XX PRÉFACE
Encore une fois, les armées françaises furent partout victorieuses, et, ce qui ajoute à leur gloire, c'est que leur infériorité numérique était encore plus marquée qu'en 1860; encore une fois, l'immense empire chinois capitula devant quelques bataillons et devant quelques bateaux de France. Aujourd'hui on recommence à nous avertir que dans une guerre future, ce ne serait plus l'armée chinoise de 1885 que nous rencontrerions devant nous. L'auteur du voyage de Hanoï à Pékin, qui est un militaire et qui a dû, là-bas, bien ouvrir les yeux, pourra sans doute nous renseigner sur cet avenir.
Certes, il y a eu des progrès accomplis depuis la guerre de l'opium de 1843, où l'armée chinoise fut vaincue par une colonne de quinze mille Anglais et Anglo-Indiens armés de fusils à pierre; il y en a eu depuis la guerre de 1860, où elle fut misa à la raison par un peu plus de vingt mille Français et Anglais, et ne put même protéger sa capitale; il y en a eu depuis la guerre du Tonkin,