Tome II. X
Bésnmons : il n'y a point de société sans devoirs réciproques entre les membres qui la composent ; point de devoirs sans ib/^rqui les imposent : point de loix sans législateurs qui les l'i i^Wjjiî ; point de législateurs sans ^folonté générale ( i ) , parce que personne de soi-même n'a droit de commander à soa jBemblable ( i).
<les illuminés, qui, daos la recherche des vérités politiques Youiaut embrasser toutes, les vérités, manquent les vérités usuelles , les seules qui soient profitables à rhomme ; Torgueil nous trompe dès que nous voulons placer nos idées* hors de la durée ei du domaine 4e non-e existence ; et si Porgueilleux système de Newton ne vaut pas en utilité Thumble culture d*un légume , 'la métaphysiqui* sur Vorigiru de t homme , sur la liberté des hommes , n'équivaut pas à une loi de police éma- 2iée à propos.
(i) Rousseau tlisoit que le peuple Anglois n'étoît libre qu'au moment de- ses élections ; cette fa^heus^ yérité s'applique phis ou moins à tous les gouverne* flsens représefhatifs. HaninponyiaoSitlLtït stfk royauté, a considéré la monarchie hérédifi4rè comme Toblation d'une famille à la liberté publique : tout doit être libre dans l'état, excepté cet^ fiimilte. *'
(i) Quand l'état est institué » le consentement est
dans la résidence; habiter je territoire c'est se soumettre
à la souverainetc....» Le citoyen consent à toutes les loix>
XJn bon gouvernement seroît-il regardé comme une chimère ? Est-il loin de la portée humaine ? Non , sans doute : la régénération d'un état ne peut se soustraire à de petits maux ; mais c'est avoir presque tout gagné que d'avoir éloigné tout ce qui pouvoit blesser la liberté individuelle. Rien déplus fort que l'idée des loix ; rien qui entre plus avant dans l'ame humaine. L'idée des loix subjugue tous les esprits ; peu d'êtres s'y dérobent ; le nom seul soumet les plus rebelles : c'est que l'homme est né pour les loix, c'est qu'il ne peut s'y dérober , et dès qu'un peuple connoît le frein des loix et s'accoutume à n'obéir qu'à elles , le peuple est vertueux. La liberté ^ dit Ropisseau, sem^
même à celles qui le punissent quand il ose en vibltr
quelqu'une. La volonté constante de tous les membres
de l'état est la volonté générale ; c'est par elle qu'ils
sont citoyens et libres. A Gênes , on lit au-devant des
prisons et sur les fers des galériens ce mot, libertas^
Cette application de la devise est belle et juste.
En effet , il n'y a que les malfaiteurs de tous états qui
empêchent le citoyen d'être libre. Dans un pays où tous
ces gens là seroient aux galères , on jouiroit de la plus
parfaite liberté.
( Contrat Social^ chap. II. ) ^
tle consister à jouir de P indépendance in^ dividuelle aussi loin que la restriction ri est pas indispensablement nécessaire au soutien de la société en général. Cette définition est trèâ«-bonne (i) \ car il est des crimes où il àe faut chercher que dans le simple bon sens Tesprit des réglemens sociaux. Comme Id législateur n'a pu jamais tout prévoir, il ne faut point l'interpréter de manière à le rendre cruel ; les circonstances doivent rectifier la loi , lorsqu'il y a une évidence poMtive d'équité ou d'utilité publique.
Dès qu'on applique les principes d'équité et de bienveillance aux loix ; dès qu'on est attentif aux relations de la vie civile , on a saisi l'art de gouverner les hommes. Le vuU gaire ne peut connoître les loix que par leur
{f) C'est d*aprés elle que Ton peut concilier les idées si différentes et même n contradictoires du droit naturel de rhomme, et terminer ainsi toutes les discussions* Le droit naturel est une loi générale et souveraine qui régie les droits de tous les hommes ; car Ton ne peut jouir du droit naturel que conformément au bénéfice qui résulte du concours des travaux de la société.
Cet apperçu proscrit les disputes philosophiques et toutes les abstractions idéales et nulles.
effet îmmëdiat , et le peuple ne $e trompe' gueres sur leur utilité ; l'usage de consulter la Toix publique deviendra ua des grande ressorts du gouyernement , parce que 1# peuple redouble de patriotisme et de zèle dès qu'il s'honore à ses propres yeux ; or ^ on est souvent obligé d'ébranler le préjuge par la base lorsqu'on ne peut atteindre à la cime.
Un moyen de faire de bonnes loix , c'ett de se dire mentalement : si le public ayoi le choix confirmeroit-il tel statut ou telle loi ? Cette question résoudroit d'une ma^ niere simple ujie foule de problèmes politiques etcirils , en apparence tràs-difficuU tueux. Le dernier appel des Loix doit être au sens commun / il faut établir un principe invariable auquel devront se rapporter tous le3 autres : et ce principe est celui que nous ne cessons de répéter ^ utilité publique .
Le monde se gouverne par lui - même ^ disoit souvent Urbain VIII. Ce mot est d'un très-grand sens ; c'est la somme prépondérante de tous le^ intérêts personnels réunît qui emporte nécessairement vers le biejj général quelques intérêts particuliers revê* ches ; ainsi l'oii peut supposer dans toute
(3a8) qtfand il recommandoit la tempérance^ là simplicité'; quand il parloit de la prodi»
U pojte ait Dieu m'a placé. Mais les petits tttscocrates de Berm et de SoUure , etc. n'étoient point faits pour -cnteadre Rousseau.
Jamais b Suisse qlii , en général , se morfond dans de pauvres loix usées et de vieilles et misérables habî* tudes , n'a pu et ne pourrai de long-temps saisir le sens des paroles suivantes : ce Comme mille érénemeos peo^ 9» vent changer les ^apports d*un peuple, non-seuleiiient fcs différens gouvernemens peuvent être bons à divers Il peuples, maïs au même peuple en dif&rens temps. »
( Contrat Social , liv. III , chap. I. ) , Toutes les disputes pédantesque^ sur la bonté j-elatîve des gouvernemens sont tranchées par notte publiciste , lorsqu'il soutient : ce Qu'il n'y a pas une constitmion » de ^Quvernement unique et absolue, mais qu'il peut y 99 avoir autant de gouvernemens différens en nature que ^ ' d*états d^érens en graadenr. 99
( Contrai S^ial» ) .
Nous , en faisant notre constitudov , nous ne Pavons ipèkm «odelée sur autrui ^ mais nous avions pris les -hasts esstntuUes par lesquelles a Vctat existe par lui* m même, tandis que le gouvernement n'existe que par la •M souveraineté du peuple. »
• Concentrer tout le pouvoir exécutif dans les main^ d'un magistrat unique dont tous les autres tiennent leup pouvoir, cette forme, que nous avons adoptée, s'apjj^elle monarchie ou gouvernement royal ; mais comme le
( 3*9 ) gîeuse difEcnîté d'allier rîncortniptibilîté
publique arec la corrnption des mœurs (i) ,
ëtoît-il compris ?
n fut le premier qui insista fortement sur la nécessité de Tesprît public , et qui recommanda la courte durée de tous les fonctionnaires publics. Si le grand homme , di»oit-il ^ est long* temps à la tête des afiPai* res , il y deritnt deOT>oste : s'il y est trop peu de temps, l'administration se relâche.
Comme il ayoit senti qu*il ne peut eidster de liberté indÎTÎduellc sans indépendance
fouvemement est réeileineat snscsptiUe d'iiuant de formes direrses que Vim a de «tioyens , 4ious avoa^ voulu comnettre le d^ôt du gouvernement à tout le peuple ou à la plus grande partie du peuple» placer vn mnpstrat umfue pour r-e«ic«»îaa 4es lûix , sous JLe nom de roi ; de sorte que le gouvernement des François n*est à la lettre qu'une démocratie royale. Il nVst pas bon que celui oui fait les loîx les exécutif ; mais il seroit non moins absurde que dangereux de faire du prince et du souver/tin une mime personne j, et de ne former alors qu'un igouvernemeht sans gouvernement*
{Voyez Contrat Social.) .(i) Qui veut nourrir dans son sein des opiilioni super-célestes , qu'il se garde d*avoir des mœurs sou« tecraûifS» {^Montaigne.")
(|>èt50imeUe , il en avoit conclti qu'il fâtaf nécessairement à l'homme une profession méchanique ou une industrie portative qui •le mette à l'abri du besoin ; voilà pourquoi Rousseau fit de son Emile un. menuisier^ il voulut que pour être sincèrement libre ,8pn ëleve eût un métier; qu'en entrant dans^ .une boutique , il dise y muître , m^ voici; .du pain pour du travail; or, je le demande à tout esprit sensé \ Rousseau ^ créant son garçon menuisier toujours fier, ne courbant point le front devant l'homine , s'honoranjr du métier qui lui assuroit son indépendance aussi loin du pain amer de l'aumône que des gains honteuk ou illicites (i) , n'avoit il pas apperçu l'éducation nationale conforme à notre régénération actuelle, ptdsqu'elle
rika^
( I ) Il est un climat sur la surface de la terre où toutes les fonctions de Tétat > depuis la plus importante jusqufà la moins considérable \ sont au plus offrant ; où Ton n'a rien sans argent > où Ton a tout avec de l'argent, et où Ton a la bêtise de blâmer la cupidité et l'esprit d'intérêt : eh bien ! ce peuple-là préftend être le plus policé de tous les peuples; et le comble (Au prodige , c'est que ce titre ne lui est disputé par
.aucun autre peuple»
( Lettres de Rousseau^)
^âoît pf oôcrîre ces adorations superstitieuses pour des arts frivoles ou pour des professions dangereuses ? Qui , avant Rousseau , auroit osé parler de la boutique ^ du maître^ du tablier , du raboC^ des épargnes de la semaine? Les beaux esprits, le beau monde^ la bonne compagnie frissonnèrent à ces mots abjects pour leur oreille ignorante, et superbe , car ils regardoiënt les métiers comme au-dessous de la banque } en effet, l'on ne dîne pas chez le cordonnier ; mais lui , Kousseau, préfëroit le cordonnier au banquier, et même au faiseur de vers.
Qui ayoit senti comme Rousseau la su^ périorite d'un homme libre se plaçant audessus des esclaves de la fortune , ded académies et des cours ? Lorsqu'on ne croyoit point encore à 1'^^:///;^, etc. Rousseau voyoit„ pr£choit V égalité politique dans tous les ordres de citoyens ; vouloit que l'homme vivant du travail de ses mains fût M égal . d'un autre homme dans tous les temps i et pour faire pratiquer cette égalité ^ pour la graver dans tous les cœurs , pour en imprégner tous les esprits, il mit un az^o/ dans lea mains de son Emile (i) ; n'étoit-ce pas-là»
(i) Comment ftic-il récompensé de ce chef^d'œuvra;
tScrîre d'aTftneedans Y^déclaratàondesdrxntii et en style clair %t image , que tous les hommes sont égaux P n'étoic^ce pas-là ren<* ▼erser tout système anti-populaire et coubséquemment pcrv rs ? — Maître , du pain pour mon travail^ voici mon rabot. — Rous^ seau ayoit indiqué jusqu'à quel point la
%Hta
au momem At son apparition ? par des tenreurs sans sombres : on lui parle de bastille , de décrets de prise de corps , d*exil ; le trembleur Malesherbes et Madame de Luxembourg achèvent de lui troubler la tète ; le prince de Conti a ob.enu qu'on ne le potirsutre pas s'il s'é« loigne ; le Choiseuil , qui haissoit la vertu et les hommes libres , l'abandonne au parlement ; il est décrété à Paris; peuf jours après il est décrété à Genève : Voltaire en lit d'un rire de démon. Rousseau partit seul , pauvre , soufFrant, traité comme un criminel , fuyant la cabale parlementaire, fanatique et ministérielle ; mais les misé* râbles aristocradcs de toutes couleurs qui hérissent I9 Suisse l'y poursuivent encore : tout^ la protecdon de Frédéric le Grand ne put le défendre dans l'asyle dç KeU' .bâcel contre quelques prédlcans ; Berne signale sa dure intolérance; il cède à l'orage, il passe les mers; ainsi fut exilé de France le publiciste à qui la France doit en plus grande partie sa liberté ; ainsi le despotisme» aveugle tourmentoit toute plume utile au genre humain* Ces persécutions accumulées firent qu'il envisagea sei malhetuï comme la ligue e^flcertée d'une génératiom tatiere.
travail et Kiidépendance peuvent élever le moindre individu, améliorer les hommes et les disposer à la fraternité universelle. Lea idées qu'on n'entendoit pas alors nous le% avons adoptées, consacrées; il falloit bien y venir après avoir vécu si long -temps éCina/tité, d'illusions ; l'homme du peuple est aujourd'hui un homme, et ce n'étoit autre^ fois qu'un artisan , qu'un ouvrier.
£st*ce du goftt pour la phrase ou du goût pour les choses qu'il faut, avoir f choisissez : Rousseau vous satisfera également.
Lorsqu'on songe qu'il éleva le phare propre à guider notre première législature ; qu'il établit l'inaliénable soureraineté du peuple\ qu'il écarta toute localité , tout préjugé , tout système ; qu'il rétablit les gouvernés dans les prérogatives inhérentes à Tessencô primitive* de la société humaine ; qu'il opposa la force du peuple à l'audace de la tyrannie et aux raisonnemens monstrueux des faux publicistes ; quand oft songe qu'il combattit la force d'opinion qui subjuguoit la force réelle ; qu'il jetta une lumière pure Sur des questions jusqu'alors embrouillées, mais intéressantes pour l'humanité entière , et faites pour triompher en ce qu'elles sont
destinées à rendre libres tous leS peuplée de l'univers, et qu'il traçoit ce code dans un temps où les rangs étoient pris pour des droits , dans un temps où tous ces rangs s'opprimoient graduellement entr'eux et pe* soient tous ensemble sur le peuple , on se livre à un sentiment d'admiration et de re-» connoissance pour celui qui osa décomposer cette liiérarchie oppressive , relever un j)euple ravalé, tracer le y?//!/^ incontestable de la société bien ordonnée , plan que rkomme ne peut plus abdiquer volontaire-^ knent, puisqu'il le tient de la nature et qu'il est éternellement sanctionné par elle.
Et les fruits qui en dévoient naître sont déjà au jour! N'est-ce pas lui qui a préparé le sort nouveau de la Pologne, où la raison et le droit naturel viennent de remporter une première victoire ? n'est-ce pas lui qui a appelle de loin à la liberté les habitans des villes, premier pas au terme d'une régéné». ration complette ? et combien ce premier pas étoit-il encore contesté lorsqu'il écrivoit ? non : son génie ne cessera point d'agir jusqu'à ce que les serfs des campagnes, devenus libres^ ne soient associés eux-mêmes à tous les avantages du pacte social» Hous^eau
if a-t-il pas dit aux nobles Polonols et au;K / Starostes , que s'ils ne vouloient pas voir s'anéantir leur république, il falloît qu'ils appellasscnt cette classe nombreuse d'hommes libres prêts à insurger contre une tyrannie qui ne pouvoit plus diurer ; qu'il falloît , dis- je, qu'ils l'appellassent, malgré leur fierté antique et leur orgueil démesuré , à l'exer*cîce tardif de la souveraineté} Domptés par la terreur, les nobles et les Starostes ont enfin adopté le conseil de notre publicîste ; c'est le seul qui puisse créer aujourd'hui ûne^ force suffisante pour résister aux entre*' ^ïtses des cours voisines et puissantes.
Voilà ce que Rousseau a voit prévu, avoît affiriHé : et xj^el autre que lui sema daM toutes désœuvrés, avec une persuasion tranquille et faite pour convaincre^tous ces principes humains et raisonnables qui ont répandu dans toutes les classes de la société riiorreur du régiriie arbitraire , le respect pour les professions utiles , le dégoût pour le faux savoir , pour le faux brillant du bel esprit., et 3ur-tout pour le faux éclat de« grandeurs ? Un gouvernement déprédateur ^ scandaleux, despotique, oseroit«il se mon<^ trer impunément à l'univers tooit que 1«
( 336 ) contrat socud existera , tant que ce UvrÊ exposera en caractères lumineux et indélébiles le fondement de toute association légitime (i) ?
P. S. Voilà , ami lecteur , tout ce que mon foible apperçu a pu extraire ou analyser des différons écrits de Rousseau.
N'ayant point subordonné ses idées à un plan correct , encore moins à une xnarché
(i) n n*en avoit pas moins le génie extrèoiement fin. Qu*oo se rappelle cette converfadon qui se tient dans le même bosquet où St-Preux avoit autrefois ro$« le premier baiser de son amante ; en quittant le banc ou ils étoient assis , Wolmar embrasse sa femme et St- Preux, et il veut qu^ils s'embrassent. Quand ils sont sortis du bosquet) Wolmar , en le montrant, rit et dit à sa femme : Julie 9 m craigne^ pliu ici asylt ^ il vient dttf frofané.VLot excellent qui annonce que Rousseau avoit vécu dans le monde ; de pareils traits n'échappent jamais à des écrivains qui ne se sont formés que dans des Uvres.
Lorsque Julie est morte , il ne fait point parler St- Preux ; il suc imiter ce peintre de Tàntiqulté, qui, ayant épuisé son art à peindre la douleur des assistans au sacrifice dlphigénie , et n'ayant plus de couleurs poiv fendre Taffliction paternelle , couvrit d'un voile la face 4x1 père de la victime,
mëthodi(]tie^
méthadîqpte yi\ù, laissé -à ses-.admiratefirçj^ peine et le plaisir de former eux-mêmeg un tout régulier Je ses pensées éparses. Comme l'on n"^eirtrepoint en commun ipatioiïaveclin
J)ïirèit étfrîvdin sens Vbhiptë ni sans profit
SI
du désir de poursuivre par- tout ses .pluj clrier^s ^.rgçeplus iniiw^â;^ $es plu* . fugitives idées^^i^'rJ^iloizx dsl bieRidescendr'e en lui^
(i) Voici quelques rnaVimps^que fai rêtùeïllîes dé plusieurs lettres de Kouss^ai} encx)re manuscr.tes.
Lliabftude du travail conduit a vaincre la doi^euf du c6rp% et là fècompen<;é de'cè^ç yic^irô e$t quelquefois e mépns de ja mort même. , ' '
' La vicissitude des choses humaines est unç justice
impuissance
aire le bon. . ^ , .....
•■^- ■•■ . i » ■•' r' .î'»-ï'^i4*Ti.'.i Cl :;i.'. t""i-i •' '■' ■•'• ' Ceux qui. sdunaitçnt siflcerement gu bien aux autres
sent quelquefois plus généreux que ceux qui leur en font, ...
crct'on.