‹ De Jodelle a Moliere; tragédie, comédie, tragi-comédieChapitre 23 sur 92 · Les Jaloux, V · texte numérisé non relu

Les Jaloux, V

qui a retenu leur colère; c'est leur noblesse natu-

Ile qui les a empêchés de se commettre avec des Niiains; c'est la conscience de leur force excessive qui les a empêchés de se laisser aller à un trop grand carnage. Ainsi Rodomont reproche à son valet de Tavoir empêché de tuer « cinq cens hommes pour le moins ^ »; Fierabras n'a rien dit au crocheteur qui l'insultait parce que son épée n'est pas arme « à souiller au sang des faquins^ »; et si, le même jour, il n'a rien fait à ce jeune homme qui l'a jeté au milieu de la fange, c'est qu'il était occupé à <»^ « nettoyer de ceste ordure » : si le jeune homme

it attendu seulement un quart d'heure ^!... Brisemur, au premier bruit inquiétant, a montré qu'il avait bon œil et bonnes jambes et qu'il était fort

u^er à la course-, mais écoutez ses fières exphca- Lions : « Je ne m'en suis fuy de crainte, mais pour ce que, voyant vous autres les armes nues au poing

i vous oyant crier : tue ! tue ! m'imaginant qu'alliez laire quelque signalée entreprinse, je me mis à courir pour mettre fin à l'estrif avant que fussiez arrivez, ' l ainsi vous deslivrer de peine et moy r'emporter l'honneur *. »

La charge est-elle assez forte, la caricature estlle assez poussée! II*semble qu'on ne saurait s'éloiiier davantage du naturel et de la vérité. — C'est

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