‹ De J.J. RousseauChapitre 21 sur 36 · Tome IL E · texte numérisé non relu

Tome IL E

(66) prouvé les confédérations Polonoises ; il les rcgardoit comme la seule sauve-garde des peuples et les vrais remparts contre la tyrannie. Il vouloit faire un traité sur cette puissance eœ terne d^un grand état qui peut s^ accorder si bien avec sa police intérieure\ c'est ce qu'il auroit fait , dit-il , lorsqu^en traitant des relations externes j il en seroit Tenu aux coiifédérations ; matière toute neuve , ( ajoutoit-U. , ) etc?^ les principes sont encore à établir (i).

fldarclioîent sous les étendards de la liberté? Aucun prince d^ Allemagne n^a reproché à son confrère ce marché honteux , ce trafic qui accuse tous les cerclts , et contre lequel les électeurs ecclésiastiques ne se sont pas même élevés par la parole. O honte de toute la Germanie y de fl^avoir pas réprimé cet affront fait à Inhumanité entière ! c'est donc 2i\x peuples européens qu^il appartient de ruiner cette abomiaable pratique, car sans ce généreux effort 9 ces princes serons tous cités comme des înhu* mains au tribunal vengeur de la postérité.

(i) « Oserois-je, dit Rousseau , parler des confédéral fions , et n'être pas de TaTis des savaiis ? Ils ne voyent que le mal qu'elles font s il faudroit voir aussi celui qu'elles empêchent.

Sans contredit , la confédération est tm état violent ibns la république, mais il est des maux extrêmes qui

"^ Nous le croyous comme lui que ces prm" <:ipes nous manquent ; bien reconnus et bien

rendent lé6 remèdes violens nécessaires, et dont il faut guérir à tout prix ; la confédération est en Pologne ce qu'étoit là dictature chez les Romains ; l'une et l'autre font taire les loîx dans un péril pressant , mais avec cette grande différence que la dictature , directement contraire à la législation romaine et à l'esprit dû gouvér* nement, a fini par le détruire ; et que les confédérations^ au contt^ire, n'^étant qu'un moyen de raffermir et rétablir la constitution ébrsinlée par de grands efforts , peuvent tendre et renforcer ïe ressort relâclré de l'état , sans pouvoir jamais le briser. Cette forme fédératîve me paroît un chef-d'œuvre. Tout état libre, où les grandes^-crises n'ont pas été prévues , est à chaque orage en danger de périr; il n'y a que les Polonois qui de ces mêmes, crises ayent sh trouver un mbyén de maintenir 1». constitution. Sans les confédérations , il y a longtemps ^t\2i république ne seroit plus, et j'ai grande peur qu'elle ne dure pas long-temps après elles, si Ton prend le parti de les abolir, i» Ce morceau est bien renflarquable dans les circonstances actuelles ; ne dtrbit-on pas qu'il a présidé à notre grande fédération du 1*4 juillet 1790?

Montesquieu va plus loin encore : ce On ne doit point hésiter y dit-il , à substituer une loi politique aune autre, si ce changement est absolument nécessaire; ce n^est pas alors un véritable changement, puisque ces deux loix dépendent également du principe ; le salut du peuple est la suprême loi«

Ea

avoués ils désarmer oient de toutes parts ces honteuses tyrannies qui métamorphosen^les

Montesquieu ne blâme donc point.ee remède, terrible en lui même, violent, mais le seul qui puisse purifier les loix , et qui devient nécessaire quand il s'agit de renverser un colosse antique d'institutions vicieuses et d'usage barbare ; nous voulons parler après lui de Ti/tsurrection; quand ce foudre s'allume à fa pensée* publique, quand il frappe dans un siècle de lumières ^ il consuitie , mais pour réédifier; c'est une vieille forêt dévorée par la flamme , et qui ne laissera qu'un engnds mile et fécond pour les jeunes et vigoureux rejettons qui vont orner la terre d'une p;u'ure nouvelle. Ecoutons encore Montes- ^eu : . : .

c€ Les Cretois , pour tenir les premiers magistrats dans la dépendance des loix , employoient un moyen bièto'singulier; c^étoît cAyA de Vinsunestion. Une partie des citoyens se soulevoit, mettoit en fuite les migiiS^fèv èt^ les obligeoit de rentrer dans la condition privée. "Celï éK>it, censé fait en conséquence de la loi. Une institv^^ tion pareille, qui établissoit la sédition pour empêcher l'abus du pouvoir, semblolt devoir renverser- quelque' république que ce fut- : elle ne détruisit pas celle- de Crête ; voici pourquoi. Lorsque les anciens vouloient parler d*un peuple qui avoit le plus grand amour de la patrie , ils citoient les Cretois. La patrie , disoit Platon , nom si tendre aux Cretois ^\\% l'appelloient d'un nom qui exprime V amour d^une mère po:,r ses enfans* Or^ l'amour de la patrie corrige tout. >» Soyon& Cretois !

SôïdaH en Bêtés féroces. Les nations ont be* soin les unes des autres pour se garantir des

Quel dommage que Fanteur de r£x/ynV 4^^; Loix n'ait p^int toujours écrit dans ces principes; mais magistrat ^ gentilhomme et riehe^ il n^écrivit des choses fortes que dans le moment oii il oublioit ses préjugés ; et le génie alors remportoit sur rhomme.

Qu'il est grand quand W dit: Les hommes, égaux dans Pitat de nature^ cessent de rêtrt dans la société^ et ne U redeviennent que par les loix \

Ainsi les abus y qui datoient de l'établissement de la monarchie^ et qui étoient une suite épouvantable du droit des conquérans sur la nation conquise » il les auroit condamnés. Un philosophe tel que lui , avec un senti^^ ment profond de l'égalité naturelle , auroit vu foudroyer avec joie unt prétendue constitution qui insultoit si odieu* sèment l'égalité sociale, elle-même ; l'allégresse qu'en res<ientent les philosophes vivans nous répond de celle qu'auroient éprouvée les philosophes décédés.

Montesquieu naquit en 1689; il écrit sur les effets funestes de la tyrannie des grands , et le choc régénérateur s'opère en 1789* Ainsi , tel écrivain de nos jours n'influencera qu'à cent années du jour précis de sa nais* sance. Plantons , semons ^ semons , plantons.

Montesquieu met souvent le correctif à son principe trop favorable aux prétentions féodales ; tantôt il dit tt comme le despotisme cause À la nature humaine des maux^ effroyables , le mal même qui le limite est un bien ; tantôt affoiblissaat son cher pouvoir intermédiaire de la no*

transports aveugles de quelques têtes Couronnées et mal-saines. Pourquoi les nations de TEurope ^ vu les postes , Timprinierie et les grandes routes, ne se mettroient-elles pas à Tabri des dangers qui les menacent , par

blesse, il parle franchement de la corruption de V honneur^ de ce principe monarchique , qu'il avoit établi avec tant de complaisance. « Il se corrompt , dit-il, lorsque l'hon- ^ neuf a été mis en contradiction avec les honneurs» 99 et que Ton peut être à la fois couvert d'infamie et de 99 dignités ; lorsque les âmes singulièrement lâches tirent 99 vanité de la grandeur que pourroit avoir leur servitude, »9 et qU*elles croyent que ce qui fait que Ton doit tout }> au prince fait que Ton ne doit rien à sa patrie. 99

Ainsi ce génie mâle qui étoit fait pour rompre toutes les entraves des préjugés , et pour marcher à la tète du genre humain vers la vérité, il a malheureusement quitté la nature dès le premier pas ; il a fait un système , et ce système a dénaturé tout à la fois ses immenses matériaux et ses profondes idées ; rien ne prouve mieux Tempire de la superstition politique que l'asservissement de cet homme de génie qui , par son grand attachement à des droits seigneuriaux et aux prérogatives de sa naissance , a trahi souvent à son insu la cause éternelle de l'humanité* Hélas ! dans la carrière de la philosophie ( il faut l'avouer en gémissant), si l'on a des maîtres à étudier, Toii a bien des erreurs à éviter; car ces maîtres et ces erreurs sont trop souvent la même chose.

les mêmes loîxque les individus dans* chaque société particulière ? Nous sommes dans les jours de lumière où il est possible de farmer des loiac générales faites poiw lierions les peuples del'Europe, Les nations sont sœurs^ qu'elles s'unissent. Quand Tune d'elles est frappée de la verge du despotisme , c'est ua affront pour toutes. Une nation doit à une autre nation secours , humanité , protection ; car la justice , si nécessaire à tous les habitans de ce monde , ne sauroit être limitée par des bornes physiques. Quoi ! 1^ violence^ la perfidie , la cruauté exerceront leurs fu^ reurs près de nos frontières ; nous entendrons les cris d'un peuple opprimé , et quand ^intérêt véritable de la société Européenne exige que le sang ne coule pas , nous hésiterions à repousser l'oppresseur , à le faire rentrer dans la nature d'être sociable ! Quoi ! les souverains ont pu se lier entr'eux pour leur ambition respective, et nul pouvoir n'est institué parmi nous pour contenir la folie des souverains ! Quoi î Les têtes couronnées ne peuvent être ebligées à la Justice , à la tranquillité , à la bonne foi ! et que devient la loi de la grande société !. Les états d'£u* rope sont-ils séparés par de vastes désertSvj^

( 7^ )^ Non : ils se touchent , ils s'accordent pour des loix de commerce ; et l'intérêt du genre humain ne feroit pas des loix contre les trahisons , le« fourberies , les cruautés des princes ? Les malheureux humains seront donc les jouets éternels des passions d'un petit nombre de couronnés qui sacrifieront Thumanité , et l'humanité ne saisîra point la possibilité d'enchaîner ces êtres^violens et injustes ! Il appartient au système des peuples éclairés que le sort des nations cesse enfin d'appartenir à quatre ou cinq têtes ; l'union est synonime de création ; que les hommea veuillent, qu'ils s'«nissent,et ils n'auront plus de tyrans. Union ! tous les miracles te sont réservés ! Les âmes généreuses ne démandent qu'à sunir ; toutes les âmes humaines s'électrisent par le sentiment de la justice et de la liberté : toute nation reprendra tout le feu delà jeunesse dès qu'elle osera demander un gouvernement et des loia:. Voici les grandes époques de résurrections nationales ; on diroit que les François ont été placés pour avertir les peuples qu'ils avoient tous des griefs à faire redresser et des torts à faire réparer. Le François, ayant su enfin se créer un empire non moins solide que celui de la

( 73 ) ▼aleur ^ apprendra à toute TEurope combien

il est facile de détacher le soldat des tyrans

qui le bâtonnent , de Tëclairer pour en faire

des hommes nouveaux ^ de l'enchaîner à la

patrie, de le rendre attentif à la loi, de lui

donner des principes humains, en le rangeant

sous des étendardspatriotiques etnationauxt

tandis qu'il étoit soumis lui-même à la servi-

tude,aux châtimens honteux,et n'envisageant *

dans l^avenir que misère et abandon ( i )•

(i) Eh ! ne peut-on pas les faire descendre au fond de Tame du soldat esclave, ces maximes douces et humaîqes si contraires aux manlsfestes des rois ; ces maximes qui disent à Thomme : enfahs de la même terre , cultivez* la en paix et ne l'arrosez point de votre sang ? Quelle est cette incroyable autorité qui commande les combats , et ce fanatisme plus incroyable encore qui vous y fait voler sans remords et sans réflexions? Mais }e suis Allemand^ mais )e sul$ Espagnol , mais je suis Pié montais ; eh ! malheureux! vous êtes sensibles et mortels; pourquoi épouser la folle discorde des rois, de ces rois si durs, si insensibles , qui ne permettent point qu^on aie les vertus qui contredisent leurs farouches intérêts? Aimez les na» tions dont vous faites partie y et qui vous tendent les bras ; vos amis sont parmi ceux que l'ambition vous &t d'égorger ; que faites-vous le fusil sur l'épaule , et fou-» lant des terres ensemensées ? pourquoi allez-vous affroi^ W une mort cruelle? quel fruit vous reviendra-i-il do

(74) La Ifgue des nations deviendra aussi facile

que glorieuse ; car il ne s'agit que à' instruire

vos fatigues » de vos dangers , de vos blessures ? vous combattez pour des maîtres inhumains et ingrats qui demain vous oublieront. Infortunés soldats l c^est la cause des maîtres orgueilleux, àos riches impitoyables que vous soutenez follement contre celle des pauvres , contre la classe qui vous a vu naître et où sont vos parens , vos frères , vos semblables. Quoi , ees cercles jettes par les rois doivent-ils vous rendre ennemis de vos voisins qui vous offrent la paix et la liberté ? Vous n'avez qu'un instant à vivre, pourquoi abréger encore sa durée? l'existence n'est-clle rien , sur-tout avec les loir que nous vous offrons. Mais nos rois , nos seigneurs nous disent : tue et meurs à mon servide. Aveugles que vous êtes ! la nature et vos propres intérêts vous le défendent ; vos rois et vos se^neurs , qui vous ordonnent d'aller mourir pour eux, vous trompent et sont trompés eux mêmes par votre obéissance; épousez les nations et laissez-là tes monarques^ unissez VOS forces pour contrebalancervos véritables ennemis > ceux qui vous lancent comme des chiens de meute , mais pour manger à eux seuls tout le gibier ; allez, il n'y a dans ce monde que deux classes^ les riches et les pauvres ; ne vous faites pas tuer pour les extravagantes fureurs de tel roi qui n'a pas assez dé trente provinces pour vivre , et qui n'est avide de carnage que parce qu'il veut encore de l'or ; rang.ez-vous du parti des laboureurs , des cultivateurs , des citoyens paisibles qui vous tendront une main amicale , qui vous apprea*

(?5) le fcoldat européen , de le détacher d'un

pouvoir affreux / de lui apprendre qu'il est

homme , et qu'il ne tient qu'à lui d'être ci-

toyen ; c'est - à - dire , Végal de ceux qui

l'envoyoient ^ Zo: mort^ pour leur bon plaisirm

Le code fédératif de l'Europe ! quel plus beau plan ! et combien il est digne de la génération qui va naître ! Que les François et les Angloîs l'entament d'un plein accord , et le succès n'est plus douteux.

Une lumière divine à frappé ce globe.' Oui, il est bien temps que les nations refusent à leurs rois le pouvoir de Jhire la guerre ou la paix ; car de quel pouvoir a - 1 - ou jamais abusé d'une manière aussi horrible ? Toutes les loix humaines ne forment ensemble que ce qu'onappelle la/oi naturelle; tous les honmies et toutes les puissances humai-

dront leurs arts, leurs métiers, qui vous associeront aux travaux de leurs champs. Voilà un métitr ^ hommes l mettez bas ce fusU qui vous rend coupables aux yeux de Dieu et de Thuinanité , tournez-le contre les tyrans de la terre, et venez avec les villageois vos frères recon* noitre Tautoritë des nations , dont les loix douces et avanta geuses à tous sont si supérieures à celles des despores*

( 7M nés doivent être soumis à ces loîx souveraines

instituées par l'être suprême ; elles sont îhlmuables. Les transgressions des lolx natu^ relies sont les causes les p'us étendues et les plus ordinaires des maux, physiques qui afïlîgent les hommes ; ainsi Tordre naturel le plus avantageux aux hommes est pour eux im ^^('c^ir et la mj^/i^ fondamentale de toutes les loix positives ; or , c'est un devoir des peuples de réfréner par un accord unanime les tyrannies des souverains ; c'est un droit illimité qui appartient à l'intelligence de l'homme, et cette supériorité est àe droit na^ turel , puisque l'homme la tient de l'auteur de la nature , qui l'a décidé ainsi par les loix qu'il a instituées dans Mordre moral. Les hommes réunis en société sont tous appelles à maintenir la loi morale , règle éternelle de toute action morale , et de Tordre naturelj^ évidemment le plus avantageux au genre humain ; il n'y a que la cq|moîssance de ces loiac qui puisse établir, le fondement de la société policée , distinguer l'homme des animaux , empêcher les ravages des. princes féroces qui fauchent Tespece humaine pour des intérêts douteux où imaginaires.

C 77 ) ^ Quand le flambeau de la raison éclairera le

gouvernement^ tovLtesles loix positives , nui-, sîbles à la socciëté , disparoîtront ;^Cdr il s'agit ici delà raison exercée, étendue et perfectionnée par l'étude de la haute politique; et c'est au moyen de ces connoissances que les européens , parvenus au point d'adopter avec évidence la marche heureuse des loix naturelles, formeront cette autorité tutélaire dont la protection sauvera enfin les peuples des outrages multipliés que lui font depuis tant de siècles les souverains ; mais dès que les peuples sentiront les avantages de cçs loix suprêmes , ils en seront les exécute(urjs ; alors les princes européens ne pourront se refuser raisonnablement à V obéissance qu'ils doivent à ces loix : autrement ils se déclareroient les ennemis de rhumanité; ce qui mériteroit et ce qui ne tarderoit point à être redressé par l'autorité des loix morales el positives de la grande société. L'heurense révolution françoise (i) pronon-

( I ) Les aristocrates et les monarchiens prétendent que les représentant de la nation se sont permis d'outre-passer leurs pouvoirs ; mais pour sentir combien cette objection e$i foîblc et ridicule, il ne faut que jetter les yeux sur U

cera dans plusieurs parties de l'Europe V affranchissement de toutes les facultés humai"

Uttrc cîrcuUire du roi pour la convocation des étatS' généraux à Versailles , en date du 24 janvier 1789* On y trouvera « qne cette assemblée fut convoquée 91 pour établir un ordre constant et inviolable dans toutes Il les parties du gouvernement qui intéressent le bon- » heur du peuple et la prospérité du royaume. — Pour »9 apporter le plus promptemcnt possible un remède effi- 99 cace aux maux de T^tat, et que les abus de tout 99 genre soient réformés et prévenus par de bons et 99 solides moyens qui assurent la félicité publique. 99 Et Ton y ajoute : « Pour proposer, remontrer , aviser et 99 consentir tout ce qui peut concerner les besoins de 99 rétat , la reforme des abus, l'établissement d'ail ordre 99 fixe et durable dans toutes les parties de radœinis« 99 tration , etc. >3

Le roi dit aussi dans sa lettre du 28 mal 17S99 adns* sic au président de rassemblée nationale : ce Je n'ai pu 99 voir sans peine et même sans inquiétude l'assemblée 99 nationale, que j'ai convoquée pour s'occuper avec nioî 99 de la régénération du royaume , livrée à une inaaion 99 qui, si elle se prolongeoit, feroit évanouir les espé- 99 rances que j'ai conçues pour le bonheur de mes 9f peuples es la prospérité de l'état, n

Il est évident, d'après ces paroles, fidèlement trans* Crites, qu'une réforme totale de la consûtutîon du gouvernement f rançois étoit devenue nécessaire ; que c'étoit l'opinion du roi même » aussi bien que celle de la nano»

nés entravées jusqu'à présent par lag^nt dipUh matique qui a dénaturé les idées , les livres^

entière'; et que c'étoit de rassemblée nationale que Ton attendoit cette urgente réforme.

Une nation se recompose , parce qu'elle veut se recomposer; ce grand objet n'est et ne peut être de la compétence d'aucun tribunal suprême ; il est impossible de changer des gouvernemens d'après des formes et des règles établies ; il n'existe nulle puisjsance supérieure pour prescrire ces regles-là aux hommes; l'acquiescement des peuples imprime une sanction légale à une forme de gouvernement quelconque ; ce que les François ont fait à Paris, au nom et pour le reste de l'empire; les Turcs sont en droit de le faire à Constantinopte* Quand une nation tréuve son gouvernement mauvais; soit que ses ^ces datent de son origine , soit qu'ils résultent des abus ou du hazard , elle fera bien de lui en substituer un meilleur, La loi et la liberté manquoient à notre ancienne constitution , de sorte qu'il ne restoic auctin autre parti à la nation que de la détruire de fond en comble; la révolution de France est juste, ainsi qu*elle le seroit si elle arrivoit demain dans tous les états de l'empire Ottoman. L'accord sincère et presqu' universel dont la révolution s'est opérée prouve que l'oppression de longue durée étoit poussée à-soh comble; et puisqu^un peuple entier s'est soulevé tout-ànroup contre un ancien gouvernement , on peut dire hardiment qu^il a été forte* ment provoqué, et que sa cause est bonne, dans la sitp* position ménequHl en risulteroit dans la suite beaucoup

les écrits ; elle qui n'a point d'autre code que celui de Tabsurdité y qui n'a point fait un seul

d'inconvénîens ; c'est à ceux quî ont provoqué Torage par des dissipations énormes à répondre de Teffet de ses ravages. Plusieurs branches de notre xonstitution , nous nous promettons bien d'en voir Yépreuve ; et en cas qu'elles ne répondent pas à nos vues , nous tâcherons d'y £iire des améliorations en écartant également tout ce qui nous paroitra imparfait ou disparate. £nfin , d'une consfttudon imparfaite nous sommes en état , et nous par* Tiendrons à la fin à nous en faire une excellente -^ notre révolution s'achèvera avec facilité , en peu de temps et aura coûté très-peu de sang.

^"^11 ne meurt donc pas de joie » puisque je ne suis pas mort de joie au premier choc régénérateur, en voyant à Paris les fieres journées du 13 , du 14 , du 17 juillet 1789 , et du 6 octobre de la jnême année; veilà assurément quatre beaux actes : mais en qualité d*auteur ^matique ( pour que la pièce soit un chef-d'o^uvre ) je dis quil faut un cinquième acte.

Les ennemis de la révolution fant sonner haut les émotions populaires; mais dans le moment oii un peuple brise ses fers , peut-il obéir à une timide sagesse ? oubliera-t-on que sans Télan de la liberté , si opposé au conseil de la froide prudence , rassemblée nationale étoit anéantie , Pari$ foudroyé ? et sans la vivacité popu* laire le roi ne se détachoit-il pas de son peuple ?

Le temps qui s'est écoulé entre l'abolition des loîx anciennes et la création des nouvelles ji|'a point été

pas

(Si) , Jiâs Vers la raison depuis trois rfeclés, (jùi de

nos jours met en possession dé V héritage dé

Chaflèfnagnè des gommés dotlt à coup-sûr^

àucùh d'eux ne descend^ et que personnel

ti'a pu leur vendre^ - ';

iin temps d'anarchie ; c^est caloihiiîer la France et le^ François que d'oser le dire ; les entreprises des mauvais citoyens qui nous environiient ont été contenues ; s'il y a eu quelques désotdrjes, ils ne proviennent qtïe d'eux,' Quels sont ces écHvains qui viennent troubler les hautes destinéeSv.çle la. France? Leur plumé est vile et ikien<'' songere ; les événemens h*onwU pas patlé en faveur dece peuple qu^on a voulu pemdre sous dps traits odieu^if. Le sang qu'il a versé étoîi coupable ^ et compate2-le à celui qui! à èparghél la volonté générale a commandé; «n seul intérêt {ferl<^ ; voyei avec quelle énergie ces' Utiles commoti4[>nS se sont propagées dans toute la Franccr' Mais ixous^yotiliojEts avoit cm» chambre des pairs comme en Angleterre ? Quoi ! c'est pour, cela qile vous voulez* établir un g^buyernement contraire à. *la constitution } L'Angleterre forcée j lors de sa révolution , de illettré eri équilibré des résistaiïces qu'elle ne pôiivoit surmonter ; ^ adopta la vhafnhre des pairs , ei la Souveraineté fut pana* ' gée , la souverûheté qui de sa -nature, est iftdivîslble ; lious avons bien -.fait d'éloigtier cette chambre qui auroit cpqçencrë l'aristocratie et tous les miaux qu'elle enfante* Que veut le peuple ? égalité dé droits et la cessation dvi mépris. Que veulent les grands ? tout : distinctioiis j j^ichésses ', privilèges , et mépriser tous les amres.

Page 1