‹ De Henri de Saint-Simon à Charles FourierChapitre 20 sur 79 · TOME · texte numérisé non relu

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mauvaise part les conseils que ceux-ci lui donnaient; ils avaient le tort de lui proposer trop souvent les Saint- Simoniens pour modèle. À Muiron qui l’exhortait à les imiter dans leur propagande, il répondait avec mépris : « Vous voulez que j'imite leur ton, leurs capucinades sentimentales, que vous nommez effusion de cœur; c’est le ton des charlatans, jamais je ne pourrai donner dans cette jonglerie. Je ne m'attache qu'aux raisonnements péremptoires » (20 janvier 1831, cité par Pellarin. Vie de Fourier, p. 110-117). Mais ce qui mit le comble à l’exaspération de Fourier, c'est l’idée — que sans doute on lui suggéra — mais qu’il adopta avec empressement, que les chefs de la secte saint-simonienne n’avaient en vue que de piller sa théorie et d’en donner les principales vues comme émanant d'eux-mêmes ou de leur maître Saint-Simon. À partir de 1831, les lettres concernant les Saint-Simoniens, que Fourier adresse à ses amis, répètent cette accusation de plagiat (dont nous examinerons plus loin ce qu’il faut penser); il attaque les Saint-Simoniens avec une vigueur et une âpreté de plus en plus grandes; c’est d’ailleurs à peu près toujours les mêmes arguments, les mêmes objections que Fourier leur oppose, il n’y a guère que les injures et les épithètes qui changent et il faut bien convenir que sur ce point son vocabulaire est très riche et presque inépuisable.

C’est alors que Fourier en vint à ce que Pellarin luimême, biographe respectueux et admirateur passionné de son maître, appelle très justement une « agression », et qu'illança contre les Saint-Simoniens son factum intitulé : « Pièges et charlatanismes des 2 sectes : Saint-Simon et Owen qui promettent lassociation et le progrès. Moyen d'organiser en ? mois le progrès réel, la vraie association ou combinaison de travaux agricoles et domestiques donnant quadruple produit et élevant à 25 milliards le revenu de la France borné aujourd’hui à 6 milliards un tiers » (Bossange père, Paris, 1831, in-8, 72 pages) [Un des manus-

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