur 95 · MARTEL · texte numérisé non relu

MARTEL

Acheté aiijoiii'triiui sur les quais un volume iiiiilulé :

« Billets doux d'un Comédien, par A. Martel, précédés d'une lettre de M. Alphonse Karr, 1857, grand in-8. »

Martel ? Ne serait-ce point le consciencieux et aimable i:)ensionnaire du Théàire-Français, celui qui joue les pères et quelques rois? Tout le fait supposer.

Ses vers ont de grands cheveux, comme lui. Ses strophes ont, comme lui, un air mélancolique, même lorsqu'il s'efTorce de sourire.

Quant à la lettre d'Alphonse Karr, c'est une page charmante :

« Monsieur, vous me demandez mon avis sur la publication d'un volume de vers de votre cru. Vous êtes fatigué d'être toujours le Cid, Oreste, Ruy Blas, Hamlet;vous voudriez soulever le masque qui vous impatiente et être un peu aussi vousmême. — Vous voulez dire à un public qui vous a souvent applaudi : Je ne suis pas seulement les héros ou les illustres scélérats que vous connaissez, — je suis aussi un honnête jeune homme, qui ai mes propres sentiments et mes pensées à moi. Je n'aime pas toujours en vers hexamètres Chimène, Isabelle, Ophélie, etc., avec les bras nus, la tunique,

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