SECTION VIL
jOj n ji JE x o X r I Lj-, E n'appartient pins au marquis de Gcrardlri ; Rousseau l'en a dé* pouillé par sa mort^ et en a pris une possession éternelle : c'est lui qui désormais en .sera l'unique et vrai propriétaire dans l'imagination . de tous ceux qui viendront le ■ visiter. Cette retraite solifaire eÇ silencieuse est devenue le véritable élisée de son ombre paisil)le ; elle en remplit la vaste enceinte : par-tout .elle vous suit ; par-tout elle apparoît à la pcusée , et le tombeau de cet illustre mort a conquis tous ses jardins à son repos et à sa gloir?. Je ne crois point que ce soit un aveugle îuisard qui ait coniluit ses derniers pas dans ces demeures , si
analogues à son ame et à ses goûts ; «ne
"providence l'y a placé à Tépoque de ses derniers jours, pour déposer ce qu'il avoit de mortel dans ce beau séjour qu'elle lui destinoit : il étoit dû à sa cendre ; et une inspiration secrette commanda à l'opulence de créer cet asyle pour le sommeil pur et .céleste de l'homme de bien (i).
(i) Il fut soumis, ce grand homme» au de spotîme le plus avilissant 5 à celui qui pesoit sur Us amss y et qui comprîmoit fessor de la pensée ; la liberté de !a presse •n'existoit pornt alors j combien il împortoit d'élever un tribunal qui fût le plus grand frein dQS ennemis de la nacion ! Cette sentinelle active a réveillé le peuple au moment qu'on voulok l'enchainer; elle a préparé et consommé la révolution.
Qael est le vrai créateur de i'opinioii publique î
la liberté de la presse ; c'est d'ellequ'émanent les gran-
-.des vérités politiques d'où dépend le. sort de tous les
. peuples de la terre , -et sans elle il n'y a <}ue servitude ,
.« qu'oppression impunie ; les ennemis de la CLVolution
frémissent d'avoir, vu la presse fermer, dan^ les deux
fDondes cette opinion publique qui distribue la gloire
• ou l'opprobrft > siat$. Dieu a voulu qu'il existât sur la <erre une chose supérieure aux législateurs.., aux loix
• elles-mêmes; chose à laquelle les puissances de toute es- - pece doivent i-hçmmage de la soumission et du respect,
ce sont les lumières publiques et leur seul organe,
( i3a ) Il s^adonna à la botanique ; l'étade des plantes étoit devenu soit amusement fayori et le plus doux délassement de sa reti*aite : quel homme en effet ëtoit plus propre à simplifier les méthodes r Ce génie qui avoît percé les profondeurs de la politique, s'étoit dirigé vers les végétaux , ces productions de la nature les plus multipliées et les plus attrayantes ; c'est le goût le plus innocent ^ c'est le plus convenable à un solitaire ; cha« que pas lui ofïre un objet intéressant , chaque pas est une découverte ou une instruction ; on oublie les hommes au milieu
c*est la presse libre; Rousseau n*en a joui qœ chez Tétranger et avec les ^lus grandes difficultés. Que ii*eât41 pat dit de nos jours ?
Et Voltaire, qm n*a rien écrit , ou rien écrit de bon sur h politique » parce qu'en attaquant le haut clergé il ne Youloit pas sans doute se £ûre de nouveaux ennefliûs à la cour et auprès du tr6ne , n*en fut pas moins exilé de la capitale pendant plus de trente années : les charlatans d'églbe et de robe , dUt M. Villette , ne lui ont point pardonné de les avoir démasqués ; aussi ^on^ils persécuté jusqu'à son dernier soupir. La veille de sa mort, la cour lui envo3ra une knrt ât cûchet , le parlement un décret dt prist di anfs , et les prêtres le condamnèrent à la vo'urU.
(.33) des champs , on oublie tout ce qui n*est pas pure création de la nature. Et qu'elle est féconde , radieuse , singulière et piquante dans ses opuscules ! Elle les cache arec soin loin des routes battues , dans les déserts ,■ comme si elle ne youloit dévoiler ses mira* clés les plus ingénieux qu'à des fayoria dignes de les rechercher dans les solitudes où elle se complait. A ce goût innocent il allioit un goût passionné pour la musique. Le dictionnaire qu'il a composé sur cet art (étincelle de morceaux qui pourroient servir Ae poétique universelle (i).
La musique imitative, dit-il^ par des inflexions vives, accentuées , et pour ainsi dire plaisantes y exprime toutes les passions , peint tous las tableaux , rend tous les objets^ soumet la nature entière à ses savantes imitations p et « porte ainsi jusqu'au co&ur de L*iionune des sentimens propres à l'émouvoir.
Platon avoit trouvé dans la mélodie l'expression des passions tendres et affectueuses, Texpression du courage, de la magnanimité^ 4cs grands sentimens ; aucun arc n'est plus.
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II) Entr'autrcs l'article çénle^
voisin de la profonde sensîbilîté de Tame humaine.
On a reproclié à notre pllîlosophe d'avoir fait réloge du vin; c'est qu'on ne craint" point de le faire publiquement en Suisse ; et Rousseau d'ailleurs a répète l'avis de Platon : ce le vin est un présent fait à l'iiomme par les dieux pour adoucir son existence, et ranimer son courage lorsqu'il est abattu par le nïa:lheur. En donnant plus de force et d'activité à nos pensées , il nous fait sen; tir plus vivement le vice et la vertu ; il nonar donne plus de mépris pour l'un et plus d'enthousiasme pour l'autre. D'aîlleurs, ajoute l'ancien philosophe, il met pour ainsi dire en fermentation les facultés de l'ame et du corps, et montre d'une manière plus sensi* ble les caractères avec leurs qualités et leurs défauts ; et c'est «:n moyen de plus dont led magistrats feront usage pour connoîtrè la disposition des esprits, et savoir par-là si les loix produisent les effets qu'on ea attend (i)/ < I II II
(i) Il faut supposer que le vîn qu'on buvoit en Grèce ctoit meilleur que celui qu'on boit communément en $uisse et à Paris
Tout le village la pleuré ^ et te regretrc' encore. Larmes du pauvre sur la cendre d^ riiomrae de bien , vous êtes sa plus belle ré- ■ compense ! par quelle fatalité faut-il que tu lui aies refusé les tiennes , ô toi, son ancien ami^ liommè rare aussi; toi qu'il aimoit , encore lorsque tu* le liaïssois (t) : ô toi , qui laissas dans son cœur la plaie la plus profonde et la plus incurable; toi, qui as si bien dit que la calomnie dîsparoît à la mort dei'liomme obscur, mois qu'on la voit debout devant l'urne du grand liomme) et continuant d'en remuer la cendre avec son poignard, faut - il que je te trouve dans cette odieuse attitude près d,e la tombe de ton ancien amiî
(i) « J'ai tôti)oiîrs y dit-il, dans Famé de rattachement >3 pour Diderot , même de Testime et du respect ponr n notre. ancienne amitié, n Mais il avoît été tant tiahi, tuit. trompé , qu'il ne croyoît plus alors à Tarnitl^*
L'amitîè, disoit-îr, est une belle terre; mais, ou elle sr vxnis est enlevée, ou les non valeurs et les réparations ' 99 en absorbent les revenus : ainsi ce bien si dcslré est 99 ou introuvable, ou inconscrvable « Triste et fatale expérience du . cœur des hommes ; voilà où tu conduis 1 II semble même que les plus grands bienfaits emportent plus loin de vous encore les cœurs où vous aviez placé' yoti-c tendresse.
eômment fa batne a-t-elle pn smrvirre à sa mort y et comment as*tu pu^ en assassin d i"
81 mémoire! Mai^ tirons le rideau sur
ce scandale : ne faisons pas frissonner U'hoiw xeur la cendre encore sensible de Rousseau , et bornons - nous à plaindre la foiblesse et les misères de l'homme (i).
(i) DirfcfOt moprufcn 1784. II avoît été lonstirè it fur le point de se trouvtr enrôle dans tord'-c dts jésuita^ en >ui destînoit un canonkat J'ai vu son frerc , prêtre-t chanoine et trés-cha <d pour le do^me ^ une sœur de Piden. t rei'^gieuse est n.orr? d'amour pour )e Saiaê gicrement que Tabbesse lui a voit fait reïa'çr. Dtdcros fut ea 'ermè pour de» p^nsù* hu dits. Je l^i denaedai im jour Çtf qri le tourmentât le p!qs au doojon de Vin» Nc^nncs- c'éroir, m^ r' pondit- il, de savoir que iVtois là SU rom d'un sot cou^orraé, qui nt m'avott îamaislnei qui étc^tt ircapable dfr me Ire.
Diderot , en pa'la u, commaiidot radmirtfînn ; U a:\roii étuuiè t 'US le» :tr» m^c'irtniques ; de ce Cc4è là , ïûucy dopédie e^• ^an propre ouvrage*; ce d'cdomaire fil entrer en France p^UMeurs millions, et ne leifapporia que trente mille ffan<Y ; s:|fi$ llmpi'ra'tice de Rusûe^ U eu: vécu d ns la pauvreté; il aîmoit son quitrieme iu<f,e où il rçut tous !es écrang^rs les plus distlogui^ ii ny .VQit po<Qr (/hommes m^^dlocrèsy ni de mauvais ouvrages p9ur cit humm? de g'^nîe ; il y dècou vroit tou« jours PU quelques uraits de uuraçcere ^ ou quelques
( tS; ).
An rcête , la grandeur dNine offense fia
^eut lire bien connue que de celui qui en
teautës pardçulieres ; quand le livre étoit totalement nul , ii s*écriott. Eh bien ! il a marqué recueil,
l! s*écbavflfbit dans la conrersation , et même il s*ein« portoic îasqu*à la foreur, sur-rout quand il parloit des •ouveraint oppresseurs et de la tyrannie sacerdotale liguée avec eux ; alors il passoit les bornes ; U genre humain ( crioit-il ) nt sera heureux que quand on aura étranglé it dernier roi avec les boyaux du dernier prêtrCm Cette exclamation dans sa bouche devenoît très-risiblc » parce que sa figure heureuse et bonne dimentoît cette ibll e exsgiration d*an cerreau allumé.
Il me parla un jour deux heures de suite pour mt prouver que Tes loix n'auroient pas tort de brûUr un éuhee en place publique , et rien n'étoit plus hardi que ses opinions sur la matière ; sa femme étoit dévote , et pour lui çomplare il menoit sa fille au cathéchisme , et caché derrière un pillier, il écoutoit sans mot dire le clerc caiècfaiseur»
- Il ne se vamoit pas de savoir faire un livre , mais bien d'écrire des pages ; il disoit : il n^ a que des pages dans 1:'S livres ^ tel n a que tant de pages ; dans les livres les plus iltcoonus , A trouvoit des pages admirables. Pal fait une pa^e quHl faut que je vous lise , et il vous lisoit sa fage sans savoir où il la placeroît ; il Toubliolt , ou il la donnoit au premier venu ; toujours libéral de ses idfes, non moins que de plusieurs fragaens qui sont rè» paodus dans plusieurs livres «lodernes*
( r3S ) est l'objet ; et les amitiés pleines etvigoureuses soufîrent douloureusement de.la moindre atteinte , et se rompant d'autant plus fortement que l'adhérence étoit plus intime : il n'y a plus de sonde pour la sensibilité de tel individu ; il n'y a plus de paroles pour exprimer Toutrage qu'il a reçu ; les liaisons des médians sont les plus fermes de tontes, parce qu'acnés deviennent nécessaires' aux iiss térêts du vice; les autres liaisons ne le sont pas tant. Diderot et Rousseau cessèrent pour jamais d'être unis ; mais ils ne furent pas pour cela indifiérens l'un à l'autre ; le seul nom jde Rousseau mettoit Diderot en fureur , totit
Diderot craignoit Voltaire , admiroit ses écrits , aimoit peu sa personne , parce qu'il ne concevoît rien au pugilat des gens de lettres , et qu'il préfêroit le plaisir d'écrire à toute la gloire orageuse ou calme qui en pouvolt résulter.
. Thomas, qui avoir été très-long temps sans parler dans le monde , ayant entendu Diderot , avoit presque saisiv vers la fin de ses jours , sa converMtion féconde et animée , mais il ne la déployoit avec assurance que dans Tint imité du tètc-à-tèce ; je m'honorerai toujours d'avoir reçu des témoignages d'estime et d'amitié de ces deux écrivains éloquens ; et j'ai plus sympatisé avec eux qu*a« Vit plusieurs autres de mes confrères*
bon que celui-ci étoit, et du caractère le pli^s diamétralement opposé à Tenvie et u la jalousie. liC nom de Diderot attîroit du fond de la poitriile de J. J. un long et douloureux gémissement touj ours suivi d un silence expressif.
Sa querelle trop fameuse avec Hume date de l'époque où ses facultés intellectelles Ploient viâiblement dérangées ou altérées; or, rhistorien ne doit pas plus parler de cette infirmité que du rêve d'un malade lorsqu'il a la fièvre : cette fatale disposition d'esprit lui fit publier dans la suite , Rousseau juge deJ. J.^ ouvrage qui constate sa maladie de cerveau ; il y dit qu'il avoit voulu le déposer sur le maître autel de Notre-Dame de Paris , si des grilles posées en vingt quatre heures ne l'en eussent empêché. Ecartons ces images affligeantes^ qui ne fer oient pas même sourire la Jiaîne , mais qui pourroient humilier l'homme sans humilier pour cela récrivain.
Il avoit su qu'on avoit voulu le^ridiculiser dans la maison Coudé pour avoir refuse réducatioh dvLj^ls du prince ; il y avoit été sensible , parce qu'il l'étoit sur les moindres choses , et sur les plus indifférentes. Il est a
^remarquer que lés maîtres de pension rCé^ leyent point leurs enfans eux-mêmes ; il en est ainsi des princes, qui ne leur parlent presque point. Or trouvez-en la vraie raison^ lecteurs , car moi je serois honteux de tout vous dire.
Tronchîn , qui fit une révolution heureuse dansf la médecine , n'a fait qu^ suivre littéra*lement ce que Rousseau avoit recommandé dans son Emile. On avoit vu avant Tronchin cette estampe où de tendres Achilles sont plongés dans le styx par les mains tremblan-* tes de leurs mères. Si depuis nous avons vu naître parmi nous 'des Hercules , si les femmes ont appris à sortir de leurs étuves , si elles marchent , et si elles ne sont plus des poupées immobiles , ce changement est dft à Rousssau qui les a tancées vertement , et qui, en plaidant pgur Tintérêt de leur beauté (fidelle compagne des couleurs de la santé ), a su les corriger de leur molle afféterie.
Dans tous les collèges , dit Rousseau , il faut établir un gymnase : cet article si négligé est, selon moi , la pattie la plus importante de l'éducation , non-seulement pour former des tempéramens robustes et sains , mais encore plus pour Tobjet moral qu'on
néglige ou qu'on ne remplît que par un tas de préceptes pédantesques et vains, qui sont autant de paroles perdues....
Empêchez les vices de naître ^ vous aurea assez fait pour la vertu. Le moyen en est de là dernière facilité dans la bonne édu* cation publique ; c'est de tenir toujours les enfans en haleine ^ non par. d'ennuyeuses études où ils n'entendent rien^ et qu'ils prennent en haine par cela seul qu'ils sont forcés de rester en place ; mais par des exercices qui leur plaisent^ en satisfaisant au besoin qu'en croissant a leur corps de s'agiter , et dont l'agrément pour eux ne se bornera pas là.
On ne doit point permettre qu'ils jouent séparément à leur fantaisie , mais tous en* semble et en public , de manière qu'il y ait toujours un but commun auquel tous aspirent y et qui excite la concurrence et l'émulation.... Car il ne s'agit pas ici seulement de les occuper y de leur former une constitution robuste , de les rendre agiles et découplés I mais de les accoutumer de bonne heure à la règle , à l'égalité , à la fraternité, aux concurrences, à vivre sous les yeux de
leurs concitoyens, et à désirer rapproTjatîon jmblîqne.
Certes , Tétucte de la législation deviendra indispensable i la génération suivante , et les> sciences utiles qui tiennent à la chose publique seront plus communes ; les points fondamentaux rccevjonî une assiette plus ferme : que d'objets întércssLins à débattre! ïesloix , les finances , les flotlos, les années, les alliances publiques ; quel chnmp vaste pour un esprit ncui% appliqué et profond ! Notre constitution, qui honore les citoyens, force imc éducation plus soignée ; notre constitution , qui exige un mérite personnel, achèvera d'éteindre. ia vanité des distinctions de naissance, pour les restituer toutes épurées aux services rendus. Si une constitution est le système des loîx suivant lesquelles une ïiation consent à être dirigée j h se conduire, Téducalion nationale, prenant désormais riiomine au berceau," le formera tout entier à notre situation politique, il nos connoissances acquises, à notre civilisation actuelle. Le maniement des arrhes ^dît M. Roberspierre) a pour les hommes un attrait naturel qui redouble lorsque l'idée de cet exercice se lie à celle de la liberté ^ et à
rîntérêt de défendre ce qu'on a de plus cher et de plus sacré.
Poînt de doute que la gymnastique ne préside à cette nouvelle éducation ; nous élevons des citoyens ; que leur corps soit ferme, allègre , prêt à toutes les fonctions. Un corps malade et débile loge rarement l'ame de riiomme de bien ; c'est du citoyen actif dont nous avons besoin , et sans la santé il n'y en aura point. L'intempérance se lit sur le front de l'être nul ; les mauvaises mœurs en général font la mauvaise santé ; l'intempérance est la cause la plus active deladégénérescencedes races et de respece;mais aujourd'hui que les anciens exemples ont fait voir le terrible inconvénient d'une milice distincte dans l'état ; aujourd'hui que chaque tîtoyen , en participant aux avantages de la société , sera, tenu de s* employer à sa défense , l'exercice militaire si fécond en plaisirs
fera la joie du jeune âge; il se plaît dans le développement de ses forces naissantes , et là vie active sera toujours pour lui une vie agréable. L'entendement lui-même se fortifie avec les ressorts de notre machine; mais nous recommandons le premier , le plus beau 'des arts; la musique, cet art si utile aux
législateurs anciens ; la n.usîiue, erpressioit touchante des diverses afl'ections *.!e Tame^ tableau des harmonies, d.s * onsonnances^ des contrastes de la ii.ilure ; la inusî [ne , inere des senthncns nobles, ginëreiix, ardens, tendres ou compûtissans, dont elle est tour-à-tour la niolâle et vivante iiuage ; cet art divin, abandonné dans nos ]K);it*es mo« demes à Tamusement et a la frivur.té , re* prendra sa première destinaiion ; et des fêtes telles que ccl/e du champ de Mars g ces grands appareils civils et militaire f, ces chants animés, cette réunion de citoyens égaux , porteront dans leS cœurs enflaiumés les longues impressions du plaisir et la rire émotion qu'accompagnent l'amour de la pa^ trie et le sentiment de la liberté.
Bousseau a tracé le code de notre nouvelle éducation dans les paroles suivantes.
Je veux, dit-il, qu'un enfant, en apprenant à lire , lise des choses de son pays ; qu'à dix ans , il en connoisse toutes les productions ; ^ douze , toutes les provinces , tous les chemins , toutes les villes; qu'à quinze, il en sache toute Thistoire ; à seize , toutes les loix ; qu'il n'y ait pas eu , dans tout V empire^ une belle action , ni un hoxxmio illustre
dont
dont il n'ait la mémoire et le cœur plein , et dont il ne puisse rendre compte à l'instant. On peut juger par-là que ce ne «ont pas les études ordinaires ^ dirigées par des étrangers^ que je voudrois faire suivre aux enfans. La loi doit régler la matière , Tordre et la forme de leurs études. Ils ne doivent avoir pour instituteurs que des citoyens^ tous mariés^'s'il est possible ; tous distingués par leurs mœurs , par leur probité , par leur bon sens ^ par leurs lumières ; tous destinés à des emplois ni plus importans ^ ni plus honorables^ mais moins pénibles et plus éclatans^ lorsqu'au bout d'un certain nombre d'années ils auront bien rempli celui-là» Gardez-vous sur-tout de faire un métier de l'état de pédagogue .
Quel mobilier d'idées neuves et fortes ne laisserons-nous pas à nos descendans f Encore une ou deux générations et l'on reverra le temps où la hauteur de la voix et la vigueut du geste ne seront plus un sujet def ridicule. Nos pères murmuroieht > gaaouîUoîent et aiffloient leurs petites pensées ; af)ôtres et pensionnaires de Terreur^ ils aimoient le ton bas et persifïïeur ; mais nous déjà nous faisons entendre de toutes parts la voix forte Tom€ IL m