‹ De Jodelle a Moliere; tragédie, comédie, tragi-comédieChapitre 22 sur 92 · Les Tromperies, IV · texte numérisé non relu

Les Tromperies, IV

Zb DE JODELLE A MOLIERE.

souvent la pensée*. » — Les valets et les parasites décochent à ces hommes chatouilleux leurs plaisanteries les plus lourdes sans avoir jamais à s'en repentir. Il y aura bientôt un tournoi en cette cour, dit don Dieghos, « je n y seray pas oublié. — Gaster. Vous y serez cogneu un oyson parmy les cygnes.... Je voulois dire comme un cygne parmi les oysons. — Ha! je voyois bien que tu faillois-. » — Enfin ces épouvantails du Grand Turc^ ces hommes qui ont conquis au roi la plus grande part de son royaume *, sont d'une inconcevable poltronnerie dès] qu'il n'est plus question de parler et qu'un danger réel se présente. Prouventard tremble devant un valet qui fait le brave et se cache derrière son propre laquais ° ; le Capitaine des Tromperies a aussi tellement peur d'un valet qu'il se met dans un coin pour s'y barricader^; le Rodomont de Turnèbe demande « trois ou quatre harquebusiers et autant de mousquetaires » avant d'oser réclamer sa fiancée^; et Fierabras ^ après s'être flanqué de vingt-cinq ou trente archers pour enfoncer la porte de Vincent, n'en détale pas moins au premier bruit en abandonnant ses troupes.

Mais aussi quelles raisons ingénieuses ne trouvent-ils pas tous pour expliquer leur lâcheté! C'est leur valet — bien innocent dans la circonstance —

î. Les Neapolitaines, III, 7.

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