ALAN EO
d’a tres morceaux de musique, où
fldd., p. 30.
fldd., p. 33.
| miste que l'abbé AÉETR Maquer D n° ’a a pas rêvé de plus heureuses destinées pour le drame Iyrique,
de si beaux enthousiasmes. Parler de raison,
salle du Palais-Royal, c’est montrer une bienpeil proie que lon voudrait fenir. Quant à sapoir si
son évolution pers l'idéal par la tragédie de bulli c’est là une question qui ne se peut guère résoudre par la seule autorité de Terrasson. Toufe la thèse, assez piquante pour un abbé, se trouve d’ailleurs singulièrement affaiblie par les raisons dont l'auteur acrudepoir l'appuyer. D’une part, en effet, Terrasso réprouve ces Dues ‘“ intéressées de la part €
des théologiens sur le peu de réalité ou de soli-
Malheureusement la réalité des faits proteste contre
bertu, d’héroïsme à propos de l’Académie royale de Musique et de ce qui se passait, pers 1715, à la
lance à foute épreuve, et prendre l'ombre pour Ja
nofre musique s’est pue retardée ou hôtée dan:
prince ”’ ordinairement inpoquées pour défendre la tolérance du théâtre; il veut une politique qui D
“ cherche que l’apantage moral. du particulier, 2 Mais, d’autre part, il se plaît à répéter que cette morale moyenne n’est autre chose qu’ un pis bon pour les faibles et [es esprits | pripés du Secour de Ia Religion ! II se déclare entièrement de
dité de celte quérison temporelle ou de ces perlu humaines et civiles.” C’est apouer que la morale cipique et l'opéra, qui la propage, ne conviennent qu'à des mentalités inférieures et aux citoyens les moins dune Que one demander de.
conséquent ( et efficace, il fallait placer les deux
éthiques sur un pied d'égalité ou renoncer à chercher. dans celie poie Ja solution paradoxale du
dant intérêt par la nouveauté hardie des indications
symptômes, déjà très caractérisés, des tendances qui vont dominer fout Le XVIII siècle : l’utilitarisme
et sensible, h’idéal de Terrasson ce sera la comédie 1 familiale de Diderot, l'opéra bourgeois de Monsigny,
le ue Fernand ( Cortes.” Mais nous froupons aussi
PE
infime et de plus effectif dans la puissance musicale.
d'harmonie populaire ef moyenne, horsqu’à propos de lopéra, il songe “à ces Dues d'équité et de bonté qui ont presque toujours mieux réussi que les plus grandes idées et les plus profondes médifations 77, son paradoxe rejoint Ia définition wagné-
rienne de JF Dee se ist Reis et son
ue +. ennemis du ihéatre ? Non, pour être ici
problème. ba tentative de Terrasson mérite cepen-
qu’elle répèle, Nous trouvons en elle les premiers
larmoyant et ému, l'optimisme vertueusement chi- mérique, et ce désir de ramener fous les grands : problèmes aux proportions d’une. politique prudente
Ja romance de Ba Borde, et peut-être l’héroïsme
ns la “Dissertation” un sentiment frès profond et comme une divination de ce qu’ il y a de plus
semble que l’abbé ait pressenfi dans la musique une vertu de sympathie universelle et d’humanisa- fion collectine capable de contribuer au bonheur général en faisant régner dans la société une sorte
sonore, DErs l'amour. Peut-être Rainer de Saini- Mard songera-f-il à l’abbé philosophe orsqu’il écrira, vers 1730 : “ Ce n’est pas la musique qui nous gâle; nous serions meilleurs que nous ne sommes si nous étions bien sensibles à ses charmes; par elle se nourrit ef s’entretient {a sensibilité, par elle nous depenons humains, compatissants, charitables ; peut-être (et c’est assurément ce dont
on l’accuse) nous rend elle quelques fois un peu
trop tendres!’ Paroles audacieuses et prématurées, pressentiments sublils mais encore illusoires ! Pourquoi faut-il que de si généreux efforts soient demeurés pains, sinon parcequ’entre l’opéra et la morale il n’y avait pas d’accommodement possible sans meitre en question [es principes fondamentaux de l’un ou de l’autre ou même de tous deux à Îa fois; autrement dit, [a tragédie lyrique, attaquable en fait, n’était défendable qu’en droit, bes amis de [a musique [e sapaient bien, et c’est sur [a nature du spectacle, considéré en Iuimême, qu’ils faisaient ordinairement porter la force de leurs arguments, “Ye m'étais fait dans ma fête une idée métaphysique d’une bonne comédie, et je raisonnais ladessus ”’, avoue [e père Cafaro pour s’excuser auprès de Bossuet, De même d’Alubignac ou le père Porée. Ainsi considérée, la musique, indifférente par elle-même, offre à chacun de nous l’occasion de se divertir honnêtement. b’homme «a besoin d’une certaine “ remissio animi”; {a doctrine de l’Ecole l’auforise à profiter
| Hg sa pie |
précisément cd incriminés ei éagr, |
‘Télémacomanie, ! P: 40.
Aubignac.
el ïc ses amis ne pa pas a id que € l'indifférence
Comme s’il était impossible û ces esprits, aveuglés por l’objectivisme, de concevoir une réalité métaphysique autrement que dans [a non- -existence
que mérite celte altitude n’est guère possible, tant
l'abbé d’Aubignac prétendant que l’origine liturgique des spectacles païens justifie leur condamnation, | . puisqu’ ainsi lié au culte, l’art réclame un respect qu'il ne mérite pas, Tandis que 4 aujourd’hui on ne parle plus des dieux en Païen qui les adore, mais
| disparu, l'opéra est inoffensif. Conclusion : le % fhéâtre est moral, lorsqu’ il est inutile. Contre de tels adversaires la partie était belle. ha “comédie comme on ne la joue pas” et son idéal d’insensi:
l'est pas, et s’il le depenait un jour la sympathie. du public l’abandonnerait aussitôt, be théâtr “purgé”’ ne saurait pivre, C’est donc penser û ide que de faire de semblables rêveries. b’a
chimérique de labstraction ! Alténuer les regrets mi
elle est volontaire et naïve. Ici par exemple c'est
en chrétien qui s’en joue”, “ef on ne pa plus au théGtre qu'avec horreur et mépris.” be sacrilège est devenu divertissement, le caractère d'impiété a
bilité étaient des spéculations sans crédit, Si l'opéra est un jeu puéril, dira l’Église, la place qu’ il OCCup dans nos mœurs est frop importante; mais il n
d dramatique est condemnable et immoral dans cer
qu'il a d'essentiel. “ C’est là qu'il faut aller pour frapper au but, Sans cela, on laisse foujours | cette idée ans Pesprit que | Fe ae au moins 1S peut être
| corrigé, qu' AL a L des pices, mais qu’en les retran-
chant on peut le réduire à des fermes dans lesquels “ne. serait pas impossible que la religion s’en sccommodét; ef si l’on n’y pen ique c’est dans dire librement ma pensée ? ? Je crois qu’o on ne fera rien d’utile sur cette matière, qu’autant qu’on prouvera que le théâtre, quel qu’il puisse être, est : incompatible avec [a religion. Or, ce n’est pas par
: cette matière, j'insisferais beaucoup moins sur ces excès que sur ce que le théâtre peut avoir de plus innocent, C’est là qu'il jaut aller, parceque la religion Da jusque là, Il n’est point question pour
dispenser d'aller jusque là ? de
| soutient l’art tout entier, c’est la passion. “ Ces airs 5) de bulli fant répétés dans le monde ne servent qu’à insinuer les passions les plus décevantes en [es rendant les plus agréables et les plus pives qu'on peut. Il ne sert de rien de répondre qu’on n’esf occupé que du chant et du spectacle sans songer au sens des paroles, ni aux sentiments qu’elles expriment; car c’est là précisément le “0 ie né pendant La on est enchanté de la dou-
les excès du théâtre qu’on proupera cela; c'est au contraire en le supposant dépouillé de fous ses excès, flussi me semble-t-il que si j’apais à traiter
elle d’élaguer l'arbre, elle porte la cognée à la
racine, et si l’on ne l’y porte, l'arbre repoussera foujours, et comment la religion pourrai ele se
— finon. Il, p. 95.
Ceïte racine qu’il faut extirper parcequ ’elle |
Bossuet. hettre au Père Caliaro.
lable ennemi que la morale dépote a poursuivi de
Duguef, p. 111.
Riccoboni, p. 20.
ses coups, en atfaquant la “Comédie”? “Rien ‘à n’est plus dangereux que de vouloir voir ce qu'on
ne veuf pas êfre, car on depient aisément ce qu’on
regarde avec plaisir, puisque c’est le plaisir qui tourne les cœurs, et qu'il est impossible qu'il N'approuve pas ce qu'il goûfe apec joie, qu'il | soit qautremenf disposé que ce qu'il aime,”
Ceur de [a mélodie, ces sentiments s’insinuent sans ! qu'on y pense et gagnent le cœur sans être apperçus.” “Necesse est qut imiteris aut oderis.”’ En.
effet, dans foute émotion esthétique se cache un affraif auquel nous ne pouvons nous souslraire qu’en le haïssanf, ha douceur du sentiment qui, À nous gagne en jace de la beauté, ef ce charme à affectif que nous subissons, que nous partageons,
qui s’impose à nous malgré nous, poilà le péri-
b'opéra, qui rassemble et résume és différents … modes d’actipité dont l'art est susceptible, devient donc, d’après ce principe, le plus condamnable de
tous les genres. “Ne sait-on pas que les senfiments les plus corrects sur le papier changeront de nature : en passant par la bouche des acteurs, et depien- … dronf criminels quand ils seront animés par l’exé-
cution fhéétrale?” D’opéra s’adressait aux sens.
avant même d'afteindre l'imagination, gagnait le
cœur avant l'esprit, loin de se contenter de décrire.
ef de narrer, il présentait et représentait sans cesse
à une âme avide les. enchantements de Ia réalité,
que le prestige de la musique penaït encore em-
| Bossuei ea de p . cu we ji CA
: c mépris. Cette :
pass
I Anne, qu Lena : encore sur Ja ie
toute r ferme du ration lisme 2h Racine, un 1 moment séduit
avait hésité, ni Boileau, morose, ni ba Motte, ni. Fontenelle, tristes et ingambes, ni la critique, nila.
… beluel, p. 10.
musique, dans lequel les émotions de l'art. se.
des vagues sonores. Mais les censeurs alarmés auront beau faire fi du plaisir musical, [ui opposer le “segnius irritant demissa per aures ”, ils ne
“une parole entrecoupée produisent sur le champs”, Fo
etils sècheront de frayeur en songeant ( l'alliance ;
Mous nous trouvons ici au centre même de la
certains qui s’ opposent à fout speciacie. bes philosophes païens Les ont eux-mêmes sentis; serait-ce possible que des chrétiens ne les reconnaissent
et bien pite repenu sur ses. pas, ni “Quiseuits qui ro
théologie ne pouvaient monfrer de sympathie : pour cet au-delà redoutable, Océan de la.
cachaient et se jouaient parmi l'irrésistible poussée
parpiendront pas à paincre cette fierté des oreille: ils chercheront en pain le remède à ne ces déréglements secrets qu’un port de poix, un soupir,
possible, à la coalition de toutes les : énergies esthétiques, dont Ia comédie, [a tragédie et. Jopéra ne présentent encore qu’une ébauche imparfaite !
. Comment justifier ces indignations ? Où donc est le mal de remuer Les passions ei de “contraindre l’âme à être toute yeux et toute oreilles?”
question. “II y.a, nous apprend-t-on, dans l’ordre politique, et par conséquent à bien plus forte rai | son dans l’ordre de Ia religion, des principes
pas? Toute [a question deprait donc se réduire à é chercher ces principes, à à les bien Nue e.
faguer le fhéôtre p par l" nr. | Ges principes, nous
immobilité en quelque sorte statique. ba passion
tion de notre moi est directement contraire “qux
qui pourraif dissiper son calme, l'éloigner “de la
nous,” Cette inquiétude de la sensibilité dont le he IF y va, semble-t-il, de l'harmonie entre Les facultés, dans la soumission de Ia partie inférieure à la supérieure, et de la supérieure à la ceite subordination, cel accord et cetfe soumission
ne sauraient être parfaites et inaltérables dans cette vie, tant qu ue est cnomée dans : ce Corps
qui agite: nos jacultés, enfle notre cœur, la commo-
joy et à Dieu. bes chrétiens sont persuadés que
sentiments modérés du Saint-Esprit.” ” Dôme redoute jusqu’à a. douceur des chants religieux, | comme le remarque Bossuef, tant elle craint ce
ité qui est foujours uniforme.” b’eutrapélie des . . scholastiques est à peine folérable aux yeux de ces intellectuels de la dévotion, qui diraient volontiers apec l'auteur du Phédon : “ Nous ne poupons soutjrir que vous criiez sur nos fhéâfres, ni dans nos billes, ni ‘écouter personne qui parle plus haut que
este sonore est à [a fois l'expression et Le sym- , constitue pour eux Le signe vivant du désordre
même de notre âme. Écoutons Pégurier : “ b’harmonie de l'âme consiste dans l'accord qui se trouve.
Anon. I, P. 97.
les connaissons déjà. Toute agitation de l’ême par elle-même contraire à l'idéal de ce femps. igion comme - en foufes choses l’homme î 1700. ne conçoit pas la perfection hors d’une
-Bossuet, bettre.
si
Rélut., P- 100.
mortel, que [a partie inférieure se révolte contre 0
la supérieure, ef qu’ils ressentent dans leurs membres une autre loi qui répugne à la loi de [eur esprit. Seule la religion peut régler et mettre d'accord les facultés de l’âme, soumettre la partie inférieure à la supérieure, procurer celte paix dans laquelle consiste l’harmonie de l’âme..., et comme
cefte paix ne vient que de l’affaiblissement des passions paincues, elle sera troublée par tout ce . qui pourra répeiller ces passions.” Donc la passion doit être mortifiée puisqu'elle nous enlève la possession de nous-mêmes. Quelle puissance secrète,
quel démon familier peut bien nous pousser ainsi
hors de nous-mêmes malgré notre raison et froubler
Duguet, p. 110.
id,
la paix de l'esprit? C’est l’ennui, conséquence du péché originel, c’est un désir maupais et vague, c’est Ia “ concupiscence ”’, ceiïte maladie d’un cœur “friste s’il n’est blessé, et satisfait si ses plaies descendent bien avant.” ba misère hu-
. maine le veut ainsi, que “ nous ne puissions frouper
de plaisirs que dans nos propres maux’. “On ne peut pas guérir, ef l’on peut néanmoins sentir de. la joie; il faut donc que ce soit en denenanti phrénétiques et en riant de ses propres maux. bes spectacles sont cette phrénésie réduite en art.”
bes yeux et surtout les oreilles sont les ouvertures
par où celte “libido sentiendi”’ s’insinue pour nous eniprer, “pour ébeiller en nous je ne sais quelle disposition inquiète et vague au plaisir, qui
ne fend à rien et qui fend à fout. Ce n'est rien
. Ce que ipoinct AU n’ "est ins …
: | qu ‘il est ne Cond eute. Voilè MAG chose qu’à Dieu, et redoute fous les nous subissons, passifs, les “passions” d nature qu’elles puissent être. Voilà ‘pourque
nalisme, voit sans joie le mysticis
dition de Denir se Fe qe 12
de Bossuet condamne fout ce qui nous lit fs
exalte les efforts intellectuels, glorifie le
ceia alin d’engendrer Le renoncement conscient d’une âme qu s’ est détaché
mûr aux. pieds de son créateur. Il ne nous . appartient pas de juger ici cette -Conceplion, el peut-être pensera-f-on que nous nous SOMmes
dant en venir là, puisque “ l’Église pa jusque-là”. Car pour convaincre Part d’immoralité, il est “nécessaire, indispensable de l’atteindre non seulement dans ce qu’il a de plus pisible dans le spectacle, mais aussi dans ce qu’il a de plus
cache en lui la périfable puissance effective et . pipante de la beauté, il est le dernier abri des
lyrisme, cet enfhousiasme, celfe passion, ce feu
; de Ja voix, et pibrer l’angoisse du geste.
de notre raison, ef il n’y va que d'elle, C’est
bes réserpes du père Cafaro, les restrictions du père Porée sont aussi paines que l’eutrapélie des anciens. Consenfons-nous à voir dans l’art : un reléchement honnête, un jeu d’esprit inoffensii pour nos facultés raisonnables, Nous serons bientôt entraînés jusqu’au théâtre inclusivement. pu sai. où par delà car nous
bre de la pie pour aller es comme un fruit
déjà trop écarté de Ia musique, Il fallait cepen-
secret, dans la musique. he sentiment musical
ardent qui anime le poète, fait haleter le souffle
Combien l'Église, en dirigeant ainsi les efforts Fe sa dialectique, a été plus clairpoyante que Les amis du fhéétre et de Popéra. Il y pa de nofre raison, s ’est-elle écriée! Certes oui, il pa
pour ou confre elle qu'il faut prendre position.
Muses poursuiies ; c’est de lui que part CB
conduira l'esprit de la musique, Bossuet a frappé
juste; il n’y a pas de concessions à jaire si
nous voulons mettre notre conscience de rationaliste et d’objectiniste à l’abri, si nous voulons sauver l’hégémonie de lintellect. Derrière bulli surgira bientôt Sébastien Bach, et Becihonen
aussi, Après la “Neuvième”?’ voici venir “Tristan”
et la “ Damoiselle Élue”.
Sr AIM ne frapersèrent peut-être jamais,
"Un \N en France, un moment plus cri- \ tique et plus périlleux que . ce demi-siècle qui sépare Boileau “4 de l’Encyclopédie, Elles furent
M pectes à cause de a vanité de
. si images, elles se Dirent obligées de défendre leurs formes mêmes. A côté de la guerre fameuse des anciens ef des modernes, elles durent soutenir des atfaques, moins célèbres mais cependant fort | pipes. Ici c’est la prose, conduite par ha Motte et Fontenelle, qui somme Îa poésie de se rendre, et Ja rime de metre bas les armes; là, c’est la rhétorique, poursuipie par des adversaires fenaces, qui voudraient la dépouiller de sa parure éloquente. Polémiques dont l'éclat est éteint aujourd’hui, mais ns AISNE, esthétique ne saurait ignorer. C’est
PR \ 1 faut l'avouer, les belles-lettres
assaillies de foufes parts, Sus-
2) leurs fictions, l’inpraisemblance
at.
les Artset les
io en au ue ee ki {a ue - dances. maintenues pu Th d'e rt dan:
il ue a ceux : ce € qui font con: ster Beltres sur fi renconfre ei la chute des am
sl Sciences, P. 32,
de nouveau ses dctiee Ve un 4 é singulie [ “De la connaissance de soi-même ”. . b'éloquence des collèges, “la fausse éloquence ”, fut assez
ue AE ce livre. . Dane pr sa ue
. Diclogues sur Pébaueret à ou à ces | dé ce que les “Maximes” de Bossuet jurent
à querelle de ns Ces ut éminents duersaires
se coute! ici ds un même sentiment . réproation. Et c’est bien en effet le même phénomène qui, sous des formes différentes a provoqué la résistance de tant d’écripains apisés, et l'émotion de tant d’âmes . sincèrement religieuses. ba galanterie de l'opéra, et le bel esprit de la poésie sont fout poisins Fun de l’autre, Ici et là une même apersion s’est emparée des gens sensés, lorsqu'ils ont pu les diverses - formes de l’activité humaine envahies par une = hypocrisie du sentiment qui est bien la plus pitoyable maladie du siècle, Admirons à ce sujet la perspi- cacité de bamy, Attaquer la rhétorique du collège c'était prendre le mal à son origine et Le réfor-
sique ne connaissait pas encore de rival, linstruction des collèges n ’apait qu'un but, orner l'esprit des enfants de l'appareil perbal et oratoire Le plus complet qui se puisse imaginer. Sapoir user rapidement ef amplement de tous les artifices d’un esprit assoupli, telle est l'ambition, ei presque
Ia seule, du jeune homme de robe, d'épée ou de à bourgeoisie, qui pa chercher fortune à la cour, au Palais, ou dans les affaires du monde. Un bon air ef de l'esprit, que faut-il de plus pour réussir dans une société qui pit d’apparences et n’a d’autre souci que de “sauper la ace”? . b'instruction subit | celte nécessité sociale, Patientes études de mor- phologie grecque et latine, longues années d’anayses des styles illustres ef reconstitutions labo- . d NS ne Aou DDIenRnent attendue,
me dans sa cause. horsque l’enseignement clas-
dominante de notre instruction classique. Que d’es- :
| couronnement de un ae de (ont d'efiorts,.
toute la pie et l’activité du collège semble conduite par la préoccupation exclusive de transforme: l’élève en homme disert et parlant bien. C’est ce parti-pris d’éloquence apant toutes choses que bamy ne voulut pas approuver, Il voyait l'élève contraint à l’étude et à la pratique des formes orfoires et poétiques, ef ignorant les besoins de l’âme, . les nécessités psychologiques qui sont la cause de ces procédés, justifient leur emploi. I poyait l’enseignement faisant du moyen verbal, du truche. ment sonore, le but premier de sa sollicitude. C’es ce qu’il appelait “Ia fausse éloquence”” etil apait a raison. horsqu’elle sera mieux connue, l'histoire de notre art français dira les fâcheux effets de celte préoccupation constante de Ia forme, inspiration
prits dont l’équilibre fut à jamais TomMpU par une Mé-. thode aussi dangereuse. On avait développé chez eux la faculté de s *extérioriser, infiniment plus qu’il n’était nécessaire; et ils parlaient à pide, Que de vies et d'œuvres inutiles, dont cette gymnastique de lesprit fut l’occasion malheureuse, Rappelons-nous le perbiage incompétent qui envahi … notre littérature du XUII siècle, donne à des hommes médiocres l'illusion du mérite et permet â des esprits faux d’éblouir à distance. Songeons . à la déclamation imprécise et à la frivolité des petits pers, qui absorbent tant d’ellorts el maintiennent si. souvent alors les âmes dans Ja rer mont
elle pas un peu à répondre de fout cela ? C’est elle qui conserpa [e goût des. ouprages de seconde main, et préféra le dileftantisme romain à l’héroïsme de la. Grèce. Chez elle la poésie demeure avant tout un exercice d’assouplissement pour l’infellii, gence, et l’éloquence un moyen de parpenir. Ces démêlés nous intéressent ici parcequ’ils
à audifeurs, je ne discute pas sur les mots et j'avoue qu’il faut ôfer l’art des sermons, cor celte panité est indigne de l’éloquence.”’ Et voici comment Fénelon entendait celte vanité : “A. - flimez-pous [es
fredons ne font qu’amuser l'oreille, ils ne signifient rien, ils n’ont aucun sens, ils n’excitent aucun . sentiment. Autrefois nofre musique en éfait pleine. flussi, n ’avait-elle rien que de confus et de faible. | Présentement on a commencé à se rapprocher de la
d'une ! jade Indiférence. ba nu. rhétorique n 'a- |
mirent en question la valeur même de l'élément - formel et musical du langage. “ Si vous entendez par art, écrit Fénelon, certaines règles que l'esprit
humain a froupées, certaines inventions de rendre un discours plus beau, plus poli, pour plaire aux
Dial. IH.
jredons de [a musique ? D’aimez-vous pas mieux ces fons animés qui peignent les choses et qui. ï “expriment les passions ? ? B. - Oui, sans doute, bes
musique des anciens. Cette musique est une espèce
de déclamafion passionnée, elle agit fortement sur l’ême. A. - Je sapais bien que la musique, à laquelle vous êtes fort sensible, me serpirait à vous
D entendre ce au ie Eu aussi .
10 faut qu’ Al à y di une espèce je d'éloquence ans lo musique; on doit rejeter les fredons dans l’éloquence aussi bien que dans la Inusique, Ne comprenez-
ous pas maintenant ce que j'appelle discours
toujours comme des refrains, certains bourdonne-
Voilà la fausse éloquence qui ressemble à la mauvaise musique.” Fontenelle partage la même
© Did, IL.
opinion : “A la beauté naturelle du discours, Ia
| Rét sur la Poé-
sie, II, p. 120.
| Suite des Réflex.
Li 364.
Ba Motte, id.
de Part, et par la seule raison qu ’elles gêneront
pour qui les vers sont frop chers à ce prix. Qu'on les plaigne tant qu’on voudra de n’être pas assez sensibles à l’harmonie pour pardonner ces défauts,
sur la Trog, IV, USSCZ sensibles à la perfection du sens pour | p.449.
conclut bamy, . paroles ne sont que des sons; on ne doit point préférer le plaisir que peut donner
Art de a Fharmonie de ces sons à celui de la connaissance à de la vérité.” Contre l’éloquence ou contre la
poésie l'attitude est la même. Il s’agit de “faire honte à des hommes raisonnables, d'estimer plus
un bruit mesuré que des idées qui les éclairent
fredonnés, certains jeux de mots qui repiennent
ments de périodes languissantes et uniformes 7:
poésie. ajoute, sans .aUCUne nécessité, sans aucun besoin pris dans la chose, la rime et la mesure. hes voilà depenues une beauté par le seul caprice
le poète, el qu’on sera bien aise de voir comment il s’en tirera.” “II y a bien des gens, ajoute ba Motte,
ils plaignent les autres à leur tour, de n'être pas
s’en passer à si bon marché.” “Car, enin,
ou des sentiments ga Les touchent”, “semblables
ire ecevoir.” Ne nous arrétons pas aux arqu-
piter l'excès, Si l’on exceple quelques genres de
elle exténue ses forces à dessein”, ba question
raison doit-elle lui jaire crédit?
le musical verbale fout en Hu son charme!
es demi-sauvages nu premiers temps, qd qui il ai eftre [a raison en chanson pour la leur
de moralité qui soutiennent ces doctrines; M s sont déjà familiers. b’art de la parole cor-
pt le cœur, gâte l'esprit, dérobe à noire connl Ssance les imperiections des créatures, nous amuse par une paine apparence de grandeur, tra-
| aille à dissiper le chagrin qui nous apertit que nous ne pouvons trouver de repos qu’en Dieu, . est une curiosité criminelle, une illusion perni- : cieuse, ec. Passons rapidement aussi sur Les opinions favorables à l’art verbal : la poésie est aturelle, le cœur la demande, le public la réclame, ne juste modération la rend légitime. “ Sage dans . S emporfements, elle sait se modérer au milieu de son pol le plus rapide. Une de ses principales ne règles c’est qu’on ne peut avec trop de soin en
pièces dont le caractère particulier demande qu'on s’abbandonne sans ménagemenf, dans tous les autres
Certes il n’est pas facile de ésisiétà à l'attrait de ;
Dubois, p. 30.
Massieu, Déf.,
est ailleurs, et peut se formuler ainsi: que pient faire la musique dans le domaine des lettres? Sa présence est-elle nécessaire, indispensable, OU Superflue ? Préfend-elle à la première place, ou s’en tient-elle au second rang? Et pequ û qu peau Ia
de Monceaux,
cité par bamy:
De Ia Connais., .
ArtdeP., p. 347.
senti celte difficulté. “ Nous sommes obligés di
beauté naturelle, il y a de certains ornements qu - pourrait appeler artificiels, en les comparant à à ceux dont les personnes bien faites accompagnent les
force, Elles n’y sont placées que pour lembellisse- fs
nécessaire, on ajoute quelque chose d’agréable,
commodément, on fait davantage, on ke mesure,
Ce qui one ie eu pers ©’ ed Pharmobl Mais elle impose aussi, si l’on ne s’en défie. De quelques mots nombreux qui coulent aiséme On est souvent Ia le on , le jugement
be père hamy est un de ceux qui ont pérdaitement e reconnaîfre, avoue-t-il tristement, qu’outr.
’on
grâces naturelles de leur pisage. Il faut avouer que dans les ouvrages des écrivains les plus judicieux on troupe de certaines choses qu’on pourrait retrancher sans faire tort au sens de leur discour S, sans en troubler la clarté, sans en diminuer la
ment ef elles n’ont point d'autre utilité que celle d'arrêter l’esprit du lecteur par le plaisir qu’il recoit : de sa lecture, et de jaire qu'il s’applique plus polontiers. Souvent, après apoir dit tout ce qui est .
Fprès que les mots el les expressions son assez
ef on [eur donne une cadence agréable aux oreilles. ba nature se pare quelquefois dans ses ouprages, toutes les plantes ne portent pas des fruits, quelques-unes n’ont que des fleurs.” Il iaudra donc expliquer ceite union mal pese en à découprir 1 à
Damais pareille étude n'avait été poussée aussi loin dans un certain sens que par la critique française de 1730, Aujourd’hui même nous n’oserions peut-être | as appliquer à ce qu’il y a de plus subtil dans l’expression psychologique des méthodes d'analyse aussi radicales. be procédé de ha Motte et de ses
partisans ressemble fort à ceux de la chimie; il con-
stratum de purement intelligible conserve Ia même bertu que le mélange ou la combinaison entière. Et l'expérience conclut nafurellement contre l’élément musical, reconnu inutile, Un exemple à propos
conte ha Mofte, nous parle d’une nation qui fesait de la musique un de ses plus grands plaisirs, hes
On mesura des paroles aux airs, et l’on ne fesait point de pers qui ne se chantassent. Depuis..., on
le peuple, charmé du double plaisir que produisait l'alliance de l’harmonie et l’imifation des actions humaines, conclut, sans hésiter, sur la foi de son plaisir, que c'était là la forme essentielle de la tragédie. Cependant, un novateur s’imagina que des tragédies en pers simplement récités pourraient plaire... Une grande partie de [a nation se soulepa Ponte Lui; on Apps de méconnaifre les véritables
cause, en n éludier le Mode, en ue la nafure.
siste à isoler l'élément sonore de l'élément intellecfuel, en commençant par éliminer le premier. be but cherché est atteint lorsqu'on a montré que ce “subde la tragédie : “Je ne sais quel voyageur, ra-
pers y étaient nés du chant comme partout ailleurs.
fit des tragédies, mais on n’en lit qu’en pers, et
” ni. : | : na si pisant S
ï 4 ce ot usage | se nd ui fisans ue le pren, be
dis Suite des Ré. mn.
sur Ja Trag. SE p. 44-43.
oe en prose et Dous Lun une faite et dans sa Lie st man
Moite parvenaient à la force d’une démonstration
temps, des apparences sonores et d’un pain bruit;
| cause de plaisir (que la difficulté vaincue), mais la . question ne vaut pas [a peine qu’on enire là-dessus dans une profonde métaphisique ”’. ILest plus pru-
rien par eux-mêmes, n’ont aucun rapport nafurel . avec les idées dont ils sont les signes, ”” “ he son, confinue ha Motte, n’a eu de part à l'invention des mots qu'autant qu’il pouvait concourir à répeiller l'idée des choses qu’on voulait signifier, Quelqu’un a dif d’un ferme d’amour et de quelques aufres semblables: Ces mois plairaient toujours n’eussent-
se ose pas dau de dite la périté que de la bien dire ”, Ils veulent, en un mot, dissocier la forme du jond. Si les raisonnements de Fontenelle A se trouvaient concluanfs, si des essais tels que “[’Œdipe en prose ” et l’ode fameuse de ba
dent, en effet, de glisser ici rapidement et de considérer l'agrément de l’harmonie poétique comme une simple illusion. b’important est de prouper que celte illusion est bien incontestable, c’est-à-dire que nous aftribuons réellement au son une naleur qu'il n’a pas. “ hes mofs, dit bamy, ne signifient
Is que Fr. son, Mais ce n’est pue le “son” d'amour |
Sillery, P. 99.
do ad aures ”, , le problème serait déjà presque | nous sommes si Souvent dupes, et depuis si longsur ce point l’esthétique proprement dife paraît s’en
tenir à l’opinion de ha Motte: “ Je ne nie pas ann absolument qu’il n’y aif dans les pers quelqu quire te
| Ré à ba Fans IA ii Ha
Art de P., p. 14.
| qui nous plait, C ec r idée” qi réveille. l l'idée
Réfl. sur {a Grit., . p. 262,
traitons “d'harmonie ce qui n’est que raison.
ba Mofte, Disc, sur PÉgi., I, p. 318,
id. Réf. sur la Crit,, p. 278.
une illusion naturelle les mots semblent se parer à notre oreille de l'agrément des choses mêmes et “ils ne sont sonores le plus souvent que d’une har- ; monie fout à fait étrangère aux syllabes.” | Donc nous
plaisir sonore à un phénomène musical, alors qu’il
ils ne sauraient le jaire que par le sens qu'ils
C'est à créer cet état d’incompatibilité, à le dépein-
donne pour ainsi dire la valeur au son. Ainsi, par
sommes dans l’erreur lorsque nous concluons d’un
faudrait conclure à une association d'idées, Nous
“ bhes mots, comme sons, ne sont point le style et
représentent.’ ” Un “saint” monarque et un‘ “ ceint”’ monarque ont même sonorité, et même valeur pour l’oreille; seule l'imagination les distingue. Et l’imagination a le pouvoir et le droit de choisir, d'or- à donner librement, et “ de se rénolter dès. qu'on peut la conduire au gré d’un caprice dont elle n’est pas convenue.” hes orateurs s’accommoderaient peut-être d’une eurythmie, dont ils régleraient l’usage. hes poètes vont plus loin, leur haine est . plus vivace parceque leurs obligations sont plus grandes. Fond et forme sont ici trop infimement unis pour coexisfer avec indifférence. S'ils ne s’accordent plus, s’ils cessent d’être en quelque sorte les résultantes fatales l’un de l'autre, leur ie commune n’est plus qu’une contrainte intolérable.
dre sous ses couleurs [es plus sombres, que ba Motte et ses amis emploient Rue chons, Aie ; L.
ni
pv ontlle point di dis sur nes mesure Les pers qui enfrane l'inspiration, sur la tyrannie de la rime, sur foutes
loureuses ? ? “ be poète n’est pas si libre qu’on le pense, s’écrie l’un d’eux; les pensées exigent les
enfraîné au gré du sens, et, s’il arripe qu’il rencontre
frappant. Mais rien n’est plus puéril ni même plus chimérique que de penser subordonnément à l’har- monie.” “Ce serait, ajoute Terrasson, un bien
et telle qu'elle est elle-même.” Ainsi raisonnent
pression perbale l'élément intellectuel de l’élé-
cette synthèse factice leur apparait naturellement
| impossible et illusoire. Partis d’un composé ils arripent à un Corps simple qui est le “ Con- cept ”’, et ils s’en fiennent aveuglément à ce résuliat de leur analyse, sans examiner les pro-
les exigences métriques et prosodiques dont ils connaissaient mieux que personne Îes gênes doutermes, les sentiments les tours ; ainsi Le poète est Sur son chemin quelques chocs de mots désagréables, (k 'est à lui de peser exactement le désagrément
du son avec la beauté du sens, et de sacrilier toujours sans scrupule Te moins sensible au plus
Les anfi-poèles. Après avoir dissocié dans l’ex-
ment musical, ils s'appliquent à en reconstituer d’une jaçon toute arbitraire la synthèse; ef, comme
instable, ils déclarent l’union de ces éléments
id. Réfl. sur la Crit,, p, 271,
pour Les auteurs et pour les lecteurs sujets à [œ > séduction de l'oreille, que les mots ne fussent qu un pur signe ou comme un corps aérien de la pensée, de sorte qu’elle parut à nu sous ce poile
Il, p. 491,
Iyrique de profession, il ne cesse de protester qu'il n’est point dupe de son propre enfhousiasme, et FPon pourrait croire qu il ne monte au sommet du
. Pinde que pour avoir le plaisir d'en descendre
. Collaborateur de Destouches et de Campra, il suc cède à Quinault dans la faveur publique, et contri-
différentes aititudes. ha probité est le fond de ce
| priétés du son qu'ils viennent d'isoler par la même 1 expérience. de
Ja vie de l'opéra. Mais sa carrière se termine par | ‘un éclat contre Ia musicalité du langage, sorte de déil porté aux muses, dont il apait toujours accept |
panité la sonorité nerbale, et imagine une ‘singulière théorie de “ l’anharmonie ”. bauréat de toutes les académies, de tous les CONCOUrs Où 5e couronne | pour l’artoraioire; sonode de la “libre éloquence ”, ‘
des droits de l'esprit contre les droits de l'oreille,
voulant entrer à la Trappe s’arrête en D à.
Ca et dont PHRCnaIe ne ss le soie à