‹ De DieuChapitre 3 sur 11 · IDEE DES DIEUX MORAUX · texte numérisé non relu

IDEE DES DIEUX MORAUX

Avec la civilisation se développant, la morale naît, c'est-à-dire le sentiment du bien et du mal que l'homme peut faire ; la morale naît, j'entends qu'elle prend conscience d'elle-même. On apprend à respecter, à vénérer, à honorer, à décorer d'appelations élogieuses ceux d'entre les hommes qui, dans la cité, se distinguent par leurs qualités morales. Ils forment une manière d'aristocratie à leur tour ou plutôt de leur côté. Mais si ce sont ceux-là, parmi les hommes, que l'on honore, comment peut-on honorer les dieux méchants qui existent encore, qui n'ont pas été rayés de la liste des dieux, qui

sont consacrés par la légende, consacrés déjà par les chants des poètes ? Comment peut-on les honorer ?

Alors, on les modifie- On introduit en eux, même en eux, des qualités morales qui leur étaient absolument étrangères et qui doivent les étonner. L'air orageux et tempétueux devient, entre autres fonctions, le dieu de l'hospitalité; le dieu du feu devient un dieu bon et doux ; la mer un dieu qui fonde les villes. La mythologie est adoucie et épurée par la morale.

La Théopolis se rapproche de la cité des hommes. Les dieux, de plus en plus, dans tous les sens du mot, deviennent humains. 11 sera dans quelques siècles tout naturel que tous les grands hommes soient divinisés et, par suite, que tous les dieux soient considérés comme ayant été autrefois des hommes.

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