XXXIV PRÉFACE
d'hui, pour ces questions de forme, la Chine s'arroge le droit de rentrer dans le fond des choses. Entre l'Annam et la Chine, M. Ferry a pratiqué une section très nette : du commerce, tant qu on voudra ; de la vassalité, jamais !
Pourtant M. Ferry était loin de penser que la Chine n'eût aucun droit à se préoccuper de ce qui se passait au Tonkin, que son intérêt pour l'Annam ne fût aucunement justifié, que tout cela ne la regardât pas et qu'on n'eût pas à lui répondre. Il savait, au contraire, que c'était sur elle, bien plus que sur l'Annam, que nous avions conquis l'Annam et le Tonkin. Il ne croyait pas que la question annamite pût se traiter comme une question isolée : il admettait que la question indo-chinoise était au plus haut degré « une question chinoise », ainsi que l'affirme, dans ses conclusions, le colonel Boiiinais. Il l'admettait si bien qu'après avoir rompu le lien de vassalité entre nos possessions nouvelles et le Céleste-Empire, il s'étudiait à renouer entre
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îux des rapports de bon voisinage et de commerce. Il estimait que ce qu'il y avait de meilleur ians notre conquête indo-chinoise, c'était précisément cette situation privilégiée sur les frontières de la Chine. Notre conquête ne serait assurée, ae serait profitable pour nous, qu'à la condition de rapports amicaux avec le grand empire dont elle était, moralement au moins, un démembrement.
Même après les griefs que lui avait donnés la Chine par « le guet-apens de Bac-Lé », même après en avoir poursuivi la réparation par une guerre presque déclarée, même après Fou-tchéou, Kélung, la conquête des îles Pescadores et le blocus du riz, dans les. négociations dernières pour le second traité de Tien-Tain, M. Jules Ferry n'exigea pas plus de la Chine que dans le premier traité. Une fois de plus, il céda sur la clause d'indemnité de guerre; une fois de plus, il s'abstint de tout dessein de conquête, même sur les îles Pescadores, si faciles à garder; il pensait que le traité de commerce à intervenir serait à tout une compen-