MADAME DE REMUSAT
On a fait un certain succès aux Mémoires de M"^^ de Réinnsot ])0\\v plusieurs motifs : d'abord et surtout parce qu'il y avait quelque temps qu'on n'avait publié de mémoires, et que cette forme atoujours gardé son attrait auprès d'un grand nombre de lecteurs; ensuite parce que l'œuvre de M*""' de Rémusat est celle d'une femme distinguée, sinon supérieure.
Elle fait commencer son récit du moment où elle fut nommée dame du palais de M""' Bonaparte. C'était en 1802 : elle avait alors vingt-deux ans, et il y en avait six qu'elle était mariée à M. de Rémusat, Pendant plusieurs années, elle a pu étudier presque journellement le premier consul d'abord, et l'empereur après, tous deux confondus dans celui qu'on a longtemps appelé Yhomme du destin. Quel destin, grands dieux !
Dès les premières pages, elle nous montre un premier consul fagoté comme une marionnette : cheveux courts et plats, habit cerise brodé en or, cravate noire, veste d'uniforme, absence de manchettes, bas de soie et bottes à revers. « Cette toilette et sa petite taille lui donnaient ainsi la tournure la plus étrange. »
Puis ce sont des caquets, des mots surpris, des