Tome II. <i
Anjourdliui toutes les puissances de la
k noblesse et la dignité inséparables des idées inmiDables; la ptepoaitiofl Imfie de Meaupou , la prétention mons* tnieuse du hien-aimé, tout devoit tomber devant ces ji* rites innées si étroitement liéei à la digmté de rhomme et au bonbeur des nations. Ainsi Monuigne écrivoît ses Esséds Philosophiques la fflème nvit que les massacrenss de Charles IX enfonçoîent le poignard dans le coeur des proiesans , parce qnlls avoient fait embrage à la cour et à Catherine de Médicis*
Quand Claude Fauchet, précUcateur du rot , a pr»f nonce dans la aétropole de Paris , le 4 février 179L9 ks paroles suivantes : « Nous célébrons la (ète et FannU Yersaire de la stmoiisslon d*un roi à la souveraineté do peuple» source unique d*où, selon Tinstitution de Dieu et Tordre essentiel des choses , découle toute puissance nationale ; noui solemniserons ce moment où nous ap^ plaudimes à ce prince citoyen qui avoît déposé dans le sanctuaire de la législation le diadème du despotisme pour recevoir la couronne des lois, la chaire de vérité retentit ce îpur-là. d!une grande nVtf^» et \c$ Choiseuil , et les Meaupou, et tous ce$ infimes ministres, qui assassi, noient la bi , sont voués au pépris auquel les livre la voix du génie et de la vérité. .
Qu'on se rappelle que la poésie elle-même trompoit la cause des peiq>Ies, en fagomant d'une manière basse le moxnrque. Voltaire £iit un poëme lyrique pour la cour ; il est imprimé dans ses ceuvres; c'est le Temple de la Gloire i là^ Loftis XV est un Trajani Trajan ae va
( 99 ) terre ne sâttrolentnoiis arracher Jlotre liberté)
que nos ennemis accumulent tous leurs ef-*
forts ^ ils seront vains , nous pourons braver
la ruse ainsi que Taudace ; les ordres privi--
iegi^s sont morts, et ne prévaudront jamais
contre le droit de la nation : car utie telle
masse de volontés est faite pour se faire
obéir.
Mais que n*étoit41 lu et mis à profit lors
de son apparition ^ ce code immortel ^ ce
Contrat Social (l) ^ base inébranlable des
|K>int chercher la gloire , c'est la gloîfe êd personne qi:i vient chf rcher Trajan. La gloire vient donc chercher et couronner Louis XV; puis le Temple de la Gloire devient et n^est autre chose que le Temple de la félicité publique , dont Louis XV est le pontife.
Voilà ce qu'a fait Voltaire pour Versailles à Tâge dô plus de cinquante ans.
' (i) Cétolt autrefois le tAoïtis lu de tous les ouvrages de Rousseau. Aujourd'hui tous les citoyeiis le méditent et rapprennent par Cœur.
' Observons ( dît M. de Mirabeau ) qu^avant Tindétendance de TAmérique angloise , le Contrat Social àvoit paru. Le* républicain philosophe a éclairé les héros de h liberté. Jusqu'à lui > la plupart des publiciste $ Svoicnt raisonné comme des esclaves entendus de leurs tndUrei^Oïi avoîent employé tout Icfir esprit, comme
empires, guide des lëgislateunPÀTec queU*
Mêntesfuitu , pour juitîfier ce qni est , et fiirder nos ifisdtimoBi dTun Ternis trompeur. Lui seul, ècofaorlci droits naturels de rhomme , écartam la poussière et U sable , c'est-à-dire, ces relations eztérieiires de ibiblesst et de puissance , de richesse et de paurretè , d'inégalité €t d'aristocratie de toute espèce, a découvert les fosi démens réels de la société. Il a montré que Tédifict ftortoit à fiiux par -tout où il n*étoit pas assis sur 1^ base du consentement des hommes et des conrentioB» fécîproqnes. Non , îamàis on ne doit parler de la libeni sans payer un trlhut d'hommage à cet immortel vcngeut de la nature humaine.
Redisons-le sans cesse , la loi est l'expression de b Tolomé générale. Quand la loi n'est pas l'eiprfssioa formelle de cette volonté , la loi n'est plus loi. Ce n'est plus ce réciproque , ce solèmnel contrat de k nadoa avec la nation. Cest une volonté arbitraire qw n'est l^lus obligatoire. .
Comment serois-je sounûs , moi, à un contrat daât lequel je n'aureis pas parlé? Quel est, sur le g^obe, f être privilégié , mon semblable , qui prétendroit me soumettre à des décrets à la formation desquels il att« roit concouru tout seul? Fadiris mquas dUamus Uges. Voib , voilà les paroles qui sont écrites en caracteies étemels sur la terre , dans les deux et dans les ceBurs. m Lesloix, £t Rçusstau ^ ne sont proprement que les « convendons de l'assodation civile. Le peuple soumis >• aux loix doit en être l'auteur, Afiq que le Comiat
(loi )
sagesse , quelle profondeur et clarté de prin^ cipes Rousseau n'a-t*il pas discuté sous tous ses rapports la nécessité de cette division dm pouvoir; avec quelle force ne pronve-t-il pas que de cette division bien entendue il résulte qu'on ne peut unir le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif de l'état ni dans la main d'un seul homme, ni dans les mains d'une même classe de citoyens ? L'intérêt du peuple est de ne jamais soufirîr la réunion de ces deux pouvoirs, et ce préeepte est de vigueur ; un péril imminent pour la liberté publique pei^t faire exception^ mais alors la gravité du péril et l'importance de la dictature annoncent assez qu'ils seroient l'un et l'autre d'une très-courte durée. Toutes les nations libres et toutes celles
»• Sodal , ( ajoute le grand homme ) ne soit pas un vain u fonniilaire , il renferme tacitement cet engagement M qui seul peut donner de la force aux autres , que ^ quiconque refusera d'obéir à la volonté générale y %> sera contraint par tom le corps», ce qui ne signifie Wf autre chose » sinon qu^on le forcent d^tre libre. Qui n dit une loi , dans un état libre » dit une chose devant il laquelle tour ôtojen doit iicmUer, tt le roi tout le s» prsmier.
( loa )
qui voudront exister ainsi ^ ont eu et auront le plus grand soin de diviser ces deux es-^ peces de pouvoirs; le troisième , dont on parle encore en Angleterre , est non*seulement chimérique, mais il seroit encore dan-r gercux^ et Iqs Anglois touchent sur ce poin^ là à une reforme indispensable (i).
La . désunion .des pouvoirs est donc de toute nécessité ; Cicéron , en parlant de la première institution des roisj nous dit positi*
( X ) Il y a long temps qu*à Londres on entendolè prononcer solenneUement ces mots» U majesté 4m ptufUi anglois^ et ces mots nous £ùsoient rire, comme ces nègres brutes qui vous regardent en riant ^ lof squ'ib ne comprennent point ce que vous leur dites^
Nous avons eu une idée qui , bigarre au premier as« pect > ne Test plus au second peut-être ; nous voulions que le joiu: de la confédération général^ on élevât au milieu du Champ • de * Mars un trône superbe qui seroit demeuré vnîde ; ce trdne eût rcprésemé la nation^ de laquelle dérivent tous les pouvoirs. A côté, mais pliis bas 9 auroicnt été deux tabourets, pour les deux premiers délégués de la naden, le pouvoir législatif et le pouvoir executif; ils eussent été occupés par le président dé l'assemblée narionale et par le roi. — Ce spectacle eût rappelle que le peuple est la source unique de toutes les autorités; car cette Vérité ^, quoique connue , ^ bçsQin d*étre souvent «anifesté^ avçc éclat,
t xoS) irement ; gue le premier moyen dont ils se servirent pour substituer leurs volontés à l^ autorité sacrée des loix jfut de réunir en leurs personnes la double puissance de créer les loiœ et de les faire eœécuicK
Ce passage précieux a pu édaîrer et ins^pirer Rousseau ^ xnais celui-ci attaqua aved toutes les forces d'une logique puissantes et serrë^ cette union monstrueuse j source d^ tous les maux. Il réidifia la politiqiie de» peuples dans ses fondemens/ il fit tcmt que les rois ou les magistrats héréditaires &*avoient exercé une autorité absolne iur le peuple que lorsque , par une adresse criminelle y ils éuSient parrenus à usurper et à s'arroger Texercice de cçs deux pouvoirs: il marqua cette propension du pouvoir par degrés insensibles vers le despotisme qui tue l'espèce humaine ; il soutint qu'il aeroit impossible nomitiément aux François d'obtenir au<?iine répwation jusqu'à ce que le peuple sentît la nécessité de se donner des loix qui fixassent le mode de son gouvernement ( 1 ) ; 'il parl^ enfin le premier
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(i) Le stupide cric aujourd'hui à Tanarchie ; il y ; anarchie par-tout où les loix ne ibot plus respectées
f to4)
parmi noBS, et en ternies clairs etposîtifsj def
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eu lorsque le gonreraeinem est sans ponymr, et le pe* pie sans liberté : Y Anarchie régne constamment chez les Turcs , p^çe que , si les ministres de Tautorité souveraine font ai|).oiird*hui mourir les petits sans justice ^ demain les petits s'assemblent conune des furieux , et assassinent également les ministres. Aussi , dans le pays des Tunes \ on se dit adieu le soir , parce que personne ne peut'cOiÉiptèr sur une nuit tranquille, et qu'on Ml dort jamais d'un bon somme qu'à Tembre de la loi.
*Mais Y-^^iarcfiit n*a jamais régné en France , mtm% dans le^ momçns les plus orageux. Mais nous ayons vu se perpétuer long -temps .une sorte d'anarchie douqt et silencieuse , et non moins déplon|ble. Dés qu'un' homme nob!e ou puissant parloit aux magîscrats , les loix se taiioâent. Ces loix étoieiit les toiles d'araignéet' qui prennent les mouches et cédant tonjoun aux oiseaux de proie. Nous ayons tu les nobles aifoiblir sourent \% pouvoir du ministre, et détruire le nunistre luln^mpi^ quand il n'obéissoit qu'aii^roi et non pas à la cour, eu au moindre suppdt de la noble valetplle. Cétoit tonjours pour obliger un noble, c'étoit pour emichir un. noble pauvre, qu'on nous prenoit notre argent, notre industrie , nos sueurs et notre liberré. Nous avons vu l^tat menscè de tomber en dissolution ; la cessatioa des revenus avoir fait disparoitre le numéraire; toutes les sources du crédit étoient taries : la circulation universelle menaçoit de s'arrêter; Padministratiou des finances qui
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assemblées solemnelles et successives de I4 nation , dans lesquelles résidoîent essentiellement le pouvoir législatif. Le Contrai^ Social bien lu ne permettra jamais que la tyrannie ressuscite , ni que ses ossemeuS: «oient rapprochés.
Ce n'est pas ( et nous Tavoms xépété plu« eieurs fois ) qu'il esdste invariablement un9 constitution de gouvernement unique? et a^ ^olue. Il peut y avoir autant de gouverne^ mens diffërens en nature que d'états en? grandeur ; mg.is par - toui la division despouvoirs est indispensable ; par -<• tout tui'^ peuple est assujetti dès qu'il est dépouillé du droit de faire ^q% loix ; par-tout la royauté sera tyrannique et punissable quand elle parviendra à réunir dans %^% mains tme dou-
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embrasse tout, notre armée , nos flottes, nos subsistan-' ces , nos arts , notre commerce , notre agriculture , notre dette nationale, étoit plongée dans le cahbs le plus ténébreux ; et la France se Toyoît rapidement entraînée yen la catastrophe qui, anéantissant toutes les lolx, alloic fùx% naître toutes les horreurs de l^anarchie.
Nous les avens évitées; cependant les ennemis de h constitution nous reprochent tous les fflaux.qu*ils ont eccâsionnés, qu'ils occasionnent et qu*ilf oecasiooneroml
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hle puissance (i) ; car si l'état a un prince ,' êa force n'est que la force publique concentrée en lui. Si-tôt qu'il veut tirer de lui-même quelqu'acte absolu et indépendant, la liaison du tout commence à se relâcher; il est évident que si le prince avoit une Tolonté particulière plus active que celle du corps législatif^ et qu'il appuyât sa volonté particulière de la force publique remise entre 8e$ mains , alors on verroit nattrc deua^ sou-^ çerains ^ l'un de droit et l'autre àe^fizit; que deviendroit l'union sociale? le corps politique partagé en deux seroit dissous ; la liberté exclnd l'arbitraire et la violence.
(i) Rome, dans son plus bel jge , vit nain* dans f oa S^ tous les crimes de la tyrannie , et se vit prttt à périr, pour avoir réum sur les mtoics têtes rautmiA légjuiatîve et le pouvoir souverain.
( J. J.Rousseau, Contrat Social^ du Lépslattur,)
Resiarquons que notre auteur , qui, à chaque ligne de ses écrits , a voulu prouver que , sous quelque mode qiil& soit établi , le gouvernement dépend entièrement de la volonté et de Tapprobation du peuple, est d'accord avec St Pierre qui , dans sa première épitre , appelle tout gouvernement la créature de Thomme , ( il est aind C3(primè en hébreu ) ou l'œuvre de la main dOfr hommes.
f 107 ) Si donc on s'ëcarte du pacte social, Tassociation devient nécessairement tyrannique ou vaine , car , dit notre auteur .: « chacun de nous a mis en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale , et nous recevons
en corps chaque membre comme partie in« divisible du tout. 9»
De sorte que la puissance souveraine ne se trouve que dans la réunion des forces prépondérantes ( i ) ; toute force qui n'est
(i) En ce moment les ambassadeurs d*Ang1eteiTe et de la Haie font à Varsovie de grands efforts pour engager la diète à une alliance combinée avec la Prusse» la Grande-Bretagne et la Hollande ; ils présentent cette alliance comme le seul et dernier moyen qui reste à la république de conserver son indépendance. La juste défiance qu'inspire la politique perfide de la cour de
Berlin sera le. plus grand obstacle à ce projet ; mais quelque parti que prenne la répi^Itque, elle semble destinée à devenir la proie de J'atgle impé^àl ou do vautour prussien , peut-être même de tous les deux» Cette catastrophe inévitable sera le fnm de la vanité des pobles Polonois ;' appelles dans ces .derniers temps i la fégénération de leur patrie , Ut ont dédaigné les conseils et les plans de Vimmorul auteur du Comrjit Sàcialiiïs ont repoussé, avec, un.ieroce orgueil la bourgeoisie polo*; noise > qui réclamoit lexereice des droits dii cit0}ren;
(io8) pas compara à une antre force est une puissance îmag^aire^ et la puissance sonye» raine n'est' que la force prépondérante à tout: c'est donc yëritablenient la, puissance nationale; celle-ci peut faire violence aur uns ( comme Ta dit Condillac ^ ) pour assu* rer la liberté des autres ; cette puissance protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé ; son régida- •feur^ c'est la loi^ car le gouvernement es!^ nbre lorsque les loix règlent Tusage de la puissancesouveraine ; elle eiBlt prépondérante en ce qu'elle est nationale ; elL» est ftutorisëe à mettre un £rein à la licence , parce qu# la licence de plusieurs nniroit à ta Hberté àfn tous.
Ëh ! plus le peuple est nombreux ^ pTus ît faut que le corps du gouvernement ait une fxistence prépondérante. Dan^ un gr^d empire la force réprimante doit augmenter
respectivement ; ainsi le corps de Vétai
ik OBI coneeiitfé dons leurs iftaint'la teiiveraûnetéf ttiGemacrè la senritadedela nation Polenoise; Us sefom cODcpiU , et le penplo Polonois trouvera pcnt-ètre seul le joug autrichien ou prussien un adoudssenient à I9 êinmtdé fiodaU ipii l'oppnne.
( 109 ) iàolt obëir habituellement au corps du gou-^ rememeni; mais dans les cas extrêmes et lorsqu'il s'agit de sacrifices, nécessaires , le. gouvernement doit céder à V état et non Vétat au gouvernement (i)«
(i) Les termes rersent quelquefois de Tobsciirité sur les idées ; mab ici on me comprendra sans doute ; fante ^'expressions absolument déterminées , Rousseau luimtmc devient obscur^ et il n*en disconvient pas , témoiB €c passage qui rentre dans mes idées : ci L'acte d*ass<^ if ciation produit un corps moral et collectif composé m d'autant de membres que TassemUée a de roin, lequel m r^it de ce même acte son unifié , son moi commun » •t sa vie et sa volonté. Cette personne publique» qui «> se forme ainsi par l'union de toutes les autres, prenoii e» antrefois.le nom de cité , et prend maintenant celui do •» répuUique^ on de corps politique, lequel est appelle •» par ses mdnbres ttai, quand il est passif; souverain 09 quand il est actif; puisséuice , en le comparant k ses m eemblables. A Tég^rd des associés, ils prennent coUec* n nvement leAom deffupUt et s*appelleiR en pardcu* » lier citoyens^ comme participans à Tautorité, et sujets^ M comme soumis aux loix de l'état. Mais ces loix sf n confondent souvent, et se prennent Tune pour Tautre ; I» il suffit de les savoir distinguer quand elles som em* I» ployéei daas.toute leur précision, »f
( J. J. Rousseau , ConUût Sociétl , liv. I » chap. vi, 4» Pm€ Social. )
( tio )
Quelle dignité Rousseau ne danne-t-il pU
à des vérités si importantes au gente humedii^ 8oit en léis, jugeant par leur identité âyec la saine raison ^ soit en les considérant par les faits , que toutes les nations ont joui dé temps immémorial du droit de consentir la forme de leur gouvernement ; et avec quelle majesté il s*exprime sur ce sujet!
fc Je n9 m'arrêterai point , dît-il ^ à. re« cherclier si • la liberté étant la plus noble des facultés de l'homme , ce n'est pas dégrader sa nature , se mettre au niveau des bêtes , esclaves de Tinstinct , offenser même Fauteur de son être , que de renoncer sans réserve au plus précieux de tous seu dons , que de se soumettre à commettre tous les crimes qu'il nous défend^ pour complaira à un maître féroce ou insensé ^ eb si cet ou<^ vrier. sublime doit être plus irrité de voif détruire que d'honorer son plus bel ouvrage ; je demanderai seulement de quel droit ceux c^ui n'ont pas craint de s'avilir eux-mêmes jusqu'à ce point ont pu soumettre leur postérité à la même ignominie , et renoncer pour elle à des biens qu'elle nq tient point 4e leur libéralité , et sans lesquels la vie
même est onéreuse à toiis ceux qui en sont dignes ( 1 ).
( I ) Rien nVxîste presque plus aujourd'hui de ce ^ êxistolt II y a quelques mois. Ce qui lîVnstoit pas a été créé ; tout a perdii son ancienne forme; tout a acquis ixam forme nouvelle ; tous les principes, tous les pouvoirs ^ tomes les loix , toutes les idées ont changé de nature ou de caractère : nous s ne formons pas seulement ti« royaume , nous formons une nadon ; nous sommes re* montés au rang des peuples. L*homme a reconquis ssi dignité originelle : tous ses droits lui ont été rendus » toutes ses facultés ont été mises à son usage; le cîtoyea €St devenu Tégal des autres dtoyens aux yeus de la loi ; toutes les distinctions ont été détruites» toutes let barrières abattues » toutes les lignes de démarcadon effacées* Les loix elles - mêmes sont devenues notre 4^vrage : nous ne connoissons plus d*autre autorité que la leitr; nous avons placé toutes les espèces de pro* priétés sous leur sative garde j le pouvoir arbitraire est aiiéanû. La liberté publique a été fondée ; la liberté individuelle, qui est la seule base de .la liberté publique* 1^ été aussi. Nulle puissance humaine ne peut plus attenter à la personne d*aucun citoyen. La loi seule s*é^ tend sur la France. La terre elle-même est devenue libre* En un mot, c^est bien encore le même sol, c*est le même pays , ce sont les mêmes hommes ; mais ce n*est plus ni le même peuple , ni le même empire. Sans nous arrêter sur les causes qui ont amené ou accéléré ce9 évènemens si brillans et^i mémorables, elles appartîen-
n est ridicule (dit Mably) d^attendre , dan9 une monarchie ou dans un gouvernement
iicnt déjà à l'histoire , et ce sera pour n6iis , dans la pos« fèritè , une gloire immortelle d*en avoir été les auteiui et les témoins^
La postérité apprendra avec une profonde reconnois* sance que nous nous sommes tous réunis pour cette grande révolution, doxu elle jouira encore plus que nous* snèmes ; que le monarque, les représentans de la nanon, les citoyens » le peuple » nous avons tous voulu la li* berté i la fois ; que ce a*a été de notre part k tous q[tt*un même effort et qu*un mime vœu , et que c'est à ce concours si admirable de sentimens et de volontés qu*on peut seul attribuer ua suœés aussi étonnant et
aussi rapide. I
La postérité apprendra avec un juste ètoiUMmient quo * fi peu de malheurs éclataas aient accompagné iMie com* motion aussi imprévue, et qui s*est fait sentir f une extrémité de Tempire à l'autre i qu'en remuant les antiques fondemens sur lesquels la France étoit assise depuis tant de siècles , unt de décombres aient occasionné, en tom* batit f si peu de ravage ; que dans Tespece d'aqardiîe q|tti a dû exbter un moment dans ce passage si rapide d'un état anden à une constitution si nouvelle , il y ait eu encore autant de respect pour Tordre public, et au* tant d'exemples de cette soumission que les loix exigent; et qu>nfin nous ayons eu la gloire d'être le premier j peuple de la terre qui ait exécuté d'aussi grands change;^
aristocratique j
•aristocratique^ des loik justes et raisonnables. Comment un monarque ou des patriciens d.édaigaeux jouiroient-ils de la puissance législative , sans que leurs passions , plus aveugles et plus emportées* que celles des autres hommes^ ne tournassent toutes à leur avantage particulier ? pouvant tout , ne voudr oient-ils que le bien ? leurs flatteurs mêmes ne les empêcheroient-ils pas d'exécuter leurs projets ?
Le même auteur si respectaible ajoute : ce Dès qu'un peuple se sera réservé la puissance législative, soyez sûr qu'il aura bientôt les loix les plus sages et les plus salutaires. Un républicain , assez .fier de sa digYiité pour ne vouloir obéir qu'aux loîx , a naturellement Tame droite, juste, élevée et courageuse. Qui s'accommode de 1^ domination des Jiommes doit être prêt à respecter des caprices , des injustices et d^s folies ; son jugement perd . A force de respecter les loix de l^ur sultan , les Turcs se
nens avec des combinaisons si paisibles , et qui ail recréé son organisation toute enûere avec tant d'activité tout à U fois et unt de sagesse.
( De Sez€f Plaidoyer pour U /?•••• de A«M«f..)