Les Neapolilaines, I
Tantôt don Dicghos semble un démon, tantôt « un petit ange, ou plustost un petit Cupidonneau »; aussi a-t-il pour devise « une abeille avec ces mots : Frezia ij miel, voulant donner à entendre, par la flèche et le miel, qu'// est brave guerrier et amoureux tout ensemble * ».
Le plus souvent, c'est à contre-cœur que ces braves se laissent détourner de la guerre par Tamour; mais ils sont si beaux que toutes les femmes les adorent. Même quand il roulent les yeux en leur tète et froncent leurs sourcils, leurs ennemis tremblent, la canaille pâlit, mais les femmes soupirent après eux^. Que faire? « C'est quelquefois grand peine d'estrc si aymable », dit languissamment don Dieghos^; et le Capitaine des Tromperies : « G! que c'est une grande misère que d'estre beau outre mesure'.... Tu as tousjours un varlet ou une chambrière à ta queue, qui te prie que tu te laisses veoir... Mon Dieu! quel rompement de teste que c'est de les escouter et de leur respondre'' ! »
On devine aisément ce qui en est de toutes ces belles paroles : les femmes se moquent des bravaches, et ils se gardent bien de s'en apercevoir. Môme quand la maîtresse de don Dieghos lui ferme sa porte au nez sous prétexte qu'elle a des lettres à écrire, il reprend avec une suffisance admirable : « Or, adieu donc, je m'en vay; mais gardez bien qu'en voz lettres en lieu d'une autre chose vous n'escriviez de moi : car la lan^fue et la main suivent