‹ De Jodelle a Moliere; tragédie, comédie, tragi-comédieChapitre 15 sur 92 · Voir notamment, la Constance, IH · texte numérisé non relu

Voir notamment, la Constance, IH

Nul personnage de théâtre n'est plus caricatural que le soldat fanfaron, et ce qui prouve pourtant qu'il ne manque pas absolument de vérité, c'est que nul n'a été plus universel. Le soldat fanfaron a été la joie du théâtre grec, du théâtre latin, du théâtre italien, du théâtre espagnol, du théâtre français du moyen âge : il est venu de trois sources à nos auteurs du xvi'' siècle, de quatre ou cinq à ceux du xvii°.

Au moyen âge, il figurait même dans les mystères sous les traits d'Olibrius, le bourreau de Sainte Reine, le pourfendeur légendaire, « Tocciseur d'innocents ^ », et il inspirait plusieurs pièces, dont on peut voir l'analyse dans les livres de M. Petit de Julleville, et dont les plus intéressantes sont sans doute la farce de Colin ^ fils de Thenot le maire et le monologue du Franc archer de Bagnole t. Colin, fils de Thenot le maire, est allé se battre dans le royaume de Naples et est devenu célèbre dans son pays par sa vaillance. Il revient ayant perdu sa jument, son bonnet, sa cotte de mailles, mais ramenant un prisonnier. « Montre-nous-le, dit le père. — C'est que j'en ai peur. » On finit par l'amener.

L'as-tu bien conquesté si grant?

Colin, tu estois vaillant homme!

— Et je le prins au premier somme, Cependant comme il se dormoit, Et j'escoutoy comme il ronfloit.

Alors le courage me creut.

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