PRÉFACE. V
nous négligions le souci de notre protection, ce sont d'autres questions qui viennent le primer.
Être les voisins du plus grand empire du globe, sinon par son étendue, du moins par le chiffre colossal de sa population ; Favoisiner, non plus par l'occupation de quelque ilôt en vue de son littoral, comme les Anglais à Hong-Kong ou comme les Portugais à Macao, mais bien par une frontière continentale de près de mille kilomètres de développement, sur une distance à peu près égale à celle qui sépare Dunkerque de Perpignan , — c'est là un fait politique de première importance. Il est nouveau pour nous ; il ne date que du second traité de Tien-Tsin (1885); nous ne nous sommes pas encore faits à cet état de choses : nous n'avons pas eu le temps d'y faire toutes nos réflexions, d'en tirer toutes les conséquences, certaines inquiétantes, la plupart heureuses pour nous, si nous savons en profiter.
S'être fait, à force de combats et de négociations, le voisin de la Chine, et en rester là, sans