‹ De Hanoï à Pékin: notes sur la ChineChapitre 30 sur 67 · XXVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXVIII PRÉFACE

sujet des « liens de vassalité qui unissent le Tonkin à la Chine », et de nos intentions à l'égard de la cour de Hué.

Comme c'était leur devoir, ces ministres et ceux qui leur succédèrent avaient décliné toute conversation sur ces sujets. M. Barthélemy- Saint-Hilaire, dans sa réponse au marquis Tseng, se bornait à affirmer les obligations et les droits qui découlaient pour nous du traité francoannamite de 1874 et constatait seulement « l'intérêt que la cour de Pékin attache, comme nousmêmes, au maintien du bon ordre dans une contrée voisine de la frontière du Céleste-Empire 1 y> . Gambetta, plus nettement encore, signifiait au marquis Tseng l'impossibilité d'admettre « que le gouvernement chinois vienne contester aujourd'hui un traité existant et déjà entré dans la période d'exécution depuis huit ans... Nous ne

1. Documents diplomatiques. Affaires du Tonkin. l re partie, iSli'décembre 1882, page 165. — M. Barthélemy-Saint-Hilaire au marquis Tseng, 17 décembre 1880.

PRÉFACE. XIH

saurions, ajoutait-il, nous arrêter à une réclamation aussi tardive 1 . > M. de Freycinet coupait court à tout entretien : c Les suites de Faction que nous entendons exercer dans cette vue ne concernent que les deux États signataires de ladite convention, et, en conséquence, nous n'avons aucune explication à fournir au gouvernement chinois *. » M. Challemel-Lacour, dans un entretien avec l'obstiné marquis, faisait observer « qu'il pourrait se dispenser de répondre, ne voyant pas l'intérêt qui justifie la question du gouvernement chinois >, qu'il ne répondait que « par courtoisie i, mais qu'il c n'avait pas à traiter avec une puissance tierce des affaires de F Annam 3 » . Plus le gouvernement français mettait de verdeur à repousser toute immixtion de la Chine, plus celle-ci engageait ses mains. Ce

t. Ibid., p. 196. M. Gambette au marquis Tseng, 1 er janvier

Page 1