‹ De Henri de Saint-Simon à Charles FourierChapitre 56 sur 79 · NON · texte numérisé non relu

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des Saint-Simoniens. Les disciples de Fourier prétendaient pourtant que la théorie de leur maître tout en n'étant « hostile à aucune religion » « impliquait sympathie et vénération toutes spéciales pour le christianisme », car il existe une concordance magnifique entre l’enseignement évangélique et l’unité harmonienne de Fourier [Victor Hennequin]. La PAalange allait plus loin encore en constatant «l'identité du but de l’école sociétaire avec celui du christianisme ». Peut-être y at-il là un peu d’exagération — mais ce que le fouriérisme avait de commun avec le christianisme, ainsi que M. Charles Gide l’a signalé, c’est surtout sa foi dans l'existence d’un plan providentiel préétabli dont l’homme s'est éloigné et qu'il s’agit de retrouver. Plusieurs fouriéristes déçus et désabusés et qui avaient un « besoin impérieux de culte » devinrent d’ailleurs des catholiques pratiquants. La conversion la plus notoire fut celle d'Abel Transon en 1835. Il annonçait à Julie Considérant son retour au christianisme, et l’attribuait à ses convictions fouriéristes : «Je suis devenu chrétien. La foi religieuse m'a été rendue ; et quand on est phalanstérien, on ne peut être que catholique. L'église estle foyer même de cette idée de l’unité universelle que Fourier a ramenée au monde philosophique, et quant à l'espérance d’une harmonie sociale elle n’est dans aucune des autres opinions, puisque aucune d'elles n’a de pivot terrestre. L'église catholique seule a l’idée de bâtir pour l'éternité » (sans date).

Plusieurs fouriéristes le suivirent d’ailleurs dans son évolution : d'Eyzalguier, Veran Sabran, Laverdant, et d’autres (1) encore. Laverdant, bien que redevenu catholique, se réclamait toujours de Fourier: « Si j'adore

(1) Laverdant écrivait « qu’il y avait dans l’école un petit nombre de phalanstériens qui tendaierft au catholicisme s'ils n’y étaient déjà comme Girot, Alfred Adiran, Le Morvonnais, Margolin. » Le Morvonnais était venu d’ailleurs au fouriérisme pour un motif, écrivait-il aux rédacteurs du Phalange, qui pourrait « sembler à beaucoup bien étrange... parce que je suis chrétien et que vous êtes harmoniens. »

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