‹ De Jodelle a Moliere; tragédie, comédie, tragi-comédieChapitre 27 sur 92 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

il n'est question, dans le texte de Jean de La Taille, ni de rochers, ni de forêts, ni môme de caverne; en revanche, nous y trouvons le chœur, le chœur des lévites qui, tout à l'heure, maudissaient avec force la magie et rappelaient les supplices infligés par Saûl lui-môme aux magiciens. Ne semble-t-il pas, à consulter le bon sens, que, puisque la pythonisse a grand'peur d'être trahie et puisque le roi, pour la rassurer ou pour n'être pas surpris en flagrant délit de désobéissance à ses propres lois, a pris la précaution de se déguiser, ni Tun ni l'autre ne devraient parler et se livrer à leurs abominables pratiques en présence du chœur des lévites? et, même si le chœur a voulu surveiller le roi sans être vu (auquel cas il ne ferait pas mal de nous avertir), ne semble-t-il pas, et qu'il a dû lui être difficile de se transporter secrètement à Endor en même temps que Saûl, et qu'il doit lui être difficile maintenant de dissimuler sa présence? Le chœur est pourtant là et mêle sans cesse ses réflexions à Faction. Vous figurez-vous des sorcières du moyen âge procédant mystérieusement à leurs évocations devant un chœur de prêtres ou de moines? et des voleurs forçant tout doucement des coffres-forts devant un chœur de juges ou de gendarmes! Mais « il faut qu'il y ait un chœur, c'est-à-dire une assemblée d'hommes ou de femmes, qui à la fin de l'acte discourent sur ce qui aura été dit devant^ ». Pour Jean de La Taille et pour ses émules, voilà qui répond à toutes les objections : c'est le sans dot d'Harpagon, c'est la tarte à la crème du Marquis.

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