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la doctrine fut profondément modifié; non seulement la religion domina l’ordre politique, mais l’ordre politique devint, dans son ensemble, une institution religieuse: Le sentiment, la sensibilité furent considérés non seulé-
ment comme une force sociale, mais devinrent la force
sociale par excellence, la seule qui comptât. Et l’on
prêcha aux mathématiciens, aux ingénieurs et aux philo-
phes qui composaient, sinon la totalité, du moins la plüs
grande pàrtie de l’école, la subordination absolue du
raisonnement aux mouvements individuels de la sensi-
bilité. Il ne s'agissait plus de comprendre ni de raisonner, (Claire Bazard, si fine et si sensible, écrivait à
Transon ce mot surprenant : « On veut trop raisonner! »)
mais simplement de sentir et d’aimer (1).
La doctrine avait complètement abandonné son caractère scientifique et philosophique pour devenir une religion à laquelle il fallait croire ou ne pas croire (2). Mais cela ne s’était pas fait brutalement et d’un seul coup; la transition s'était effectuée graduellement; le saint-simonisme était passé de la physiologie sociale de Saint- Simon au panthéisme mystique d’Enfantin, insensiblement et presque sans qu’ons’en aperçüt, par des phases nombreuses : phase positive d’abord, puis philosophique et d’abstraction pure puis scientifique et mécanique; du matérialisme des écrivains du Producteur on avait insensiblement glissé au semi-panthéisme de l’organisateur, puis au panthéisme du Globe, et enfin à la mystique enfantinienne; tout naturellement le glissement allait se prolonger etde la mystique enfantinienne la doc- (1) Dans les conditions nécessaires pour embrasser la foi saint-simonienne, vous donnez beaucoup trop d'importance à l'instruction tandis que vous méconnaissez cetle de l’amour (D’Eichthal à Mill, 30 avril 1830).
(2) On croit généralement aujourd’hui que c’est par la science qu’on mène les hommes et la lecture du système de politique positive a pu vous confirmer dans cette croyance. Rien n’est moins vrai cependant. C’est par le sentiment seul, c’est par uné'loi d'amour, comme je vous le disais au commencement de cette lettre, que les hommes ont toujours été conduits. Le sentiment seul indique
et fait aimer le but ; la science ne fait que régulariser les moyens de l’atteindre (D’Eichthal à Mill, 30 avril 1830).
trine allait tomber dans la sensualité et y sombrer, cet amalgame du mysticisme avec la sensualité aboutissant aux scandaleuses aberrations que l’on connaît sur le couple futur. Tels sont les stades de la pensée saintsimonienne. Telles sont les étapes de sa transformation qui fut voulue, conduite et dirigée par Enfantin.
C'était donc une doctrine toute nouvelle qu’il prêchait. Or, disait-il, « pour un dogme nouveau, il faut une morale nouvelle, il faut une Lo1 Morale ». C’est pour la recherche de cette loi morale que les discussions s’engagèrent dans le courant de l’année 1831. O. Rodrigues et Claire Bazard furent seuls admis à ces graves débats où les pontifes espéraient se mettre d'accord; mais dans le courant de l'été, comme on ne parvenait pas, depuis près de six mois, à s’entendre, les questions furent portées devant le collège (x).
On tenta inutilement tous les moyens qui paraissaient propres à retenir ou à retarder une scission qui de plus en plus s’imposait et que l’imprécision de la doctrine et sa nature même, les oppositions de caractère et de tempérament, les désaccords, sinon de cœur du moins d'esprit, les dissentiments profonds des chefs sur les points les plus importants, le succès et les progrès des
(x) Lettre de CI. Bazard à Transon (elle doit être de septembre 1831. Cela est inscrit en marge des archives saint-simoniennes). « ...…. Aujourd’hui, une sourde souffrance circule parmi les enfants de Saint-Simon. Abel, tel est notre état : La loi morale qui doit nous régir tous, qui doit nous enchaîner si doucement les uns aux autres, qui doit nous tirer de toute incertitude sur ce qui est bien ou sur ce qui est mal, cette loi morale ne nous est point donnée et nous sommes tous comme des aveugles cherchant à tâtons un chemin qu’un voyant, un Saint-Simon, nous a signalé. Cher enfant, tous nous avons senti cette précaire, cette inquiétante position, nous avons élevé nos voix, nos pères nous ont répondu et tous, nous nous occupons de trouver cette loi divine qui doit compléter la doctrine, cette loi avec laquelle nous nous présenterons enfin forts, puissants, forts comme des anges devant un monde aux accusations duquel nous n'avons pu répondre encore qu’en niant et non en affirmant. Mais ce ne sera pas sans travail, sans peine, peut-être même sans amère douleur que nous arriverons au but de nos efforts .... »
re dernières années, rendaient inévitable (1). Mais ils étaient tous épuisés. |
Il n’est pas dans notre dessein de raconter ici, puisque nous ne faisons qu’esquisser l’histoire des idées, les incidents violents et les épisodes dramatiques qui marquèrent ce conflit d’âmes exaltées et de sensibilités frémissantes et exacerbées, ni non plus, de signaler les constrastes violents qu'offrirent ces scènes agitées au cours desquelles se révélèrent parmi les transports et les divagations enthousiastes, mais pauvres, des générosités, des grandeurs, des EE réels, à côté de débilités, de névroses et d’ hystéries ls et peutêtre même de supercheries. Les Saint-Simoniens ont d’ailleurs, dans de très nombreuses brochures, raconté tout au long l’histoire extraordinaire de cette phase du saint-simonisme (2), où les intelligences dévient, où l’extase, l’enthousiasme et la folie finissent par s'imposer aux cerveaux les plus lucides et les plus solides, déséquilibrés sous l’action d’un rêve mélangé d'éléments malsains et généreux, par détourner des voies saines et droites les plus nobles entraînements, et par jeter hors d'eux-mêmes des esprits déjà prédisposés par une phraséologie mystico-lyrique, pleine de couleur et d’une sorte d'harmonie vide de sens, par l’éloquence sonore et les phrases à effet.
Enfantin exposa d’abord ses théories dans le sein du collège, puis les résuma devant la famille entière. La rupture définitive eut lieu le 21 novembre 1831, dans une séance publique qui fut particulièrement orageuse. «Chacun des deux papes, frappant d’anathème la tête de
(1) Jusqu'ici nous avions marché d’une manière vraiment miraculeuse : accord, amour, unité, tout allait au mieux; mais, vous le sentez, il était impossible que par l’action d'hommes si étroitement serrés les uns contre les autres, et enclins par conséquent à s’isoler et à se trancher par rapport au milieu social qui les entoure, il résultàt un mouvement d’association large, plein, et de nature à satisfaire toutes les sympathies..… (Jean Reynaud, p. 47).
(2) Voir notamment ; Réunion générale de la famille. Séances des 19 et 21 novembre 1831 (chez Everat).
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son ancien collègue, se posait chef suprême et révélateur de la loi nouvelle par droit d’hérédité saint-simonienne. Ce fut le signal; les membres du collège, noyau primitif de l’ancienne école, reprirent aux yeux de tous leur liberté civile et leurs droits individuels » (Jean Reynaud, p. 32; Revue encyclopédique, p.53, 1832). Jean Reynaud, Pierre Leroux, Jules Lechevalier, Cazeaux, Carnot, Charton, Dugied, Claire Bazard, Cécile Fournel et plusieurs autres se séparaient du saint-simonisme, ou plutôt d'Enfantin, qui à leurs yeux représentait dans toutes ses conséquences ce qu’on nomme le saint-simonisme (1). |
Le Globe du 29 novembre 1831 publia la protestation collective des 19 (2) et les dissidents les plus notoires
(1) C’est Enfantin qui à mes yeux représente dans toutes ses conséquences ce qu’on nomme le SAINT-SIMONISME, c'est-à-dire la doctrine qui donne le gouvernement à un homme au nom du progrès, qui abolit l’héritage et remet par conséquent l’invesliture de la propriété et de la fonction au pouvoir social, la doctrine qui proclame que la société doit se composer de deux corps spéciaux (savants et industriels) liés par un corps universel, le sacerdoce ; la doctrine qui unissant le temporel et le spirituel, et superposant la famille sociale à la famille consanguine, confond en la personne du prêtre la direction de toutes les affections individuelles et l’ordination de toutes les fonctions. Voilà ce qu’on appelle le Saint-Simonisme, quoique les textes et les paroles de Saint- Simon ne puissent justifier catégoriquement aucune des formules employées par ceux qui parlent en son nom. .. Or, je le répète, Enfantin est le SEUL qui professe rigoureusement et logiquement cette doctrine. 3e séance, 26 février 1832. Le Fouriérisme et le Saint-Simonisme. J. Lechevalier, 1861, Br. 9. Arsenal, p- 138.
(2) Le Globe accompagnait d’ailleurs la publication de cette protestation d’une note ainsi conçue : « Nous recevons des 19 personnes qui se sont séparées de la hiérarchie saint-simonienne la pièce suivante qui caractérise très bien la situation de protestantisme dans laquelle ces personnes se sont placées vis-àvis de nous. »
À Messieurs les Rédacteurs du Globe. Paris, 28 novembre.
Vous avez fait un appel au public dans le but, selon l’expression de vos orateurs, de fonder le crédit saint-simonien, la puissance morale de l'argent. Nous PROTESTONS contre cet appel et ses suites, en attendant, ce qui ne tardera point, que nous fassions connaître publiquement le grave dissentiment de doctrine qui existe entre vous et nous,et qui justifie notre opposition présente à vos projets de finances. Le crédit saint-simonien ne peut-être fondé, l’argent ne peut revêtir la puissance que vous prétendez lui attribuer qu’autant que la nou-
roue exposèrent dans différentes brochures les raisons de leur séparation, que nous examinerons plus loin. Le lendemain, il publiait la protestation individuelle de Jean Reynaud, qui ne s'était pas retiré en même temps que les autres (1). Enfantin lui ayant donné à la réunion du 19 novembre la mission de haut protestantisme, Reynaud protesta effectivement à la séance suivante. Mais Enfantin déclara que la mission de J. Reynaud était inconciliable avec la dignité du temple, et Reynaud se sépara lui aussi de la doctrine. Peu de temps après, ce fut le
tour de Laurent et de Transon.
« L'œuvre était terminée. Les hommes qui pour l’ache avaient momentanément réuni leurs voix et
leurs efforts devaient rentrer dans l'indépendance de la
vie et le silence du travail philosophique » écrivait Jean Reynaud. Etil ajoutait: « Les découvertes scientifiques ne se font pas de compagnie (2})». Les dissidents s’en allè-
velle loi moraze, celle qui doit enfanter la conception religieuse de Saint-Simon aura été proclamée ; or, cette loi vous ne l’avez point. La participation que nous avons prise au progrès de la doctrine de Saint-Simon jusqu’à ce jour, la responsabilité qu’elle fait peser sur nous, nous donnent le droit de vous demander l'insertion de cette réclamation et vous imposent le devoir de satisfaire à notre demande : L. Banet, Bazard, Claire Bazard, Palmyre Bazard, J. Buchez, H. Carnot, P. Cazeaux, Charton, Dugied, Adèle Eudes, Cécile Fournel, H. Fournel, A. Leroux, J. Leroux, Pierre Leroux, Maurize, J. Reynaud, A. Saint-Chéron, Claire Saint-Chéron (Globe, 29 novembre 1837).
(x) Elle était précédée de la note suivante : « On a pu juger de l’état de faiblesse où des hommes qui furent puissants tant qu’ils furent soutenus par le lien hiérarchique sont tombés, aussitôt qu’ils sont rentrés dans le pêle-mêle. C’est là une des faces du protestantisme. La protestation individuelle de J. Reynaud est empreinte d’un caractère de personnalité démesurée qui est l’autre face du protestantisme. C’est toujours le Je et le moi en scène. Nous sommes d’ailleurs déterminés à clore là cette polémique dans l’intérêt des personnes qui se sont séparées de nous. Notre rôle à nous n’est pas de discuter contre le passé, c’est de fonder Vavenir. Nous ne voulons plus de lutte; le but que nous nous proposons est d'attirer la société à nous par notre puissance pacifique. Nous n’avons rien de mieux à faire pour hâter le rapprochement des dissidents que de les tenir pendant quelque temps à l’écart de nous, afin qu’ils méditent sur les faits de notre apostolat.
(2) Aujourd’hui voilà la division du travail établie dans notre sein. C'est d’abord un chaos, mais avant la création le chaos. Jean Reynaud, loco citato,
p. 47 et 48.
rent, chacun de son côté. Presque tous ils pensaient, comme Jules Lechevalier, que la scission qui avait eu lieu pourrait n'avoir pour effet que de « poser les individualités de la grande famille, c’est-à-dire des hommes capables d'élaborer et de perfectionner », et croyaient continuer dans la vraie voie saint-simonienne. Ceux qui restaient auprès d’Enfantin estimaient eux aussi que cette scission temporaire allait être pour la doctrine l’occasion d’un grand progrès. Ils croyaient à l'utilité pour l’école des modifications survenues: maintenant qu'ils ne travailleraient plus à PrOpABen leurs idées, ils allaient pouvoir élaborer.
L’élite saint-simonienne, peut-on dire, sauf quelques exceptions, se séparait d'Enfantin. Il restait pourtant autour du père quelques membres de l’ancienne école, un petit noyau d’exaltés : Duveyrier qui se dévouait à Enfantin, O. Rodrigues pour peu de temps, d’Eichthal, Barrault, Fournel, M. Chevalier, Talabot, Lambert, Hoart, Aglaé Saint-Hilaire et Bouffard, mais parmi ceux-là même qui ne l’abandonnaïient pas, il n’en était pas un qui ne repoussât, avec des nuances différentes, certaines de ses idées et la conception morale qu’il proposait; et on peut dire qu'ils se rangeaient moins à son opinion qu’à sa personne; Enfantin était le seul qui professät rigoureusement et logiquement sa doctrine; ils demeuraient pourtant sous son aulorité, parce qu'ils le regardaient comme accomplissant l’œuvre la plus importante pour le progrès de la doctrine et s’efforçaient de croire davantage encore, redoublant de certitude ostensible. Certains même qui, comme Vinçard, partageaient dans le fond de leur pensée la répugnance des dissidents pour la nouvelle forme donnée à la doctrine et les théories émises par Enfantin, restaient cependant avec ce dernier par un entrainement presque instinctif et parce qu’ils avaient aveuglément confiance dans la sagesse, la science et la bonté de celui qu’ils appelaient « Le Père de l'Humanité ».
On avait beau dire que les dissidents avaient eu d’ex-
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cellents remplaçants, Cavel, Delaporte et Lagarmitte, qui n'étaient « rien moins que des hommes ordinaires » (lettre du 30 mai 1832, Stuart Mill à d’Eichthal). Presque tout ce qui comptait dans le Saint-Simonisme, — ceux qui avaient le plus marqué dans l’enseignement, les prédications et les missions — abandonnait Enfantin ; mais celui-ci ralliait autour de lui la majeure partie des membres de la doctrine, particulièrement dans les degrés inférieurs, et se consolait de la défection de la plupart des membres de l’ancien collège, en déclarant qu’à une période nouvelle il fallait des hommes nouveaux. On ne peut nier, en tous cas, que la scission n’ait affaibli beaucoup le Saint-Simonisme.
Quant aux dissidents, ils allaient marcher dans des voies bien différentes. Chacun, en suivant soninspiration, allait travailler au perfectionnement de la doctrine dont aucun d’eux ne doutait que le vague et l’ampleur ne demandassent de nouveaux remaniements. Bazard, qui se croyait le véritable successeur de Saint-Simon et appelait à lui les dissidents, voulait essayer de fonder une hiérarchie sur des bases plus libérales. J. Reynaud et quelques autres retournèrent au spiritualisme, Pierre Leroux a l'utopie démocratique (1), d’autres même au catholicisme; il en est qui s’attachèrent au positivisme. Enfin, Lechevalier et Transon vinrent à Fourier, à qui ils amenèrent d'assez nombreux Saint-Simoniens. Cette dernière évolution est sans doute la plus imprévue et celle qui surprend le plus. L'école saint-simonienne se dispersait ainsi avant de se dissoudre tout à fait. Mais tous les liens qui rattachaient les dissidents à la doctrine n’étaient
(x) Pierre Leroux, Carnot et Jean Reynaud publièrent la Revue Encyclopédique. Ils avaient la prétention d'organiser entre les numéros de leur recueil une doctrine nouvelle, Mais leurs principes étaient assez flottants et leur doctrine manque d’unité. Les idées générales les plus fréquemment exprimées furent en politique l’avènement du prolétariat et en religion l’appel à un panthéisme confus. On y retrouve un reflet assez prononcé des idées saint-simoniennes (Voir sur la Revue Encyclopédique un article de Sainte-Beuve, Premiers Lundis, t. 2, p. 91-100).
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pas. rompus ainsi que le constatait l’article intitulé : A nos amis, publié dans le dernier numéro du Globe (x).
Le Saint-Simonisme conservait toujours, àleurs yeux, une grande importance et ils gardaient plus ou moins et avec des nuances différentes les principes généraux de sa foi sociale et religieuse à laquelle ils apportaient seulement des corrections, des additions et des modifications. La plupart d’entre eux, un Bazard, un Reynaud, un P. Leroux, un Lechevalier même restèrent Saint- Simoniens par bien des côtés et ne réussirent pas à se détacher complètement de la doctrine. Le Saint-Simonisme allait ainsi avoir divers appendices et, s’il faut en croire P. Leroux, l’histoire de Fourier et du fouriérisme, ne serait que l’un d’entre eux (2).
(tr) Dans le dereier numéro du Globe (20 avril 1832). « À nos amis. »
« … Beaucoup sont venus et peu sont restés; mais aucun n’est parti si subitement qu'il n’emportät une portion du Trésor que notre Père amassait, et nul n’est allé si loin que nous ne le sentissions rattaché par un lien invisible au centre où il avait cherché la vie. N'est-ce pas pour nous un sujet d’action de grâce, 6 mon Dieu, que de nous rappeler avec gloire les noms de ceux qui se sont ainsi dispersés et d’en compter fièrement le nombre et la valeur. Du jour où le Producteur cessa : Cerclet, Dubochet, Rouen, Blanqui, Senty, Peisse, Garnier, Halévy, À. Carrel, Artaud, Rey (de Grenoble), Decaen. Depuis le jour où la hiérarchie fut fondée: Buchez Alisse, Bouland, Lerminier, Margerin. Depuis le jour de l’avènement de notre Père, Bazard, J. Lechevalier, Transon, Leroux, Raynaud, Carnot, Dugied, Cazeaux, Rességuier, Borrel, Charton, Laurent, Rodrigues, Renouvier, Ribes. Or, aujourd’hui tous ces hommes actifs et puissants préparent par mille voies l'établissement de votre règne : philosophes, savants ou poètes, dans les chaires des écoles, les livres et les journaux, üls enseignent à épeler l'écriture de votre Evangile nouveau; ils ouvrent les yeux bien que ce soit pour les détourner de nous; mais les yeux ouverts le monde nous regarde. Et chaque fois le lien de votre amour fut plus fortement senti entre nous qui continuerons de creuser le sillon du maître, et ceux qui s’en allaient semant au dehors ce qu'ils ont glané de sa parole. Chaque fois la masse des idées communes s’élargissait, et aujourd’hui nous en sommes arrivés à ce point que là où il y aurait eu scission, il n’y en a pas. Chacun reçoit sa place, et tous demeurent unis, apôtres et disciples... A nos amis. Charles Duveyrier, apôtre. Le Globe du 20 avril 1832.
(2) « Je soupçonne pour ma part que l’histoire de Fourier et du fouriérisme pourrait bien dans ce plan venir se réunir comme un simple appendice à cette série de naufrages » (3° Lettre sur le fouriérisme, t. 1, p. 166).