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désormais ce que j'ai brûlé, ce Christ que j'avais oublié, cependant je ne suis pas de ceux qui brülent ce qu'ils ont honoré. Fourier reste mon maître naturel et respecté et je vois en lui le plus vigoureux génie qui se soit hors de la loi sacrée lancé vers l’éternelle vérité ; quoi qu'on ait pu dire, les attractions sont proportionnelles aux destinées dans le sens large et profond de ces mots, /a série ne cesse pas de distribuer les harmonies. Enfin l’analogie universelle complète cette triple et féconde méthode d’intégrale investigation. »
Certains membres de l’école phalanstérienne auraient souhaité qu’on cherchât à concilier les dogmes du catholicisme avec la théorie harmonienne. Varin, ingénieur des mines, écrivait à Considérant en 1837: « dans l’intérêt de la réalisation j'aurais désiré vivement que quelqu'un de vos collaborateurs eût dirigé ses recherches vers le but de concilier en tout la conception de Fourier avec les dogmes précis du catholicisme et qu’il en eñt montré la connexité avec une religion à laquelle les uns (et je suis du nombre) croient d’une manière religieuse, et à laquelle les autres rendent justice comme au plus vaste et au meilleur système qui ait depuis l’origine réuni les hommes dans des pensées et des actions communes. » Il est d’ailleurs remarquable que le fouriérisme inclinait vers le christianisme (1). Déjà Fourier s'était engagé à assurer aux prêtres une situation considérable dans l’ordre nouveau qu'il rêvait, ce qui faisait dire à certains qu'il « courtisait la robe noire » (voir lettre de Thomas à Transon, sans date). Mais l’école fouriériste s’était rapprochée de plus en plus du catholicisme. La Phalange (2) cherchait des analogies entre la Doctrine de Jésus et celle de Fourier : « ce que Jésus a réprouvé sous le nom de
(x) Nous pouvons citer beaucoup d’athées que la éonversion à nos idées a ramenés à la foi (Phalange, 1° novembre 1838). Le même numéro contient une lettre de curé qui porte ce titre un peu surprenant : conversion d’un curé à la croyance en Dieu par la lecture de Fourier.
(2) Voir nos 48, 53, 57, 62 bis, 68.
civihsation ; ce que nous voulons avec Jésus c’est ce que Jésus a voulu sous le nom deroyaume de Dieu et del’établissement de sa justice (Phalange, 3° série, t. VII, p. 2002). « Chaque jour, lit-on dans la Démocratie pacifique, l'école arrive à des solutions évidemment chrétiennes sinon catholiques. » Le même journal publiait des articles dont les titres: « les disciples de Fourier sont-ils chrétiens ? » ou bien encore « accord de l’évangile avec la théorie de Fourier » indiquent très nettement la nature religieuse des préoccupations des phalanstériens. « Si La théorie sociétaire se réalise, écrivaient-ils, c’est la RÉALI- SATION universelle du royaume de Dieu et de sa justice, c'est la réalisation universelle de la véritable et sainte pensée du christianisme, l’union, l’association des hommes entre eux sur la terre et l’UNIoN de L'HUMANITÉ avec Dieu par l’amour de Dieu et la pratique de ses lois » (Manifeste de l’école sociétaire); et encore : « C’est un devoir pour chaque homme vraiment religieux... de contribuer en proportion de ses moyens à l’acte décisif qui peut mettre un terme à toutes souffrances individuelles et à toutes misères sociales » (Manifeste de l’école sociétare). Certains passages de la Démocratie pacifique pourraient presque être considérés comme du socialisme chrétien. « Nous avons à réaliser une démocratie chrétienne où la liberté, l'égalité, la fraternité ne soient pas de vains mots, où l’accomplissement de ces principes évangéliques constitue l’unité » (Démoc, pacif., t. Il, p. 133).
A la même époque, l'architecte Bourgeois, ancien Saint- Simonien, dans une brochure intitulée le Christianisme temporel où figure une note sur «l’église selon saint Jean » ou « réalisante » s’adressait aux Saint-Simoniens et aux Saint-Simoniennes pour leur faire part dela nécessité et de la possibilité qu’il y avait de rallier la doctrine de Saint-Simon à la foi chrétienne, au christianisme temporel et aux écritures (1).
(1), « L'auteur, écrivait-il, ne cherche pas à faire secte ; c’est au contraire