‹ De Henri de Saint-Simon à Charles FourierChapitre 42 sur 79 · ER · texte numérisé non relu

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me sépare de vous, c'est qu'ayant eu la puissance de provoquer des confessions particulières, vous les avez divulguées ; vous en avez fait usage sans le consentement de ceux qui les ont faites; il y a là mépris de la dignité humaine... c’est parce que l’individualisme n'est pas assez respecté que je me retire (1). »

On essaya de retenir Transon, qu'on aimait, qu'on regrettait (2) etqu’on savait de volonté faible. Des émissaires lui furent envoyés. Barrault le suppliait et le pressait de revenir à la doctrine. « Non, Transon, ta place est auprès du Père Enfantin, auprès de moi. Je l'ai senti,tune saurais nous quitter ; cartu es religieux, tu ne suivras pas Jules, car Jules a dit quela doctrine est à l’état de faillite et de liquidation. Tu voudrais nous quitter, non, tu ne le pourrais pas. » Et il essayait de le prendre par les sentiments : « Tu aimes les ouvriers, les petits enfants, ceux qui souffrent. Tu viendras avec le P. Enfantin, car ilnous porte dans son cœur ; il veut réaliser la doctrine et ne pas faire de mysticisme philosophique. » Transon était tout près de se laisser fléchir mais la séparation de Jules Lechevalier l'avait brisé ; il avait inutilement essayé de le retenir et de le ramener à la doctrine. Le 26 novembre, il écrivait au Père: « Je vous en prie, n’abandonnez pas Jules, car c’est vrai qu’on n’a pas senti combien il a fait dans ses missions... si vous avez le temps, écrivez-moi un simple mot; car, lui, il me laisserait, je crois, sans y penser. » Il était déchiré par ces tiraillements, mais il finit par céder aux adjurations passionnées de Barrault et à ses supplications et il revint encore une fois à Enfantin. Sa foi s’affermit et s’exalta. Il écrivait au Père Enfan-

(x) Notons d’ailleurs que c’était là une opinion absolument individuelle qui n’était pas partagée par les dissidents, et que le théologien J. Lechevalier notamment prétendait que « ces confessions ayant été faites au Père par des hommes qui avaient accepté son autorité, celui-ci avait le droit d’en faire ce qu'il voulait ».

(2) Voir de nombreuses lettres aux Archives saint simoniennes. « Ce n’est pas sans une vive douleur que j’ai vu Transon, le porte-bannière de la doctrine, à côté duquel j’ai marché, se séparer de nous. »

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