‹ De certaines paralysies récidivantes de la troisième paireChapitre 11 sur 17 · ADO · texte numérisé non relu

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hypothèse qui a une grande vraisemblance : c'est celle de la relation de ces paralysies avec la migraine, A première vue cette relation semble s'imposer : hémicranie, vomissements, malaise général, tout cela ne constitue-t-il pas le complexus symptomatique de la migraine.

D'ailleurs, nous l'avons vu, de nombreux malades n’ont eu pendant longtemps que de simples accès de migraine et ce n’est que peu à peu qu'on a vu paraître la paralysie. Cette paralysie elle-même n’est pas en contradiction avec certains phénomènes incontestablement migraineux : tels sont, certaines hémiplégies passagères, de l’aphasie transitoire.

Cette opinion a néanmoins été contredite. Darkskevitch voudrait faire de l’hémicrânie et des vomissements des symptômes analogues à ceux qu’on rencontre (ans les tumeurs cérébrales. Il lui semble difficile de considérer comme migraineuse une douleur qui dure quatorze jours (Mobius), deux mois (Marie), des vomissements qui durent huit jours. Enfin il y a les quelques faits où la paralysie s’est élablie sans douleur. Ces objections ont leur valeur; on ne peut le nier ; elles sont encore fortifiées par les trois autopsies dans lesquelles on a trouvé constamment des lésions anatomiques. Mais d’un autre côté, comment admettre une tumeur cérébrale apparaissant dans la jeunesse, se développant par secousses el admettant une durée aussi longue sans amener des désordres graves. Ce sont les arguments que fait valoir M. le professeur Charcot, et avec lui les partisans de la théorie migraineuse. Un autre fait semble aussi en contradiction avec une tumeur. C'est le retour à l’état normal, c'est ce fait

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Darquier à

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qu'entre deux crises, rien ne subsiste, trahissant lallaque déjà passée.

Enfin dans les cas rares (Pluger, le nôtre), où il y a eu successivement une paralysie droite, puis une paralysie gauche, il semble impossible d'admettre une tumeur com primant alternativement le moteur gauche et le moteur droit.

Quelques auteurs, Pfluger entre autres, sans insister sur la parenté avec la migraine, ont voulu rattacher les phénomènes constatés à des troubles circulatoires d’une nature mal connue. Pfluger compare ce qui se passe ici au glaucome, qui peut, tanlôt laisser après lui la fonction intacte, tantôt produire des troubles qui restent permanents. D’après lui, suivant qu’il y aurait dans la région des noyaux œdème, avec ou sans hémorrhagie, il y aurait persistance d'une paralysie partielle ou guérison complète.

Nous venons de donner dans la discussion les arguments qui plaident en faveur d’une tumeur ; ajoutons que le fait que les paralysies deviennent plus complètes à mesure que le sujel avance en âge, qu'elles durent plus longtemps et finissent par devenir permanentes, es! encore invoqué par Môbius, Saundby, etc.

Pour être complet, ajoutons que Wissering a voulu voir dans ces paralysies des phénomènes d’auto-intoxication et qu’il fait intervenir les ptomaïnes pour expliquer celte pathogénie.

Que conclure de tout ceci? Il semble qu'on ne puisse invoquer une cause unique. Le phénomène constaté est le même; les causes diffèrent suivant les cas. 11 nous

2 = Ces

Ée. suffira de rappeler le cas très intéressant de Wadsworth où il y avait une relalion non douteuse avec l'affection de l'oreille et où il semble très logique de supposer une

exsudation épaississant\une portion de la dure-mère qui

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comprimait le nerf toutes les fois qu'il y avait dans l'oreille une poussée inflammatoire avec rétention du

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pus.

= Pour nous, d’une manière générale, à la suite de M. le professeur Charcot, nous croyons à la parenté, à la rela-

tion de ces paralysies avec la migraine.

l'tud Graz Ni èLr, NANTES

L’éminent professeur de la Salpêtrière résume ainsi sa mauière de voir : « Il est clair que les productions bacillaires dans un cas, le fibro-chondrome dans l'autre, n’ont

: = __ pas été les agents primitifs et uniques dans l’évolution du processus morbide. La périodicité des accès, la aomplète disparition des accidents dans leur intervalle, du moins à l'origine, l'ancienneté du mal ne permettent guère de l’admettre. C’est seulement par la répétition des crises que les lésions purement dynamiques et temporaires d’abord ont laissé subsister après elles un point d’appel, un lieu de moindre résistance sur lequel se sont fixés sous l'influence diathésique et indépendamment de Vaffection migraineuse les produits néoplasiques. »

Cetle manière de voir est très ingénieuse et en même temps très logique. Aussi nous y rallions-nous au moins dans la généralité. Mais nous nous permettrons de nous demander avec beaucoup de prudence, et en attendant de

nouveaux documents, si on ne pourrait pas, comme le veut Senator, mais sans accepter les moyens qu'il donne

pour diagnostiquer les deux cas, si on ne pourrait pas

accepter : 1° un groupe où l’ophthalmoplégie seraft franchement migraineuse, dynamique ; 2° un groupe où l’on aurait une tumeur, une néoplasie quelconque, et qui simulerait d’une manière à peu près parfaite l'affection migraineuse. Ne voit-on pas chaque jour en système nerveux les névroses pures et les malades à lésions se simuler réciproquement. Nous avons vu dernièrement le professeur Charcot se déclarer incapable de dire si un malade qu’il présentait élait atteint d’hystérie ou de sclérose latérale amyotrophique.

Îl ne faut cependant pas se dissimuler que nous n'avons dans tout ce qui précède que des hypothèses plus ou moins ingénieuses, plus ou moins acceptables, et que de nouvelles autopsies sont nécessaires pour éclaircir cette pathogénie.

Où siège le processus pathologique. Est-il cortical, nucléaire, ou périphérique.

Les lésions corticales n’ont guère donné naissance qu’à de la blépharoptose.

De Grœfe a donné le premier en 1868 les deux symptlômes caractéristiques des paralysies nucléaires : 1° Persistance de l’accommodation et des mouvements pupillaires, 2° intégrité relative du releveur de la paupière au milieu de la paralysie des autres muscles innervés par le moteur commun. Ces faits ont élé confirmés par Gayer et Fœrster. Ces caractères manquent dans toutes les observations où, nous l’avons vu, tout ce qui est innervé par le moteur commun élait atteint. D'ailleurs il semble difficile d’ad-

meltre du côté des noyaux un processus sujet à de fré-

quentes exacerbalions et n’atteignant le plus souvent aucun autre nerf.

Nous sommes donc amenés & priori à reconnaître une origine basale. Les autopsies faites confirment de tout point celle manière de voir.

Quant à la périodicité elle s’expliquerait par des troubles circulatoires passagers : la paralysie apparaîtrait avec

eux et disparaîtrait dès que la circulation reprendrait son cours normal.

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