‹ De A à ZChapitre 55 sur 95 · MENNECHET · texte numérisé non relu

MENNECHET

Avant M. Ernest Legoiivé, il y avait un spécialiste de lecture à haute voix qui s'appelait M. Edouard Mennechet, et qui a écrit lui aussi un ouvrage sur la prononciation (en 1855).

Mais avant M. Mennechet, il y avait Andrieux, académicien et professeur au Collège de France. Il paraît qu'en fait de diction Andrieux était la merveille des merveilles. Il n'avait aucune espèce de voix; il était petit, vieux et laid, et malgré cela la vogue était au cours de M. Andrieux. On se bousculait pour entendre M. Andrieux comme on s'est bousculé pour entendre M. Caro.

Je me console parfaitement de n'avoir point entendu M. Andrieux. Je me console surtout de ne l'avoir point vu. J'aime qu'un orateur ait bonne mine. A ce point de vue, Villemain le bossu ne parvenait pas toujours à triompher de ma répulsion.

Pour en revenir à M. Edouard Mennechet, il y a de bonnes choses dans ses Études ; il y a aussi des choses forcées. Par exemple, il a trouvé un vice de prononciation qu'il appelle le sesseyement.

« Le sesseyement consiste dans l'altération des consonnes sifflantes s, z, ch, x ; les personnes atteintes de ce défaut ajoutent aux susdites con-

sonnes le son de deux l mouillées et d'un z, ce qui produit un sifflement lourd et désagréable. Elles disent sllioœUiante pour soixante, un chlliapeau pour un chapeau... »

Cela me semble bien tourmenté. Jamais mon oreille n'a perçu de sons aussi bi/arres.

M. Rouher lui-même, qui tient haut le drapeau de l'Auvergne, n'a jamais prononcé : Mon chlliapeau.

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