‹ De Hanoï à Pékin: notes sur la ChineChapitre 49 sur 67 · Rapport de M. Bourae · texte numérisé non relu

Rapport de M. Bourae

port fluvial de Nan-shiang est à 6 jours en aval de Nanning, d'où Ton gagne Paï-see. »

Ces rapprochements font bien ressortir la valeur de notre établissement du Tonkin, si admirablement situé pour monopoliser le commerce des provinces méridionales de la Chine, ainsi que nous l'avons indiqué au chapitre relatif à Hong- Kong, pages 34, 35 et suivantes.

SHANG-HÀI

La société française. — Ketour sur l'histoire des relations de l'Europe et de la Chine. — L'amiral Protêt et les Taïpings. — Le port. — Les concessions. — La vie de la colonie européenne. — Shang-haï et le commerce du Yang-tsé-kiang.

De retour à Hong-Kong, je partis le 4 avril par le paquebot le Yatig-tsé (commandant Lormierl, qui me conduisît à Shang-haï, où j'arrivai le 1 à midi, après une belle traversée rendue agréable par la grande amabilité du commandant. Je restai dans ce port jusqu'au 10, attendant une occasion pour gagner Tien-tsin.

Le consulat de France à Shang-haï était alors géré par M. Déjardin, consul à Hong-Kong, qui me fit un gracieux accueil. Il avait auprès de lui MM. Guillien et Lutscher. Je rencontrai

aussi dans cette ville une charmante famille française, M. et M me Brunat (celle-ci fille de Lefébure-Wély), anciens passagers de YOxus que nous avions pris ensemble, et le docteur de Malherbe, un Parisien très pur qui, à 75 ans, est allé s'établir à Shangh-haï près de son fils, et est bien le vieillard le plus érudit et le plus agréable par ses réminiscences qui se puisse rencontrer sous ces latitudes ! . Je pourrais encore citer d'autres Français de distinction : le docteur Pichon, le directeur du Comptoir d'escompte, etc.

Nos compatriotes sont, hélas ! bien peu nombreux .

A Shang-haï, l'habitude est que les nouveaux arrivants reçoivent la visite des compatriotes déjà établis sur chaque concession. On voit par là que, si on reste quelques jours, on ne manque pas d'agréables relations.

Il ne nous paraît pas hors de propos, au moment oii nous convions nos lecteurs à nous suivre sur le territoire chinois, de rappeler rapidement les événements qui ont conduit les puissances

1. J'avais fait avec lui en 1885 la traversée de Marseille à Saigon sur le Pel-ho qui le conduisait à Shang-haï.

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occidentales à l'exercice d'une politique énergique vis-à-vis du Céleste-Empire, et qui ont ouvert ce pays à l'influence européenne.

Jusqu'au xvn e siècle, les Portugais, établis en 1557 à Macao, étaient le seul peuple qui eût des rapports commerciaux suivis avec l'Empire du Milieu *, tandis que les Jésuites français venus à la suite du P. Ricci travaillaient à la diffusion du christianisme et étaient accueillis à la Cour de Pékin. A cette époque les Russes réussirent à faire recevoir une légation permanente dans la capitale; les Anglais, qui parurent pour la première fois sous les ordres du capitaine Weddell en 1637, et les Français ouvrirent des comptoirs à poste fixe à Canton. Toutefois, les établissements étrangers étaient plutôt tolérés que reconnus par les mandarins, en dépit des ambassades envoyées par la Grande-Bretagne et dirigées par lord Macartney en 1792 et par lord Amher&t en 1802.

Leà missionnaires tombèrent en disgrâce et furent expulsés des provinces en 1815, et de Pékin en 1828 ; l'exercice du christianisme fut interdit et

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