‹ De certaines paralysies récidivantes de la troisième paireChapitre 10 sur 17 · RO ES · texte numérisé non relu

RO ES

tains malades rester dix ans (Darkskevitch) sans aucun phénomène pathologique, puis voir reparaître tout le cortège symptomatique disparu depuis si longtemps. Et pouvons-nous conclure de ce qu’une période de deux ans s’est écoulée sans accidents, que les accès ont disparu pour toujours. Si nous omettons ces cas exceptionnels il semble que l'affection dure toute la vie, et que le malade soit fatalement voué à voir, à intervalles plus ou moins égaux, les accès se reproduire. D'ailleurs laffection est bien supportée ; les malades souffrent, sont dans un état relativement grave, au moment de la période douloureuse ; mais dans les intervalles la plupart des observateurs ont nolé que la santé de leur sujet était florissante, l'appétit excellent et que l’état général ne se ressentait en rien de la période aiguë.

Dans trois cas l'affection s’est terminée par la mort ; mais dans un cas au moins, celui de Weiss, une cause de mort très nette semble devoir être invoquée ; la malade avait des lésions pulmonaires tuberculeuses bilatérales.

Le malade de Gubler présenta des phénomènes cérébraux très graves : délire, incohérence, anxiété respiraloire, qui se terminèrent par la mort. Celui de Thommsen est mort de gangrène pulmonaire.

En somme, il semble résulter de celte analyse que le pronostic est bénin puisque nous ne trouvons que trois cas de mort sur vingt-sepl cas rapportés et qu’au moins deux d’entre eux ne peuvent êlre imputés à la seule affection nerveuse.

ANATOMIE PATHOLOGQUE

Ce que nous venons de dire indique à l'avance que les documents anatomiques sont peu nombreux. Dans les trois cas cités l’autopsie a élé faite et a donné des résultats intéressants, mais dont l'interprétation, nous le verrons plus loin prête beaucoup à la discussion.

Gubler trouva autour du moleur commun paralysé, une « exsudation plastique abondante ». Weiss a trouvé de nombreuses granulations grises autour du tronc du nerf ; il n’y avait rien autour des noyaux. Enfin Richter a vu un fibro-chondrome développé sur le trajet du nerf à la base du crâne et ayant dispersé, mais non détruit, les fibres nerveuses.

Tels sont les documents que nous avons trouvés dans la littérature. Nous nous contenterons pour le moment de faire remarquer la diversité de nature de l’élément causal, et au contraire la remarquable unité de localisation, c’est-à-dire le tronc du nerf à la base du crâne.

PATHOGENIE

Cette singulière affeclion n'a pas manqué d’intriguer les observateurs et de nombreuses hypothèses dont aucune ne semble aujourd’hui devoir être exclusivement acceptée, ont été émises pour expliquer sa pathogénie.

Nous aurons à examiner dans ce chapitre plusieurs questions. La cause de la paralysie récidivante est-elle purement dynamique, ou bien a-t-elle un substratum anatomique ? Dans l’un comme dans l’autre cas, où doiton localiser le processus perturbateur : écorce et centre,

noyaux ou tronc du nerf ?

Et d’abord éliminons la névrose dont le nom vient

immédiatement à l'esprit : l’hystérie ; dans un cas unique elle a été constatée nettement. Dans tous les autres cas les auteurs l’ont recherchée, et il est peu de faits où cette constatation négalive ne soit consignée. Si on veut malgré tous accepter la névrose, il faudrait dire que sa seule manifestation consiste dans la paralysie à répétition de la troisième paire : ce qui serait invraisemblable étant

donné les nombreux moyens que nous a donné l'école

de la Salpétrière pour dépister la « grande simulatrice ».

D'autre part, on sait que les paralysies oculaires dans hystérie sontd'une grande rareté.

Eliminons donc l’hyslérie et discutons une deuxième

Page 1