‹ De bulli à Rameau 1690-1730Chapitre 10 sur 11 · DURS · texte numérisé non relu

DURS

n'avait pu mettre [a main sur celte source précieuse !

à esthétique, ou Îa description d’une représentation à l'Opéra, suivie d’une rêperie sur le principe méta-

- rencontrer toutes ces qualités chez un homme qui ce ne fesait pas son capital de musique. ”

"bhos Comporaison/” et le “ Parallèle ” son deux OUDrages absolument différents l’un de l’autre, opposés aussi bien por lanfagonisme voulu de Jus qufeurs que tu Pesprif qui LS souflent el

belles personnes est toujours vrai ef si je pous. trompe jamais, ce ne sera pas en des choses qui vous sont, à vous ef à moi, si indifférentes.”” Mais

et sans cesse enrichis d'exemples différents. Que ne trouve-t-on pas dans ces mille pages in-douze? Comment fant de documents ont-ils été rassemblés et ordonnés, loin de Paris, dans un livre qui parut

à Bruxelles ? Que d'articles manqueraient à [a % Biographie Universelle de musiciens”, si Félis

Ici c’est une digression sur [a musique antique,

# âpre critique du livre de Perrault, là une vie de bulli, où chacun a puisé; plus loin un essai d'analyse

physique de l’art musical. D'est-il pas étonnant de

Fe “ Parallè ne shall |

ou ir part précisément en | . ue. ne qui fait 'origina ité ue ed l'enfhousiasme ad cu |

cf

4 près la er vu becer ee semble

PR À Li fe abs ; g su se A DA Entre ces deux

“aa a ‘he Ja

(UMR ESA Na AT ARE ASE DISEASE ANUS NAS ARE CORTE red:

, AO, pe 16, fe LH ; ÿ (a

Mercure, 1726.

Paris, 1715,p.225.

Paris, 1719.

s apaiser. “II prail PR remarquera cie d’habiles musiciens dont est fournie a France, il

ses intérêts”. 1 En: réalité Ia rivalité des deux écoles | ne Cessa pas d'occuper les esprits. Nous en frou-

sique italienne et française par M b, T.” publiée L'auteur de cette plaquette, qui pourrait être Je out en se gardent de les citer, il résume A

opinions dans un habile compromis. Sa conclusion, qui mettrait d'accord fous les partis, est “qu’on

Quelques années plus : tard, l’abbé Dubos, dans ses

a cause bien bipement; il ne cife aucun de ses.

menf que “ce sujet pient d’être traité”. Son lipre.

et qui contient RAS des ne tout à Le ire

tard un biographe du garde des sceaux que de tant

n’y en eut néanmoins aucun qui entreprit de penger

vons la preuve dans une “ Dissertation sur Ja mu-

dans le “Mercure” de nopembre 1218, et réédité par Bonnet dans son “Bisioire de la musique”.

musicien de la Tour, a lu Raguenet et becerf, e

pourrait jaire un genre de musique parfait si l’on pouvait joindre ce goût savant et ingénieux de ltalie, au goût naturel et simple des Français.

“Réflexions sur le Beau”’,n’ oubliera pas Ja musique italienne. Mais ici, comme dans son OUDrage, Dubos évite les polémiques, et s’il penche en javeur de la musique française il n’en soutient pas.

prédécesseurs ou contemporains et ajoute simple ne nous apprend rien de noupeau sur ce point,

Arrivons enfin à un ouprage où l’on ne cher:

cherait pas tout d’abord des notions de musique,

cieuses pour histoire des idées esthétiques d celle époque. C’est Le “ Spectacle de [a nature” de l'abbé Pluche. he but de ce livre, sorte d’Encyclopédie des sciences et des arts, est avant tout

is)

| Voué au “professorat dans un séminaire : de pro-

apprend l'existence de polémiques musicales dont | aussi DiDes qu ’entre les doctrinaires. Voici par

la méthode la plus propre à l’amuser et à le ; Anse # ie que ‘“ Baptiste (ner) au

[es contemporains ne parlent pas. Elle nous montre parmi les aristes eux-mêmes des contestations

exemple Guignon “persuadé que la musique est faite pour tirer l’homme de l’ennui, ef qui a choisi

Paris, 1731.

didactique et pendant longtemps les collèges en firèrent profit, De nos jours même il y aurait W Het re parcourir ces dix volumes in-octapo. di

Dince, il fut inquiété pour ses opinions lors de la Bulle Unigenitus, ef dut à la protection de Rollin une situation privée dont les loisirs lui permirent de mener à bien son entreprise littéraire, C’est dans Je septième volume du Spectacle, parmi les “Professions instructives ”, que se troupe le chapitre traitant de l’art musical. be plan de ce chapitre est simple. b’auteur pose en principe que fouf art doit apoir une fin utile; il cherche ensuite un critérium de ceite utilité, passe en repue les opinions des maîtres, et conclut en condamnant toute musique dont le but n’est autre que le plaisir. Ceite Jongue dissertation - elle a plus de cent pages - nous

:° 0 cnrs n "approur toutes sortes de nn ne ie L

… eee tin e vi jaitune étude profonde de 0 dl perfectionner, aunehardiessed us où les Hfali |

î Le mais que Î mélo ou pe

| ux influences italiennes durant les trente ans qui

nes ba guerre des Bouffons le prouvera bientôt. b

ur. le terrain de doctrines. pol que Poe Ia

p géc rs ou amis s de la tn et des mesures, no s naissons tous des les

1e led L Tous les peuples qui n des nb. a pi de per un chant

Pluche, loc, et,

séparent la Comparaison du Spectacle, sa théorie 1

1 querelle p’ est pas terminée. Pluche lui-même ’ onfribuera à rendre z impossible toute réconciliation

| Celte concession ne z doit pas nous Séapet si 4 Part français avait été contraint de 5 ’accommoder

ue. lutin fo Ds pipe. si 1 ue absolue qu' soit possible d'imaginer contre l'esthétique italie e be Spectacle confirme et complète la Comparaison Au début et à la fin de la période que nous étudions. Pluche et beceri apparaissent comme les deux on champions de l’art musical français. beurs argurments diffèrent Le plus souvent, mais leur dogme a est semblable et leur but identique. Heurs deux Ouprages ont pour | ainsi dire ue celte matière nous troupons chez eux à peu près toutes Les

bonnes raisons que la France était alors € en pui sut un pour jo son goût on

Dee

Causes.

a Council confuses, auxquelles ces disputes ont donné

naissance, il faut nous rappeler les préoccupations | esthétiques de la France à cette époque, Nous apons pu la philosophie de Part pers 1715, s’ ’appuyan sur le triple principe de [a fiction, de la nature et de la vraisemblance, hésiter devant le phénomène : ou

. nous avons assisté à l'assaut lipré à Port par ‘| morale, par la littérature et l’éloquence. Enfin nou: nous sommes arrêtés avec l’école de ha Motte de-

successipes el devenu le symbole de Ja puissance musicale, I faut maintenant pénétrer dans ce do-

si nous ie juger utilement dés ibons

sical ef chercher péniblement sa voie entre des mé taphysiques incomprises et une critique timide, Pui

panf l'oreille, concept obienu par des éliminations.

maine de l'oreille, I n’est plus possible de rejeter. ” les charmes de l'oreille” 4 comme ce eoisaient Les

oué pl même de “ réserper ses droits” comme le voulaient les poètes. hes problèmes qui e posent ici obligent la critique à prendre pour point de départ ce qu’on pourrait appeler “{e canton sensoriel” de l'oreille, c’est-à-dire le sens musical ’ - Jui-même. Or, deux attitudes différentes se remarquent de suite à l’égard de l’orcille, parmi les . polémiques de 1700. hes uns considèrent que le . sentiment musical émancipé peut suffire à fonder une esthétique du beau sonore, Ce sont, apec Raguenet, les défenseurs de la musique ifalienne. ' bes autres, et hecerf à leur tête, n’admettent cette émancipation que sous certaines conditions. Ce sont les partisans de l’art français.

On sait combien Le combat fut pif, Fes Italiens à ntent décidés à admirer sans contrôle tout ce que [a musique et les musiciens pouvaient inpenter pour … flatter l'oreille. bes chanteurs transalpins, écrit | Raguenet “soutenus de voix rossignolantes et | iuenes infinies, passent à fout moment du b carre au b moll et du b moll au b carre. Ils font des pas- | sages d’une étendue à confondre ceux qui les entendent pour la première fois, sur des tons à faire frayeur; ils hasardent ce qu’il y a de plus dur et

d'être les premiers hommes du monde pour la . musique, d'en être les souverains et les maîtres | despoiqes, ei en gens toujours assurés du succès. beurs composifeurs jettent [a frayeur dans l'esprit de l'auditeur, qe croit ni tout le concerl pa tomber

plus extraordinaire, dans le sentiment qu’ils ont

pr 2 «e. ls 2 st n ne | ue au a que lot cou

ne . quels d is se diet, et di He ARE “pas, consulter.” Pour le

| Aussi la nm nn “Français vs ie manieste sur le terrain de la AR ie $s’

à à | ri el dAndn e . do provoqué su de beceri et donné à l'esthétique française | à sion de se - formuler. ni Fun ni HE

ne mo nai son re

mplicitement que Fune pu supérieure à He b’oreille, ( encore une jois, pour prouver la Tégitimité deson émancipation doit pouvoir récuser l’autorité de la raison qui est ici juge gi parle. ie une

suspectée a, pour les contemporains du “ Spectacle

ège. Il faut voir apec quelle indignation Pluche devant Lu certains ne aoaient : sans iv

bles. Lu “is de Gorell eut pu dire, jai Nous ares |

as ( io de rs FE a Ea ire n Lu : pas due entre la raison Lil FOreles € . l

| l'hégémonie des éultés rationnelles dot ‘être

de la Nature” quelque chose de ridicule ef de sacri- :

ri . Me-

rianne, À, p. 2,

élené la voix - 5 emporte oi ces | étihantés “ qui croient plaire à l’homme en le traitant comme . le bouvreuil ou Le sansonnet, qui ne pensent point 1 et qui passent des jours entiers à à entendre et di:

répéter de purs sons”

ba France a donc beau } jeu en ‘attaquant l'ltaie #7 par ce côté et au nom d’un postulat que tout Le. monde admet. hà où la raison ne troupe pas son comple, il n’y a plus que vanité et ridicule aux yeux d’un beceri. “ Représentez-vous, écrit-il, une Dieille coqueite raffinée chargée de blanc, de rouge

et de mouches; tout cela véritablement appliqué

avec fout le soin et l'adresse possible; souriant ci. | grimaçant de la manière la plus fine et la plus étu-

diée; mais souriant à droife et à gauche, grimaçant |

sans cesse; toujours du brillant et de la pipacité, ni justesse ni prudence; des airs engageants, une

enpie perpétuelle de plaire à tout le monde; apec cela sans cœur, sans âme ef sans sincérité, inégale, 0

ne demandant à fous moments qu’à changer de lieux, de plaisirs. Voilà la musique italienne.” De même Pluche applique toufe son ironie à railler la “musique barroque, qui passe pour chanter, en mesurant des vitesses et du bruit, ef qui n’est ni plus significatine ni plus scandaleuse qu’une grêle de coups qu’on ferait tomber sur un coffre.”? b’attitude de la France est d’autant plus assurée que celle de l’ltalie semble moins défendable. Et l’on ne peut méconnaître en périté une certaine perspicacité, quelque courage même dans ces Lo e ka Hs

(HR PES LE Ages EPS me

HS és FT es re r af) ÉD PEN 2e 0 EP TE TN MEN Eee.

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Eu. ol Le: cel pays qui ait opposé à ce moment une résistance opiniâtre aux éblouissements de la musique italienne. hes Anglais, dès la fin du RUIK siècle, avaient appelé de leurs vœux “ that : sort of music ” comme l’appelle Purcel dans une : préface gallophobe. L'Allemagne suipaif [a mode, Soncteatre,1683. et se montrait plus affentive à Telemann qu'à Sébastien. Bach, Chez nous au contraire fout une | partie du public éclairé, soutenue par des artistes de falent, s’effraie des licences que prend l’oreille, et de l'épanouissement démesuré de cefte floraison étrangère. If nous est aisé aujourd’hui, instruits par deux siècles d'histoire, de crifiquer les déiauts d’une pirfuosité sans limite, et d’un art qui fut surtout sensuel. Mais, pour prévoir ces dangers dès l’époque même de Bononcini et de Vinci, il fallait Ja sagesse judicieuse de l'abbé Pluche ou Finstinct très sûr qui fit d’un gentihomme normand un musicographe érudit. Derrière cette plastique We brillamment colorée des maestri à la mode, le goût . cu des Français soupconnait avec raison l’in- . différence des sentiments et comme une diseffe d'âme qui cherchait à se dissimuler, C’est alors que les bons esprits s'inquiètent d’un phénomène dont ils ne parpiennent pas à découvrir [a cause. Quel est donc, se demandent-ils, ce délire d’extrava- gance, cette vanité de varier et d’orner par Le dehors des réalités a appauvries ? ? Pourquoi les propriétés € en. sorte physiques et matérielles du son ten- AQU de ÉFempons Sur ne Ne de l’ex-

‘ D Ras

aux prises oi S"infligences apisé tendent à rien or à poser le redoutabl

nt

on pers 1700, poici dau le nettement et tout à hi ue LA

nil [A mn {a lienne et de se ra ste êmes

ere at pi une réconci

baroque. On voit combien cefte sifuafion est criique pour les docfrinaires français ! Car, n'étant point séparés de l'esthétique ifalienne par un prinipe, is ! La 2 FADIEnAroN IRUNIRS ü nel leurs

UI rt ke n’a D par elle- | | ie Dertu LM de divertir LS oreilles 4 ;

lation des deux os |

une quest | gant 4 mesure ch rien d'autre qui anime becerf conir! Raguenet, et Pluche contre la musique.

lès

doctrines Sur une conceplion nistiques du Paie L

ne puisse elle aussi se réclamer! Considérant l’art

d’un point de pue qui est également ifalien ils ne prouveront pas, quoiqu'ils fassent, que les italiens

ont tort. En un moi, ils ne peuvent invoquer, pour s’en fenir à Ia musique française, que le bon plaisir et le goût de la nation. Ce n’est pas assez pour |

| légitimer un système et justifier les prétentions a

d’une critique autoritaire et dogmatique. En bonne logique ce sont Îles lialiens qui ont raison, puis-

qu’ ils appliquent dans foutes ses conséquences une fhéorie que [a France ne conteste pas. Pour

qu'ils aient fort, il faudrait que Ja musique ne fut pas un art d'agrément, qu’elle ait un autre .

but que de procurer des joies auriculaires. fllors …

en effet, et alors seulement, la pirtuosité, 1 bizarrerie, “Ie polatil italien . comme l'appelle Pluche, serait condamnable et condamné. Ce serait là le remède, chacun en a l'intuition et s'efforce de le découvrir, Mais comment démontrer l’utilité de la musique dans un pays où [es moralistes (a condamnent, où les philosophes, les hommes de letfres, les éducateurs la déclarent importune ou baine, et où des enthousiastes comme Raguenet tombent aussitôt sous les coups des honnêtes gens. hes théologiens, les orafeurs, Les poètes proclament :

bien haut qu’ils n’ont que faire de musique, que la

sonorité est un piège pour l’esprit, une contrainte ridicule, un ornement puéril. ha raison repousse [a

musique, el a faut cependant que la HÉRUUTS soit |

raisonnable ! 1. Telle est h fee véritablement spécieuse que l'esthétique de 1715 s’est proposée

: le re Pour Pluche et hecerf, soufenir cette fhèse L c rest, bien enfendu, rattacher ie phénomène musicai aux seules facultés qui comptent alors dans l’âme . humaine, aux facultés infellectuelles, Beur argumen- tation sera la suivante. |

“Tous les plaisirs que nous pouvons éprouper,

[e gouvernement de la règle, un bien profifable au . particulier sans nuire à [a société... Mais, séparezvous le bien ou Ia fin désirée par l’auteur de Ia na-

l'attrait, c’est un désordre, Présenter le plaisir pour pu nous d’un terme plus clair, c’est une prostitution. ; Point de plaisir que la raison ne doive rejeter quand il n’opère plus ce bien... Touf ce qui flatte l’odorat est un apis de ce que la bouche doif refuser ou

Vo n’est qu’un apis. Il en est de même de ce qui

plus grande est l'utilité à laquelle ils tiennent. En sorte que c’est déshonorer [a nature et renperser l'ouvrage de son créafeur, que de prendre un plaisir or touchant et de mépriser l'excellent bien dont il étail

à elle-même pour Rome son Goût conire celui de

écrit l’auteur du “Spectacle”, ont été créés pour une fin sage, et pour nous inviter à obfenir, sous

ture, d’avec le plaisir qui en est l'avertissement ou

“le: plaisir même, c’est un renpersementf, serpons-

admetire..., la saveur n’est qu’un avis. he toucher

affecte l’ouie et la vue. Plus les plaisirs sont vifs

flrgumenfation.

de de bien près au charmes eu l'oreille ss

pas le père, ‘Ba Sie les apparences “as a été la néc "

Ir q au que l'agrément à Sie d'utilité

s naturels; or cela se peut appeler amour.

Ÿ “dirai que

dû rouDer Ja musique et ne doit pas nous amour point d'utilité, répliqua le che- 2h . poor ami a Due Qui un

Ti or on id une ju ie i peut causer de la or de Ja Do-

elat Lie à nie: Le on Gparéhendeil La ‘générale, et on demandait un temps fapoou venait el la récolte était abondante.

. de da et it les besoins du monde

'amour aura dicté la musique qu'on l Fe pl en ces occasions; car Le désir de

Il, p. 145, pifs pour Melllee Le. nom a. aie es admirables nous surprennent en 1705, et la phi- Josophie qu’elles défendent semblerait inexplicable «

faine origine, beceri se réclame ouvertement de la

encore, - cherche à rendre siennes leurs doctrines, qu'Amiot lui a transmises. Fonder ainsi, un siècle avant Schopenhauer, une esthétique

hymnes de joie ne nous fjait-elle pas songer à férieuse a pu conduire ce gentilhomme normand . laquelle se rejoignent l'antique sagesse des peuples

picacité lui fit depiner que “ l’amour est un nom

à ce moment si nous ne distinguions pas sa loin-

Grèce; ses inspirafeurs sont Plutarque et Théophrase, Il les cite, et - ce qui est plus louable

des sons sur le vouloir pinre, et définir cent cinquante ans apant Wagner la musique en l'assi-

. milant à l'amour, c’est, on peut le dire, se montrer singulièrement en avance. Cette humanité qui, dans

un commun rapissemenf, adresse aux dieux des. Beethoven plutôt qu’à hulli. Quelle intuition mmysté- Ders une conception aussi lointaine, et dans et la pratique de l’art le plus moderne. Quelle pers-

bien paste ”, ef qu’on ne saurait sans blasphème

le réduire à l’agréable ou l’opposer à l’utile? Rien . n’est plus étranger à l'esprit du siècle que de pouloir saisir la passion et la pie dans ce qu’elles

ont d’essentiel, de les considérer d'assez haut pour …

confondre dans une même vue l'énergie des Douloirs, le plaisir de la jouissance et la finalité des … désirs. Ces “besoins du monde les plus sale He LA

1 te

4 de Lorie qui pousse l’homme pers

ï Pacte artistique, avant foufe interpention de la cons-

. cience,et qui porte en soi sonutilité, sa jusfification, sa

coin dernière, hecerf l’entrevit à la source du phé-

. nomène musical, et inpoqua sa toute puissance pour rétablir l’art dans ses droits. Exemple rare

de clairpoyance et qui montre combien, à ce moment

même, l'étude des réalités sonores forçait les idées à évoluer en un Certain sens.

Me Spectacle et la Comparaison emblenl - voisins l’un de l’autre, malgré l'aspect difiérent de leurs thèses. Car fous deux s'efforcent L également de rallier le plaisir musical à une fin

qui en légitime l'attrait; et ils s'opposent au plaisir

qui n’est que plaisir. Pour arriver à ce même but,

l'un réduit au minimum la valeur de ce plaisir,

l'autre la porte à l'infini. ha musique, dirait l'abbé,

est trop peu de chose pour s’imposer par elle- : même; méprisons ses charmes si ils ne serpent pas à quelque fin plus relepée. ha musique, s’écrie-

… raitle garde des sceaux, porte en soi une foufe puis- : sance qu’il serait sacrilège de méconnaître,

Ces principes une fois posés il fallait en appli- . 7 quer aussitôt les conséquences. Condamnons l’art - quinesert à rien. Soit, Mais à quoi peut donc bien

. serpir la musique ? Ce sera la seconde partie de l’argumenfion française, Remarquons du reste que si

Les hostilités s'étaient arrêfées au point où nous en sommes, elles n’auraient prolité à aucun des

adversaires en présence. Une théorie qui réproupe

à la vraïe raison de la méprise de fant de musicien

loute démonstration ue re ME Dh

! mn y a ne D dansces pigoureuses déclarations de princip no l'esthétique française n’y prend pas garde.

l'est de l'œil. hes beaux sons iont le plaisir ï … l'oreille, et les belles couleurs le plaisir des yeu Mais comme les couleurs sont destinées à meltre \

sent pas longtemps si elles ne tiennent à quelque P’esprit cherche non des couleurs mais des “objets” colorés. De même les sons par Jeu variété nous aident à désigner une infinité de choses et de pensées. Mais si les sons piennent à La file

cent à nous che ils ne sont Mu signes de \

ef te même Vidèal d lande, À

D'autre part l'exaltation du ee sn

is Allons, dit courageusement l'abbé Pluche,

be son est l’objet de loreille comme Ta couleur

une distinction dans les objets, elles ne pl

figure ; parcequ’alors elles sont hors de leur place.

sans fenir à un objet ni à une pensée, ils comm

inte . si à ne du traite Fe hr puisqu .. Li ee R foules ses. démarches : ve "est L

enons gs dre la?" Rien de plus

. | Ra ba as d'objets i

eee. À Ainsi enfendue, la 1C isenfations, comme le Déc

pi

op. 16.

| Lech et la Coeur En s *aliont au DRE en D sub : les indications de la pensée, en s’aidant du SECOUIS des données pisuelles, les sons parpiendraient à . donner plus de relief à limitation de la nature, plus d'intensité aux états objectipés. En un mot “la nature de la musique est d’imiter comme font tous les beaux arts l'image ei le sentiment . occupent

l'esprit. +

: Nous relrouvons ici . théorie de Limitation des sentiments, déjà entrepue, et qui est comme un piège toujours tendu sous les pas de celte esthétique. Mais Pluche ne s’engagea pas dans ceite: poie qui l’entraînerait trop loin. “hes sonates, écrit-il | quelque part, sont comme des études des différentes effitudes et des différentes passions de l’homme”, mais il cjoufe aussitôt “elles sont peu réjouis “ santes pour le public.”? ba recherche des aititudes sonores paraît à l’abbé un effort inutile et purement didactique. he besoin naturel à fout artiste de créer spontanément, sans autre fin que de communiquer [a pie qui bouillonne en lui, sans autre dessein que de contempler Le désir toujours en mal de fransformation qui agite son cœur, Pluche ne l’a ni partagé, ni ressenti, Entre l’âme qui cherche sa joie dans l’enfantement et l'exercice d’un élène appliqué, il ne fait pas de différence. ET pourtant c’est toute [a distance qui sépare une sonaie d’flubert le pieux d’un quatuor de Debussy; un concerto de Michel Li

Corrette d’une symphonie de César Franckt

Passons à à hecerf. Ici l'argumentation est moins 1 . :

oreilles ? ? he plaisir du cœur n’est-il pas plus im-

agréable ” ? et il conclut “ que le naturel et l’exenr sont i l'essenfiel d’une que qui peut

. be détour :méapusique qui n nous a conduit

cile d dite son ut sans Hi ol à feur admet d’abord ce principe que “la mu-

ique naît d'intérêts qui nous touchent fort.” Quels

j ont. donc ces inté réIs? “Baccilly s’ "est trompé,

mUSIQUE est de contenter les otéillés - Baccilly | vu Li t Mademoiselle Un il y a ot une

je méritét pas d'être compté? - Il le sera, Madeur — le nee D’ aies pe fe sus

Soie di Ps n même en ne ne pas les \

portant, ef une musique qui, quoique rude aux oreilles, vous remuerait le cœur, et vous ferait sentir. émotion fendre que vous allez chercher û Fopéra, ne serait-elle pas agréable au fond et ne deprait-elle pas péritablement être censée

tes Fa LS un er très coneltéreble: Serait-il ossible qu’ en Fait de MUSIQUE, en fait de sons qu” on

fa?

| comme elle doit altraper s son D but e naful

. . I. p. 149. 4 | Hoi Eu Éd ne sue à nous ou

les ïinfenfions de becerf et son procédé.

1 b’auteur de la Comparaison pan , COM

srteent, Le

fous ses nn que rent

te eue ait ion non, sapions “déj

qu’elle doit être expressie. Mais demandons [u : dors ce Je cel art doit is ei nous reco

éprouve de Plone En un mo, de a lou

.. d'avoir été conçu par l'auteur “ pour juge

convenance qui unit les sons aux paroles” à-dire pour Serpir d'intermédiaire bénévol

| saute aux yeux, puisque c” est Ia nature qui parle et qu'elle ne parle que naturellement b'e) mé | oo mn cela est pes aussi sou Juis

l'est Ï

la musique doit être. Uile ; accordons

L Ja symphonie n’exprime pas.

bien in ‘elle a one un pe de pue tout différent.

ne pas raison ) de dire que hi d :

fuche se complètent admirablement l’un par L'autre. Ce que l'abbé essaie de nous démontrer logique- | menf, le chancelier nous le proupe par labsurde, be Spectacle concluait sans difficulté contre la musique pure, parcequ ’il partait d’un postulat habi- Jement imaginé. ba Comparaison arrive au même oint après mille hésitations ef quelques sophismes,

| | Pn une ia .

elle: ne “pe résoudre ef qu "elle Li ‘05€ aborder. |

ecerf ne 5 5 "élit çà eflà trahi c au cours de la de | ion. ba mienne Foie 5 écrie quelque part 4

“es et les senliments de Ja tragédie, de ” Ou bien encore:

é ba symphonie est la partie la moins importante ci Ja musique. b’orchestre D existe que par grâce “por Car si l'orchestre 5 "unit au Dre

| Lp. 166. oi

| | pité ao qui ne an pas ne

tendit au contraire quen ce rôle jût dei é par avance

Le. fhèse à soutenir élait nd mn est fûcheux d'isoler Ia neue de nos Sie FRÉbIee Fee elle

Ja Ihéorie est donc contrainte ou pin a a er

ene Ho de pete Fe anhoe à | Sacrilège, de prostitution, arrivent d'eux-mêmes reconnaitre que la musique ne signifie rien du to be son, avouent-ils, n’a pas de sens, il n’éveille pas l’idée d’un objet, il laisse l'esprit dans le vide 5 Puis aussitôt ils annoncent que Ia lin de toute ii sique est de présenter Un sens raisonnable, < | s’allier aux données sensibles, de préciser le: présentations objectives et de plaire à l'esprit. I alà une contradiction qui nous frappe brutaleme aujourd’hui et dont personne ne s’apisa. Combi: il eût été facile de rechercher Ie rôle d’un art “i ‘in sensé ” par définition, Mais on s’en garda. On pré

re

TE

Le Dès k se D ic à se oui L'iqussé par le

ie parti pris, et l’entreprise depenait impossible. b’in-

tention avait éfé excellente, le point de départ judicieux; chacun sentait, comme nous le senfons encore, que le bon droit éfait du côté français et l’ar- * bitraire du côté ifalien; mais l’objectivisme, fel une

. = B'effort deb n’en était pas moins très re- ‘ * marqua Et peut-être aucun peuple contemporain n’eût-il été capable de jeter sur ces matières déli-

; Je maligne, fit dépier les efforts de notre Hit |

cafes un regard aussi pénétrant. Ni le plaisant Marcello, ni Kubnau, ni Printz pleins de verve, ni le docte et bouillant Matheson n’ont atieinf ceite aisance phi-

Résultats.

. Josophique, cefte précision de la dialectique, dont

. . Pluche, Dubos et becerf peuvent firer panité. Pour-

conduites fussent dirigées vers un buf chimérique. On voulut à fout prix démontrer que la musique est

.. : Jogique de foute l'argumentation française, et il est aisé de prévoir comment il va s’imposer aux

- conclusions de notre doctrine musicale. bes résul-

: tats essentiels de toutes les controperses dont nous avons essayé de dégager l'esprit nous semblent se

: A à ceux-ci :

° Encourager et légitimer en ets le prin-

ae de Ia monanes

. quoi fallüt-il que des tentatives si heureusement

ue un arf d'imitation, ef relève des facultés qui nous . guident à trapers le monde des représentations. C'est ce postulat dangereux qui entrave [a marche

: n test pas prai qu exprimé ! 2. Bull aurait manières de l'exprimer jus était borné malgré su

angage des 5 ns. pa me os écrit encore | orma quil mille ee ne veulent

nn oo ou avons ie a : Donnez-mo (I boire; 5 Morton

fd. jo

esthétique. Après la mort de bulli il semble que nofre opéra enfre dans une période de léfhargie. C'est comme un voile d’uniformité qui se répand sur lui Personne n’y échappe; ni des habiles comme Campra, ni des impulsifs comme Destouches,

pour juger l’art musical français de 1720, et comme il serait aisé d’en périlier l’involonfaire application dans les œuvres contemporaines de l'opéra et du concert! Celte incroyable monotonie qui envahit notre musique dès la fin du grand siècle n'est-elle pas intimement associée à de pareilles théories,

des artistes soumis à l'influence du Nord comme Mondonville. Partout apparaît la tyrannie d’un esprit raisonnable : tyrannie des basses continues, fyrannie de la carrure et de Ia symétrie des rythmes,

dominantes. Dans le domaine de [a musique pure,

spectacle d’une expression sans cesse arrêtée

Ce n’est point [a qualité de Ia pensée musicale qui fait défaut à Rebel, à Du Val, à Sénaillé, à

comme le scie de Dit ouble de M. ne j .

Combien ces déclarations nous mettent à l'aise |

qui s’efforcent de [ui donner l'appui d’un dogme

ni des italienisants comme Rameau, beclair, où

tyrannie des cadences finales, et de l'éternel mineur harmonique apec ses arrêts prépus sur les

la sonate et la symphonie nous offrent le même dans son élan, retenue dans son évolution par

la superstition de la nature et de Ia justesse.

Roismortier, à he Roux, bien au contraire, mais Ia RSI el DELL au 1 désir LL s ne

be sentiment d’une convenance objective les glace dès qu'ils ont fait un pas. beurs fhèmes pleins de promesses qu'ils ne peuvent fenir, se

blent pas moins à à quelque chaos d'idées claires. C’est en suipant celte poie de l'expression soi-

pourra écrire jusqu’à fuit cenfs sonafes inutiles où

éfonnons aujourd’hui de voir Corrette, flubert ef leurs collègues abuser de la curiosité musicale du

nous {frouyons plaisant Boismortier qui “ portait, dit l’histoire, un crayon et un calepin ef nofait aux conceris les idées entendues afin d’en proliter ”,

mais ces musiciens ef leurs procédés sont fout à fait d'accord avec leur siècle. beur intuition naïve et

. partent d’une même mentalifé; fous obéissent à ce même esprit apide de conventions définitives et de réalités immuables et que seule la science pouvait safisiaire. |

Ence temps raisonnable, les doctrines et les ŒuUDress ’enfendent pour annoncer que “fout est dit” en musique, Faudra-t-il donc condamner un art si he pourtant ? Personne ne voudrait en conpenir. Jamais is Dee ne Jen tan de “‘serpices mou

ape darlélé avec ste. avec joie 5 HA EE

juxtaposent les uns aux autres, se succèdent sans féconder, et toutes ces œuvres dont l’obsurité est ‘soigneusement bannie, n’en ressem-

sant naturelle que tel musicien de la régence

s formules sont répétées à l'infini. Nous nous

public en lui présentant un art toujours uniforme,

Le raisonnement des doctrinaires contemporains

| Rec.Z24403,p.155.

| À sens exact de ( ce mot que a ie

| si en ue occasion et par déccis dou he admire la discrétion qui ne J'abandonne jamais | En réserDe, qu ui él see devient u un mé

elle? Ce béni encore ses hopone ‘€ exf ER ar Ne LAS guère Inpenier ape:

Ho au contraire de do ce que moyenne de ses auditeurs est capable de SCI

Lo le fond de sa phennt il: se ee e | Yep on pre Ia nature à la ane en la repétant de de beoarl. I, p. 189.

ir en pareil cas; il Li alors Calle expressio

nécessité ra ntlee ere pie vo ‘ee : “ .

plus encore peut-être que les esfhéliciens, a Ain 2 D Raman à la Le ba |

ce in on ne 7 le lente pas. he sie in cons der comme un | secref, Je Hu ia .

L \ n’est pas susceptible d’une solution franche, mais

Don les. ‘supprimer, ut disparai ef

périfé les craint. Et comme à ce moment art ef

tique française que cette duplicité, également hos-

menis. Pourquoi ne pas chercher comme l'Allem gne contemporaine la fusion de fous ces éléments ?

les forces de la musique, le désordre s’introduirait aussitôt, l'esprit perdrait son contrôle, Et d'autre

pari, pourquoi conserper un lien effectif de subordinafionentre l’ornement etlachose ornée ? Parcequi

. de la fiction qui soit conditionnelle, elle veut ici une

rafion du fond et de Ia forme c’est un moyen de

l’ennui prend sa place. b’art les réclame, mais la périté sont perpétuellement en conflit, le problème

d’une infinité d’approximations. C’est ce qu ‘indique la notation hypocrite des agréments.

Rien n’est plus conforme à l’esprit de l'esthé-

tile à incorporation et à la suppression des orn

Parceque cette intimité féconde coaliserait toutes

la séparation, telle que les Italiens la pratiquaient, autoriserait l’efflorescence d’une pirtuosité dont on ne pouvait prévoir les suites, En musique comme partout la France de 1715 est tantôt libérale, tantôt autoritaire suivant que son intérêt Pinspire. De même qu’elle rêve d’une union de la nature et

distinction qui ne soit pas: un divorce, Elle se refuse à venir en aide à la musique, mais elle déjend û la musique de se développer toute seule, ba sépa-

tenir foujours la musique en serpage. L'art ainsi dépouillé de foute liberté ne Li être ni pen ni à

AO

de toute sincérité, et placé dans une alternative : perpétuelle et jamais résolue. Se maintenir habilement en ce juste milieu, fut [e véritable but et

Papologie de la demi-mesure, “ Tous les beaux . arfs, nous affirme le Spectacle de la Mature, se

pièce de musique comme de fout ce qu’on arrange parures; mais, si vous les accumulez l'esprit s’y

perd. On ne sent la praie beauté des parures qu’au-

de bienséance. ” De même hecerj: “ Je pous

demande si cela peut être un nice que de mettre

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