Tome III li
sont accoutumés à regarder ses ordres particubers comme des loix. Il n'y a plus d'autres vertus pour les sujets d'un despote , que la patience^et quelques utiles qualités des esclaves coQipatibles avec la paresse et la crainte. Si un peuple jaloux de sa liberté se teompe quelquefois ^ ses erreurs ne sont que passagère^ , elles l'instruisent même ; mais pour les hommes asservis Isous le joug, leur première faute en prépare infailliblement une seconde » (i).
(t) Comment saisir avec précision ce point politique'^ m les citoyens seront obligés d*obétr aox magistrats, tandis que les magistrats demeureront eux-mêmes souf nis aux lois \ CeK ea partageant la puissance publique. Lisez rhisteîre des peuples anciens*et modernes, vous verrez que ceux qui ont retiré le plus grand avantage de leur g#uvmiemerit, ce sont ceux qui ont abandonné la puissance législative au corps entier de la nation , et confia la piûssance exécutrice à un plus grand nombre de magistrats. 5i un seul ordre de la république fait des loix^ doit-on espérer qu'il soit jus|e à Tégard des autres ? Si le nombre des magistrats est trop borné , suffiront^ ils à leur emploi ?Uexpérience de tous les temps vous apprendra epcore qu'on ne peut séparer avec trop do soin la puissance législative de la puissance exécutrice. C'est pour n*av#ir par fait cette séparation nécessaire, que toutes los républiques de la Gtsce, à l'exception de
Puisque nous avons sagement dhrîsë ton»
les actes de la puissance nationale en voUsnti et en eœécuîion; que nous n'ayons reconnu dans Tordre social que deux pouvoirs y neus voilà au-dessus de nos voisins les Anglois (i)^
lacédémone » se firent que de vains efforts pour fi)rfnér im gouvernement qui réunit les avantages du gouver* pement populaire et de rarîstocratle. Dans les unes, le peuple législateur, qui s'étoit réservé le droit déjuger les jugemens de ses magistrats , de réformer leurs sen« fences et d annuUer leurs décrets, n*avoient en effet point de magistrats , et faisoient inutilement des ioix : dans les autres , les magistrats aya»t trop de part à la législation , txerçoient sur le corps entier du peuple le pouvoir ^Hls ne* dévoient exercer que sur chaque particulier » et dès-lors kurs passions très-libres o*étoîent pas sou* mises aux Ioix. ( Mably. )
(i) Les avantages de la constitution britannique sont Eakucés par tant d*abus qu*on est forcé de gémir sur ua peuple qui , avM tant de fierté , de nchesses et de hinderes , publie que la constitution d^in état doit être parfi^tionnée sans cesse , que quand les Ioix vîeillisent, il Jie faut point rester attaché par un orgueil opiniâtre à. des formts qui n*en imposent plus ; ce n*est pas en s*éxaltant nma^atioa qu'un peuple protége^ ou étajre sa liberté. Les grands mots dom se pavanem les Anglois ( dttpcs de leur andesne charire ^ ) ne répareront pas les
Ha
qui ont compliqué , à leur dëtriment ixi&Xïi^ Jtste , la machine du gouvernement : car cumuler les pouvoirs sans nécessité, c'est empêcher l'action ou la volonté , et c'est détruire le méchanisme le plus favorable à l'administration.
L'égalité légitime parmi les membres diih même état est de l'essence de tout corps politique ; touô indistinctement doivent être soumis aux mêmes obligations , et il n'est plus permis au législateur de charger un citoyen d'un fardeau qu'il ji'auroit pas imposé à un autre ; par cette institution salur taire y -des volontés et des forces que la désharmonie rendoit ci - devant nulles acquièrent par leur jonction une énergie et ime activité considérables.
Eh ! qui peut s'opposer à un peuple îmmenae et libre qui veut renfermer sa puîs« sançe dans les limites de la justice et celles des loix ; qui veut donner au monde le spec-* tacle nouveau de citoyens-soldats , et de soldats-citoyens unis par tous les nœuds de
torts qu'ils se font à eux-mêmes , faute de loix mu* vclUs ; et avec leur amour insensé fonr Us trois poup^m^ ils ont besola eux d'une révision solemnelle.
ramOTir de la patrie , par ceux de la ccnrcorde , de la valeur et de la fraternité ; qui veut appeller désormais à la grandeur de set destinées les autres nations ? Plusieurs de noff voisins considéreront, tôt ou tard, tous le» avantages de la constitution Françoise et le soleil de la liberté qui vient de se lever pour "nous ; ils aimeîfbnt à en partager les purs^ rayons. O libertél noble passion des grandesémès ! Malheureux celui qui ne goûta jamaîa tes plaisirs inexprimables ; ttois fois heureux c«lm dont tu as ceint la tête de l'honorabla eoiÏFonne de citoyen (1)1
-\i) Cisc ube tfès-gralide erreur en politique d'xma^ l^ûtrqoe lar fréquence des assemblées paixicnlieres de» dtojreos peut nuire an bon ordre ; rien y au contraire » AlMiiehe autant Phomme: ksa patrie que Thabitude de tf^KCu|>èr des intérte publics ; rien n'^leve autant les àâi^es; et \ts empécfae de so concentrer bassement dans le traCïà dM- rixes pardauHeres, que cet esprit de dignité 9i*occasionne le- spectacle imajesteetn du corps légiskâf ; 1^ Pautoritè duquel 'chaque membre se sent parti* dper ; rien enfin ne resserre autant les liens qui doivent timr les citoyens entr^eux comme de se ti'ouver souvent iicssefQblés poiurdlscutër leurs intérêts communs. Là ^ le dRoyén' apprend -«4 se «iIsspieGCcr lui-même ;^ là, on le détourne des affections qui rétrécissent Tame, et on le
( ii8 )
Eh ! pourquoi nous seroit-il défend»
d'espérer la civilisation de l'Europe , puisque nous ayons à lui offrir notre sagesse et notre prospérité ; puisque nous pouvons lui proposer , avfec les idées nouvelles, d'établir sur les débris de ce colosse de puissance ( abusant de la souveraineté pour opprimer les peuples de qui il tient tontp sa grandeur ))^ d'établir un temple à V homme ^ à son îndé-. pendance et à saliberté, W homme qui se rè^*.
rend capable de grandes dbesat ; les conirs i^eiifiaK aux impressions patriotiques et deviennent tciwiMeti aux attraits de la gloire ; si ce doit itre unit içgle générale pour tous les peuples jaloux de leur Bkerté, de se réserver la nomination de leurs magismfif il ca résulte en mèoie* temps pour les peuples libies m désir de Tesiime , une instrnctioa sur le caradeast ei les acdons de ceux qui eat bien mérité de 1» pat«j#i delà l'ardeur d'approcher de ees grands modèles pow partager leur gloire et leur riqompenie; Vespfii pMi$ devient un sentiment inné dani tout les cecyn^ air.ce feu divin une fois animé, y afiqMi^t.ttneacdvîié.etiii|p permanence qui remp&cUent de s'y éteindre ou de s'y refroidir jamais.
Le cardinal de Retz rappelle dans ses mémoires cpi^il m put jamab faire comprendre à b reilie régen|e (Anne d'Autriche) le sens de €0:njU)t<» k Hfkputlk; «tAOïiS le croyons sans pcîno. .i *;.- ..:
saisira de ses droits , si long- temps méconnus ! Les hommes , .déposant la férocité de l'obéissance passire , examineront de toutes parts V autorité de leurs rois^ et la li'* berté s'avancera sur les traces sanglantes de^ dominations absolues et tyranniques. •
Pourquoi notre exemple n*opéreroit-il pa» le salut de pliisieurs nations voisines ? Ces peuples, en considérant quelles sont la splen* deur^ la puissance et la majesté d'ixn étaâ libre ^ chériront le règne des loia:; notre exemple les sauvera de Tesclavaige ; eh ! que feroit alors toute la puissance des courons
nés contre Surdon des hommes brûlant d'un
saint amour pour la liberté ? Cet amour est fait pour électriser ^ à une très-grande distance^ toute Fatniosphère politique de Veurope.
L'union prochaine des \ peuples ^ ami»
d'une régénération nécessaire qui pose des bpmek diupouyoir destructeur \ cette union ^ par la pente des choses et dea lunsieres , 6era comme un mur 4'ag:ain contre lequel viendrcmt se briser,tous les manifestes ,, et s'a^ néantir tous les efforts^ de ceux qui depui» tant de siècle^ ont attaqué ^ par les ruses el les violences de la tyrannie , les droits de Vhomme pour satisfaire à leurs af^étite* fé^
( ï^^ ) roces, saiigaMàii^es ; car c'est atuc nations à se
sauver elles-mêmes y et npios lenr en avons
tracé le plan. '
N'est-il pastènïps , et n'est-îl pasàsonliaîter' pour FEnrope qu'elle échappe aux excès et à tous les crimes de lajefodaliteqm. la tuent ? N'est-il pas temps que tous les états qui la composent ciLcrclient à se réujtir en liberté jjolitique par le moyen d'une confédéral lion générale > dont l'effet seroît de ga» rantir à, chaque état confédéré la forme nouvelle de gomernement qu'il lui plaîroit d'adopter et Je lui garantir , aoît contre les entreprises des états co - associés , soif contré la rébellion des couronnés Mangeurs de peuples \^% préserver cliaque nation du malheur d'être avilie^ et du matheur , presqu''ànssi grand, de vouloir conquérir î de décomposer ^i;i&.i\. de toutes parts ^ ces inventions de l'orgueil et de l'ambition à l'aide desquelles ils cTnt créé ces offensantes variétés qui dépriment l'homme*, courbent son ame vers la terre, et accumulent les préjugés pour grossir ses infortune^ ?
O peuples de l'Europe , dissipez toutes ces chimères , enians du délirp et de la vanité X Ce sont c€s' arnioiriès y fcette noblesse ^ cet
dignités , ces rangs ^ ces préséances , ces grandeurs qui forinent tous les anneaux des ' càlamîtës publiques et de tous'' les désastres particulier^ (i)* ; "cette hiéraréhie monstrueuse
( I ) LTiommé est né libre , dit Rousseau , et par-tout il est dans lès fers ; si je ne considéroîs que la force et IWet'qui en dérive^ je dirois : tant qu'un peuple est contraint d*obéir çt qu'il obéit , il Êiit bien ; si-tdt qu'ilpeut secouer le joug^ et qu'il le secoue, if fait encore mieux; car recouvrant sa liberté par le même droit qui la Im a ra^e, qn il est fondé à la reprendre, ou Ton ne l'étoit poim à la \nî ôter. Mais l'ordre social est un droit sapré qui sert d^base h tous les autres. Cepeadant ce droit Me vient point de la nature, il est donc fondé sur des conventions jf il s'agit de savoir qu'elles sources conventions. I .
Il est douteux , selon Grotius , si le genre humain appartient à une centaine d'hommes, ou si cette centaine d'hommes apparôeac au geme humain ; et il paroît dans tous son livre pencher pour le premier avis : c'est aussi le sentiment de Hobhes ; ainsi voilà l'espèce humaine divisée en troupeaux de bétail , dont chacun a son chef,, qui le garde pour le dévorer.
Comme un pâtre est d'une nature supérieure à celle de son troupeau , les pasteurs d'hommes , qui sont leurs chefs , sont aussi d^une nature supérieure à celle de leurs peuples. Ainsi raisonnoit , au rapport de Philon , l^empereur Ctf/igffAf^ concluant assez.bien de cette ana-^ logie que les rois étoient des dieux , ou q.ue.les peuples^. étoient des bêtes»
( iM )
porte à son sommet le monstre de la guerre^ et c'est lui qui vous prend pour yictimes; c'est lui qui vous ôte le titre de citoyens^ qui^ détruit la liberté ^ l'égalité, la majesté de l'homme»
ï^euples de l'Europe ! adoptez notre révolution ; ordonnes le passage rapide de la
' Le laUoonemeiit de ce Caligula. revient à celui. dt. ÈMts et de Grotius ; Arisunt avant einr tous avoit dk anssi que tes hommes ne sont point naturçllentem éffacUsab que les uns naissent pour Tesdavag^ , et les autres pour la domination.-». . •
Je n*ai nen dit du rot Adam , ni de rempeeenr Nbé^ père de trois grands monarques qui se partagèrent runi« ▼ers , comme firent les enfians de Saturne, qii*0B a cm-. reconncrftre e» eux. Pespere qu*on me sera g^ de cette modération ; car , descendant directement de Tun de ces princes ) et peut-être de h branche ainèe-, «pie sab-}e si» par la vérification dies titres, je ne me trowvsrois point le légitime roî du genre humain ? Quoi qulL.en soit» on ns peut disconvenir qn*Adam n*att été souverain du monde» comme Robinson de son ile « tam quH en fut le seul habitant ; et ce qu'il y avoit de commode dans cet empire, étoit que le monjurque, assuré sur son^trâne^ n^ivcMt à craindre ni rébeHion » ni guerre » ni conspirateurs;
( Contrat SocUL )
Nous n^avonsrien In nulle part de phis philosophiqoir et de plus plaisant que ce passage»
libeiité au despotisme ; riiommé est ne pour vaincre la tyrannie, pour abattre tous ce» gouvememens altiers et caducs , quelque cruels , furieux pu perfides qu'ils puissent être.
Les droits et la souveraineté du peuple ! c'est en les discutant avec toute la pompe et lél majesté dontilssoût susceptibles que vous dé* couvrirez lesloix universelles du système mo* rai , dont la première est la plus g^rande félicité possible de . l'espèce entière et de eliaque individu ; alon on ne paillera de nos annales que coqune de temps voilés par des (erreurs dominantes , oà la violence politique^ les injustices éclatantes, les Inreurs royales et Ëilïcence militaire obscitrcissoient Tentendement humain. Peuples dé l'Europe! adq|{tez le génie de notre r(^volution ; alors les maseacres innombrables ^ les attrocités inutiles , toutes les calamités auxquelles le genre hu-* main fut exposé , n'intéresseront plus la sensibilité que dails les pages des historiens ; la convulsion des états à. la voix de quelques couronnés y^t leur bouleversement seront rangés dans la classe des phénomènes , occa^onnés , jadis , par Ticlipse totale de la raison humaine . .'i
Ouï , peuples de l'Europe ! on se joue de Totxe crédulité ; on vous parle de mystères de cabinets^ pour vous tenir à la chaîne et dans les ténèbres. Les intérêts des xiations , la glbire de Tespece humaine , appellent parmi vous Tm graind changement ; il vous suffit de vouloir pour élever ou pour détruire ; osez y et vous verrez pâlir tous ces tyrans révérés ; osez et proclamez le droit inaliénable de rhon^e à la liberté : tout pouvoir légitime est dânsle peuple.' Le peuple qui ▼eut est celw qui triomphe ; le piropre .dnr despotisme &^ de ttie^mbler quand linenaticRit te levé (i).
( I ) Puisque les hommes en général » toujours portés à la mannie ou à la servitude par leurs passions > sont assez méchans b'ii aSsez'Sots pour fairé'des loix injustes et absurdes 9 quel antre reihcde peut-on appliquer à ce mal^ que la désdïéisKince ? Il en nainfaf quelques troD« Ues; niais pourquoi en être effrayé? ce tr6uble est lui-même une preuve qu'on aime Tordre et que Ton veut le rétablir. L'obéissance aveugle est, an contraire , une preuve que le citoyen hébété est indifférent pour le Mèn et pour le mal, et dés lors, que voulez-vous espérer ? L'homme qni pense travaille à affermir l'empire 4e la raison; l'homme qui obéit sans penser se prédr pi|e Mi-deva m de la servitude» {MàUffy.)
Peuples de l'Europe ! votre aveugle sqtrlEtission doit cesser y car feUe engendre les guerres , les trahisons , les assdssznats. C'est à la suite de votre obéissance passive que les hommes viennent successivement se baigner dans le carnage , s'arraChér les entrailles , se renverser dans la poussière , et la terre soumise a\ix couronnés demeure un théâtre é^mel de désolation , de larmes ^ de misère et de deuil. Non , il ne périra point ce vœu dé la philosophie ; à force d'être répété y fl fc'accomplira ^ les peuples de l'Europe seront tlbnfédérés contre les despotes, contre tou* tés les mains qui attachent l'homme à la volonté ou à la tyrannie d'un s€ul\ l'antii^le majesté du peuple , ses droits , sa puis- «&nce vont renaître de toutes parts ; il en résultera des avantages immenses , soit pour les corps politiques , soit pour chacun de leurs membres ; les peuples , las de l'insolence des couronnés^, reconnoîtront qu'une demi-civilisation: est pire que l'état dé sauvage ; car il n'y a point de honte coin- |iarable à celle d'obéir passivement à TamW bkiOH y à la force et aux caprices A^prini en absolus plutôt qu'au droit éclûré , à lai». ji&stice et à la raison des peuples. Ceux-ci
t*ëtdnneront un jour d'avoir adopté si tard lin projet si évideinttient bon y et ils verront JUi longue résistance qui en aura rctai^^é l'exécution du même œil que nous voyons •njourd'hui la répugnance des sauvages- de rAmérique à former des sociétés régulières. Peuples de l'Europe ! une telle confédéni'' IMM» n'est point une chimère ; elle est possi- Ue puisqu'elle vous sera avantageuse , piûs^ qu'elle doit être favorable à toutes les portions iniiividueîles des états. O terre de clésolation ^ Europe ^ entends ma prière ! vm. citoyen , un humble disciple d^ Moussmu §e prosterne devant toi; c'est les yeux 'bdl^ gués de larmes t et dans le recueillement df la douleur et de l'indignation , qu'il te sttffr plie, au npm de l'étemel et d^ génératioiii futures^ d'hoBorer Y homme ^ de ne sentir que cette grande et seule vérité , parc^ ([u'elle descend de cette hauteur où s'enferme l'être suprême source de toute bonté et de toute justice : Europe ! qui n'es plus %pL\m point k mes yeux, ou qu'im individu |car la morale étern^e voit ainsi), je te ^{^plia de soustraire V homme à l'esclavvgf féodaly et de couper les bras à ces enneidb 4e rhumaoijté qui ont vei^é sur elle tintAc
\it%Jrénésies de l'orgueil , tantôt les Tiorrmurs de la guerre , et qui ^ avec des mots dipUhmatiques^ opposant sans cesse l'iioninie à l'homme , ont fait Cour à tour du vainqueur ^t du vaincu ou deux infortunés ou deux iuclaves I
' Europe ! mon cœur nage dans Tallégresse; le françoia peuple - roi consacre et célébra aujourd'hui \à.fête anniversaire Aià saliberté; trois cens mille hommes sont assis autour de moi j et font jaillir une vérité lumineuse . .qui m'étoit encore inconnue , et que moa imagination n'avoit pas même saisie^ Au milieu de tant d'accens et de cris de joie , an sein de ce renouvellement que j'avois entre* «91 et que je n'espérois pas > ja vous invite, •peuples de TEurope, à faire de votre côté ce que nous avons fait du nôtre. La perpétiiité du despotisme n'est due qu'à notre foî- •blesse^ mais il ne dépend que de'nous tous de nous embrasser en hommes libres. Disons : tmissons-nous et nous serons unis ; car nous devons tous sentir (si nous ne voulons pas nous confondre avec les stupides animaux } >que l'usage de la force offensive ou dé/ea-sive doit être réglé par une loi utile à tous. Novs nous correspondons déjà par les arls^
( îa8 )
par les sciences ^ ces véritûbles piassancet'i puisqu'eilles sont bienfaisantes. Eh ! si cette terre y déjà trempée de larmes ^ doit Têtre encore par le sang (i) ^ ce n'est pas celui àm nos ber es en science , en arts, en génie^^ en esprit, que non» devons répandre> mais bien celui des tyrans qui , avec des automates affamés ou bâtonnés , ordonnent à leur profit le meurtre et le carnage. Si le despotisme trouve des défenseiurs , des martyrs ; s'il sait communiquer l'ivresse et l'enthousiasme^ pourquoi le patriotisme et la haine des tyrans ne sauroient-ils pas trouver aussi des martyrs et des défenseurs ?
Amis de la* régénération politique , nous tous hommes libres, nous qui ne voulons ^u^une chose , que l'homme soit rendu à l'égalité de la nature , et qu'il ne s'élève an* dessus de ses samblables que par les talens qu'il a reçus de la divinité / ne fussionsnous qu'un petit nombre , parlons , écrivons^ unis8ons->noua ; déjà je vois le sceptre trembler dans la xbl^ui des despotes ; je vois les iûndemens de toutes les usurpations inso>^
(i) L'empire du malheur n'est- il pas assez vaste?
\ lentes ,
tt«0)
leitteti oi^eillenses , élirattt^s prtf la enn* Tuisîon politique «K mon {>ayvS , cif ainsi le Mut l'ancien arrêt dicté aux premiers jours du monde i ïère de la liberté et des loix doit luLre à son tour , puisque i*ordr9 politî^:jue u'est essent^eileiaerit qU une bran^ che de l'ordie moral. £li I puisqu'il est im*^ possible à la tyrannie et à la violence des potentats de détruire Y ordre moral ; les lumières de la raison et de la philosophie , nos idées politiques , amis européens , ne tarderont pas à se réunir \ oui, pour leur donner plus d'énergie, nous ne les cachons point^ et ce siècle de concorde devant arriver , arrivera.
Kous dirons aux contradicteurs, aux incréi ^v\e%à!eV ordre éterriel^ et qui n'a point lancé . AU hasard le torrent des géi|éfations humaines ; nous dirons aux amans des jnréjugés nap tionaux et crks erreurs vulgaires, à ceux enfin qui, asservis jusque dans leur pensée, rejettent même \ image de la prospérité des nations et de la tranquillité de l'Europe : esprits pusil« lanimes qui ne concevez rien sans les froids calculs des obstacles présens ; vous qui les eimez pour justifier votre inertie | votrf égoïsme et votre insensibilité i vous, potur Tome II.
çp\ fout esf folie an* delà cle votre ^oîtliorison , cessez cle juger ce que vous ne * pouvez sentir; apprenez à respecter les vues ' profondes et les leçons du génie de Rousseau^ en attendant '"que vous jouissiez complette-ancnt de ses bienfaits ; eh ! ne sont-ils pas .' déjà commencés ? . - -
9mjvm
■ ■«w ■■ utwm^mÊmmm'^rmmmm^f^ff^