SECTION XI
jnL QUt doit-on ériger des statues ? i*». A ceux qui ont bien mérité du genre humain, a"*. A ceux qui ont bien mérité de leur patrie , et qui Font illustrée par leurs talens et leurs vertus (i).
Le législateur réunit toutes ces qualités : il sert à-la- fois tous les pays et toutes les générations ; il doit être regardé comme le bienfaiteur des peuples ; et à ce titre , devant lequel tous les autres s'e£Facent , il doit avo^ la première place.
Les anciens ont multiplié les statues , les Xnodernes les ont économisées.
Le Contrat Social : voilà la mine féconde
(i) Louis XIII a une statue , lîe pourroit-on pas écrire au bas , statua statuez ? Quand fera-t-on des pièces de six blancs de toutes ces statues qui n attestent que' ridolâtrre des iméressés et Tancienno servitude des- Francois i
a^unoàfèprésèntans ont tiré les matériaux du grand œuvre de la constitution , qui esf înaîntenant à soii faîte. Si les basés éternelles sont reconnues^ si le niùr immense est construit , lé temple éleré à la liberté porte l'empreinte du génie de Rousseau né J)Our détermiher la perfectibilité sociale ( i )
mmf^mmfmmÊmmÊKm'imÊÊm0mta^tmaim0mimmmm^
; (i) Quand ori softoît du collège, où Ton avoît lu le* telles harangues de Tite Live^ on avoIt alors-, de moxi temps , sur le moi patriotisme les niêrh^s idées que nous. Tenons d'acquérir. Mais au bout dé cinq ans , après s'être jette dars le tourbillon des affaires , et connu lesf hommes qui lès font , on ne se souvenoit guère pluG du' patriotisme que àts bottes de sept lieues de Togre , dont bn avoit lu rhistoireà-peu-ptès dans le mènie temp* <|ue celle des Romains. D'où vencK donc cette indiffè^
irence? d'où? de ce que te liïot patriotisme ïï^étoîi
flus pour nous qu'un vain Son i il n'y a point de' patrie , dit un auteur , où il y à des courtisans et de$ mangeurs de pensions. Il n'y a point de patrie où il y a des bastilles ; il h'y a point de patrie où il y a des prêtres et des parlemens ; il n'y a point de patrie, enfin , où il n y a point de patrie. Mais aujourd'hui l^ue nos courtisans sont cpars comme des pigeons ^ que les bastilles tic sont plu5 , que les prêtres seront^cî qu'ils doivent être, que les parlç^mens n'exlst<»i:tpUi5 ^ îl y aura une patrie. Elle sera tout pour nous; noHSf serons tout potzr elle. L'éducation de nos enfans scf^
(3o«) et pour enlever rhommeaiixlolxarbîtraîrcfi,' nous voulons dire , l'homme gouverné depuis tant de siècles par les bulles des papes , les édits des rois, les passions de leurs ministres ^ de leurs maîtresses ou de leurs confesseurs (i).
Les maximes de Rousseau ont donc formé
la plupart de nos loix, et nos représentant ont eu tout -à -la- fois la modestie et la loyauté d'avouer que le contrat social fût entre leurs mains le levier avec lequel ils ont soulevé et enfin renversé ce colosse énorme du despotisme , qui depuis tant de siècles fouloit si cruellement la nation ( i ).
H est incontestable qu'outre tant de vérités fondamentales ( suffisamment développées dans le cours de cet ouvrage) c'est à J. J, Rousseau qu'est dû le changement essentiel
patriodque ; devenus des hommes libres » ils seront , comme leurs pères , de zélés patriotes.
Le patriotisme , dit Youn^ , est une passion forte j sublime , et qui a sa fièvre. Caton en mourur.
(i) Un homme d'un vrai mérite est presqu*aussi rare
dans le ministère qu*un sot à la tète d*une république»
( /. J, Rousseau^ dialog. )
(2) Toute passion de liberté est bien assez forte pour
se faire épouser au prix de la vie.
( Montaîgnt. )
( 3o9 ) ie rox de France en Hoi des François (î); si vous en doutez, Iccteurs^distraits, lisez. « Comment un homme ou un peuple peutil s'emparer d'un territoire immense et en priver tout le genre humain autrement que par une usurpation punissable , puisqu'elle ôte au reste des hommes le séjour et les alimens que la nature leuj: donne en commun ? Quand Nunnez Salbao i)renoît sur le rivage possession de la mer du sud et de toute l'-Amérique méridionale au nom de la couronne de Castille , étoit-ce assez pour en déposséder tous tes habitans et en ex-
•»—^—^—i——J«*ii— —————— W 11 «^iBi— I— i— — —
(i) Voilà le titre- dont nos monarques seront désor» 49ais honofjès» au lieu de la dénominadon non moins injurieuse qu!impropre de. roi Je France. Aucun courdr San , aucune caillette de la coqr n*a encore pu pror* nonces Louis XVI Roi des François , sans horrîpilation. — Patience, c'est qu'ils n'en sont eticore qu'à Talphabet du patriotisme , mais nous leur apprendrons à lire. N'oublions jamais le mot de Féleve de Fénélon-: les rois sont faits pour lés peuples , et non les peuples pour les rois, Rumbold en a dit un autre qui seul vaut ua traité diplomatique : c< Je ne croirai jamais .à la souve.« 9i raineté des rois que quand je les verrai naître avec 1^ des éperons , et leurs sujets avec dm sellas sur le M dos. n-
(3io> plure tqu§ les princes du monde ? S tir cij pied- là ces cérQmoiiies se inultiplioient a.S8q^ vainement , et le roi catholique n'stvoit tout (l'un coup qu'à prendre de son cabinet possession de tout l'univers ; sauf à retranche^ ensuite de son empire ce qui étoit aupara-n vaut posçédé p£|.r le$ autres princes.
On conçoit comment les teires des partipuliers réunies et contîgues deviennent la territoire public , et comnient le droit d© souveraineté, s'étendent des sujets au terrein (ju'ils occupent , devient à-la- fois réel et personnel ; ce qui xG.et les possesseurs dan^, une plus grapde dépendance , et fait de. leurs forces mômes les garans de leur fidélité. Avantage qui ne parpît pas avoir été bien senti des anciens monarques qui , nâ $'appellant que rois des Perses, deQ Scythes, des Macédoniens , sembloient se regarder comme les chefs des honimes plutôt qu^ pomme les maîtres du pays. Ceux d'aujour? 4'hui s'appellent plus habilement rois de. France ^ d'£spagne , d'Angleterre , etc. En tenant ainsi le terrein ils sont bien sûrs, d'en tenir les liabitans ( i ) ^>-
(i) Çpntr^t Social ^ chap» IX^ du Domaine rée^^ .,
Pouvojt-on révéler avec plus de profon-' deavet de finesse le danger perpétuel qu'il y avoit à laisser le roi des François roi àa France ? Cette indication précieuse n'a point échappé à nos sages législateurs ( i ) .
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(i) Comme on ne tardera pai k agiter une terrible ifaesûonyde la peine de mort\ il n*est pas inutile de rapporter ici l'opinion de Rousseau.
>j On demande comment les particuliers , n'ayant pas ^ ^ droit de disposer de leur vie , peuvent transmettre au M souverain ce même droit qu'ils n'ont pas ? Cette quelfi tîon ne paroît difficile \ résoudre que parce qu'cîiè f» est mal posée. Tout homme a droit de risquer sa w propre vie pour la conserver* A-t-on jamais dit que M celui qui se jette par une fenêtre pour échapper a un M incendie soit coupable de suicide ? A-t-on jamais imm puté ce crime à celui qui périt dans une tempêté 99 dont , en s'embarquant, il n'ignoroît pas le danger ?
» Le traité social a pour fin la conservation des con« » tractans. Qui Veut la fin veut aussi les moyens ; et ces 99 moyens sont inséparables de quelques risques, même »j de quelques pertes. Quiconque veut conserver sa vie
V aux dépens des autres doit la donner aussi pour « eux quand il le faut. Or , le citoyen n'est plus juge «9 du péril auquel la loi veut qu'il s'expose ; et quand »> le prince lui a dit : il est expédient à Pétat que tu meures ^ « il doit mourir , puisque ce n'est qu'à cette condi-*
V tion qu'il a vécu en sûreté jusqu'alors , et que sa
Quel est l'objet général du desîr de tous le peuples qui couvrent la face de la terre ^ le bonheur ? Le bonheur ! comment peurent-
}> vie n'est plus seulement un bienfait de la nature ; M mais un don conditionnel de Tétat.
» La peine de mort infligée aux crimtneb peut être »> envisagée à-peu-près sous le même point de vue. f> C'est pour n'être pas la victime d'un assassin , que >) Ton consent à mourir si on le devient. Dans ce » traité , loin de disposer de sa propre vie y on ne 3> songe qu'à la garantir , et il n'est pas à présumer u qu*aucun des contractans prémédite alors de se Êûre 9i pendre.
» D'ailleurs , tout malfaiteur attaquant le droit social f» devient par ses' forfaits rebelle et traître à sa patrie; n il cesse d'en être membre en violant ses loix , et 19 même il lui fait la guerre. Alors U conservation de f» rétat est incompatible avec U sienne : il faut qu*UQ >9 des deux périsse: et quand on fait mourir le coupable» ^ c'est moins comme citoyen que comme ennemi. M Les procédures , le jugement sont les preuves de la 9> déclaration qu'il a rompu le traita social » et par conseil quenc. qu'il n'est plus membre de Tétat. Or, comme » il s'et reconnu tel» tout au moins par son séjour» )3 il en doit être retranché par l'exil comme infrac* f> teur du pacte ^ ou par la mort comme ennemi public» » car un tel ennemi n'est pas une personne morale» 9» mais un homme. C'en alors que le droit de la guerre M est de tuer le vaincu* m
ib y pavenîr ? Par l'observation volontaire des loix qu'ils se sont eux-mêmes imposées. Comment nomme-l^-on la réunion de ces loix ? Une constitution. Où existe la meilleure ? En France. Pourquoi ? Parce qu'on y a-mieux étudié qu'ailleurs les principes du Contrat Social. Les deux plus belles images de la. divinité ^ a dit Plutarque^ sont un soleil dans le ciel , et une bonne constitution sur la terre. Les Anglois eux - mêmes commencent à donner à la nôtre la supériorité sur la leur ( i ).
Que les temps sont changés (2) ! J'ai vu
(i) C*est ce que sentent au fond de leurs âmes les aristocrates , Barthelemîstes cruels qui , détestant te beau jour de ia révolution , aimercNent taievx avoir vu la ruine de la France entière et Tesclavage de tous ses membres , que la chute ^çs privilèges et des prérogadves de quelques particuliers ! etc.^
/ (2) L'assemblée nationale ( et tout le monde en con-» viendra ) n'avoit d'abord à gouverner que le naufrage de la chose publique; à force de^ génie , de courage et de constance , elle est parvenue, malgré tous les ftots irrités , à faire entrer le vaisseau dans le port. Nos représentans ont porté dans leurs coeurs toute l'énergie du premier peuple du monde, comme autrefois les trois Horsces porter^t en çux tout le courte de la république Romaine*
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l'injure et la réparation. J'ai entendu crief V a7Tct àa parlement de Paris qui fit^.brûler V Emile , ce ' livre ^icté par la plus sublime raison. J'ai vu afficher le mandemûnt de Cliridtophe de Beaiunont :. %t ces deux actea ^persécuteurs firent que Rousseau se trouva errant ^ sans asile ^ à lè^ m^rci des geôliers , et des bourreaux , contre desquels aucune puissance n'auroit su le défendre. Aujourd'hui Rousseau est reconnu solemnellement comme un bienfaiteur de l'humanité. L'assemblée nationale , représentant la tardiver justice des siècles ^ a décrété , au milieu des acclamations d'un public rejconnoissant ^ qu'il sera élevé à rp.uteur ai Emile et du Contrat Social une statue portant cette inscription : La nation Françoise libre à J. J. Rousseau ; que sur le pied d'estai seroit gravé cette devise : Vitam impendere vero i et que Marie- Thérèse le Vasseur^ veuve do J. J. Rousseau , sera nourrie aux dépens de l'état , qui lui paiera annuellement , des fonds du trésor p^bUc, une spn^me de douze cents livres,
Eh bien! despotes hypocrites, votre règne est fini. Flétrir Rousseau n'étoit pas un attentat cj^ui f^Lten votre pouvoir ; njais le trop gran^
jSclat de la vérité à b'essé vos regards , el c'est votre haine pour la sainte vérité qui 9> banni Rousseau du royaume , dont il pré-? paroit l'as^/V//^, la dignité , la liberté. Je ne sais j mais dans sa simplicité native ^ il avoit à mes yeux l'air d'un révolutionnaire. Le$ ^ouœ sont les maîtres du monde. C'est elle aus^i ( la vérité ^ qui chassa Aristide de sa patrie , qui empoisonna Socrate et égorgea Jûyon. Lâches persécuteurs ! Rousseau vou3 avoit pardonnât car Rousseau avoit senti que d'autres hommes deviendroient bientôt jusj;es à son égard \ il avoit cette noble et haute idée de l'espèce humaine et de la nation^ Françoise en particulier ; il avoit vu d'un œil prophétique la raison humaine se perfectionner chez elle , et décomposer la superstition et l'imposture ; il avoit vu dans le temps cette statue qu'on devoit lui ériger , non à lui , car il ^yoit un autre orgueil , mais aux vérités utiles dont il fut toute ça vie l'interprète et l'organe ( i ) ; il'pensoit
(x) Il a dit três-ppsitivement : « quand il naîtra un ^ gouvernement juste, il érigera une staïueà Tautcur » ^EmïU. >3 L'estime de soi-môme ( c'étoit une dtf ses ^axlmes, \ est Iç plii$ grand mpbile des apies éçr^«
(3^0 bien de ta gënëration qvi de voit suirre , 3 Toyoit le rogne du despotisme et du meusonge toncher à sa fin ; il s'en applaudissoit ^ et cette idée le réconcilia avec les hommes qu'il aima toujours ^ et consola sa rieillesse ; ainsi j quand Tidée que nous avons conçue au - dedans de nous-mêmes nous paroît êtra ironforme à la justice éternelle , et conforme au bien* être de tous ; quand elle jaillit du fond de notre conscience éclairée par l'amour sincère de Thumanité ; quand ou a modelé ses écrits sur tout ce qui doit être concordani à l'équité préétablie , et qu'on a senti pro£(m dément cette primitive et grande Tenté , source de toutes les autres : çue ce qui n^ est que fort n'eatpas f liste (^ i ) , alors
L'cnvîé t%l souvent envieux ; voyez Volt;^ire , il ne ]mt digérer cette phrase de Roussenu ; il semble avoir deviné que h statue éeheoiroit de préférence à 9on trtom* jrfkanr rival.
(i) Par-tOHt te pouvoir exécutif tend fortemetH et comtammeac à subjuguer et à anéantir la puissance lé^latîve, et y parvient tôt ou tard.
Ce tôt ou tard doit nous faire trembler : peuples et.roîs de toutes les zones ! vous ne pouvez avoir aujourd'hui cbns vos éuts d'autres eanemis que vos miniàtrcs ; mai^
( 3i7 ) tout ce qu*on énonce , on l'énonce avec
une énergie calme , une énergie fructifiante ^ parce que Ton sent que la vérité qu'on a saisie sera bientôt adoptée par des millions d'hommes , en ce qu'il est impossible à la vérité de n'être pas vérité.
Mais toute la législation prise en masse est peut - être renfermée dans ces paroles fiubstantielles de Rousseau : « Je ferai une . remarque ( dit-il ) qui doit servir de base à tout le système social ; c'est qu'au Heu de détruire l'égalilé naturelle , le pacte fondamental substitue au contraire une égalité morale et légitime à ce que la nature a voit pu mettre d'inégalité physique entre les hommes ; et que pouvant être inégaux en
opposez-leur la liberté de la presse. Si les anciens got^* vernemens n'ont pas prospéré , c'est à défaut d'imprîjncrie qui rend toutes les opérations publiques et les répand par- tout en un ciin-d*œil : melius est confidere îa populo quàm confidere in princrpihus. D'ailleurs c'est à la censure à éprouver les réputations , et chacun, conifue le dit révangile, recevra selon ses œuvres : levé , Jérusalem^ Uve ta tête ait tere ! QyTû est consolant de n'avoir désor** mais à obéir qu'à la loi 1 Les princes eux-mêmes reconnoîrront ( a dit M. Villettc , ci-devant marquis) qu'ils fi'étoient que les premiers esclaves du despotisme.
ibrce otL en génie , ils deviennent tous égaitià par convention et de droit.
w Mais sous les mauvais gouvernemeni cette égalitd n*est qu'apparenté et illusoire ^ elle ne sert qu'à maintenir le pauvre danç sa misera et le riche dans son usurpation ^ Dans le fait , les loix sont toujours miles à ceux qui possèdent , et nuisibles à ceux qtii n'ont rien : d'où il suit que l'état social ii'est avantageux aux hommes qu'autant qu'ils ont tous quelque chose et qu'aucuil d'eux ïi'a rien de trop ».
Après avoir apperçu la nature, Rbusseaii envisage spécialement la patrie ; l'homme tecoit tout d'elle ; chacun lui livre ou doit lui livrer ses droits , ses forces , ses facultés* Alors tous les avantages deviennent réciproques et de cette association des moyens d'existence résulte une puissance harmonique ( 1 ) .
Ce n'étoit donc pas ( comme on l'a dli en forçant le sens de sea paroles ) , que
(i) Si vous voulez qu'on obéisse aux loix , faites^ qu'on les aime. C'étoit là le grand art des gouvernemens anciens.
(/. /. Rousseau f Discours sur riconjmU poîuique,)
Rousseau voulût livrer au hasard le tottïé-^ versement universel des propriétés ; cer-» tes il ne vouloit pas substituer à un grand désordre un désordre plus grand encore , il appelioit au secours de Thunianîte les loix Jféparatrices contre celles qui attaqùoiçnt dixectementles droits de la multitude > afin àfi recomposer la société sur los données fixe5 de la nature. Ouï, faute de bonnes loixv, le sol sera indigent , même sous d'ôpulens rayons, et rhpmme ne pourra. poser alors sur la terre tin pied souverain ; c'ost la loi, lorsqu'elle 4nontje toutefois au jiiye^u 4e la nature , t[ui le fera vivre dans son propre empire : mais cette loi elle-même consacré irrésistiblement \ inégalité des biens potcr restituer à rhomme son génie personnel , son couyage; et son industrie ( i ).
( I ) On adénaturé quelquefois les principes de Rousseau Êâ voulant les perfectionner f gardons-nous de cette prétendue perfection.
« L'éloquence de Claude Faiichet, prêtre citoyen qui l>rava le canon de la bastille, son éloquence échoue sur récue'd à&% mystiques. Il a manqué son but en foivdfoyant les tkèologiens sans foudroyer la théoio^. li se perd dans des spéculations qui seraient dangereuses
Il conclud ^ en parlant des signes (Tun
si elles étoîent praticables, récrivis contre cet orateur ; je l'inculpai personnellement , parce que je jugeai de ses intendons par ses discours ; mais il faut lui rendre jusdce : une rertu extrême t%x la cause de ses égare* anens étranges. L'amour de l'humanité le porte à prêcher indirectement le vol et le brigandange , le meurtre et l'anarchie ; car en soutenant que tous les individus doivent avoir une part égale au territoire de la France , €*est légitimer la rapine ; c'est allumer la guerre du pauvre contre le riche ; c'est anéantir les ans et les sciences , Tindustrie et la force publique ; c'est appeller la famine » la dévastation , la dépopuladon , les convulsions intesdnes et les armées étrangères. Nous n'aurions plus ni maréchaussée » ni troupes , ni marine , ni commerce > ni approvisionnemens , ni arsenaux , ni artillerie, ni mousqueterie, ni imprimerie , ni alphabet, ni gouvernement , ni liberté. La France y morcelée en hordes sauvages guerroyantes, serott le fruit du morce* lement agraire,, dont la belle ame de Claude Fauchet auroit horreur, en soulevant le voile de son imagina* rion romanesque. La division des terres nous donne^* roit à peine cent francs de rente ; or, nos moindres ou« vriers gagnent davantage ; et quiconque a des bras est réellement propriétaire : car le sol est stérile sans notre travail. La division des terres exigeroit des sousdivisions à l'infini , et le royaume seroit couvert, avant la troisième génération , de possesseurs mal nourris, et de nécessiteux mourans de faim. Heureusement la bar-
hoik
ion gouvernement fContr ai Social , chap IX , par ces mots lumineux et décisifs.
Quelle est la fin de l'association politique ? C'est la conservation et prospérité de ses niembres. Et quel est le si^# le plus sûr qu'ils se conservent et prospèrent? C'est leur nonabre et leur population. N'allez donc pas chercher ailleurs ce signe si disputé. Toutes choses d'ailleurs égales, le gouvernement sous lequel , sans moyens étrangers^ %ans naturalisations, sans colonies , les citoyens peuplent et multiplient davantage , est infailliblement le meilleur ; celui sous lequel un peuple diminue et dépérît est le pire. Calculateurs , c'est maintenant votre affaire ; comptez, mesurez', comparez (i).
barie , les querelles , les massacres , les invasions détriii«
rotent bientôt le plan utopique de Claude Fauchet ,
en supposant. que ce plan fut exécutable un seul instant.
U est donc vrai i|ue la vertu mal dirigée mené au
crime 1 En effet, tous les crimes sont renfermés dans
l'axîome du procuréurfénéral des mystiques. J'espère
que Tesprit ardent de cet honnête crimirel ne s«
promènera pas toujours dans les domaines de Tapo» calypse. 9»
( Cette note esi de 1#. Cloôts, prussien, )
(i) Il faut écarter avec le fU$ grand SQm le langage