‹ De Jodelle a Moliere; tragédie, comédie, tragi-comédieChapitre 14 sur 92 · Le Laquais, II · texte numérisé non relu

Le Laquais, II

grands hommes de Ihisloire^; F'idence, épris de la gouvernante Dame Elisabeth, lui fait des odes en style de Ronsard — ce qui paraît peu révérencieux de la part de Larivey — et compare son idole à celles qu'ont chantées le grand poète et son ami Du Bellav : « Mais pourquoy sitost s'est retiré de mes yeux le soleil qui donne jour à ma vie, ma gentille Dame Elisabeth? Quel remède y a-il? Omnia viiTcit A mon et nos cedamiis amori. 11 me semble y avoir {)lus de mil ans que je n'ay repeu mon cœur ny mes yeux affamés de l'ambroisie et très doux nectar que distillent en moy les plus divins flambeaux de ma très belle déesse.... Au moins, qu'elle ouyst ces miens tant doux propos, parce que par là elle cognoistroit que l'esprit de Ronsard et de Du P>ellay, par la grâce de ses estincellans yeux, font en mon estomac une fontaine de très éloquente éloquence. C'est pourquoy elle sera par moy quas une nouvelle Cassandre, et une autre Olive, par mon stil très célèbre^, »

Sot, bavard, amoureux, le pédant est ainsi une proie naturellement dévolue aux mauvais plaisants et aux valets; il n'est pas de farce indécente qui ne lui soit faite '\ et il est le personnage le plus berné de la comédie du xvr siècle avec le vieillard amoureux, dont nous avons parlé, et avec le soldat fanfaron, dont nous avons à parler encore.

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