‹ De Jodelle a Moliere; tragédie, comédie, tragi-comédieChapitre 29 sur 92 · LE SOLDAT · texte numérisé non relu

LE SOLDAT

Chercher en vostre camp la fortune meilleure.

LES LEVITES

Tu y peus donc aller, car les deux camps sont prests De se charger l'vn l'autre, et sont icy auprès. Voicy auec le Roy vestu d'estrango guize La dame Philonisse, ù damnable entreprise!

(Fos 18 v° et 19 r».)

Entrent « la Phvtonisse, Saûl, le premier et second Escuyer », et la pythonisse prend la parole :

Quiconque sois, Seigneur, qui viens, comme tu dis. Au secours de mon art d'vn estrange pais. Quel tort t'auroy-ie fait, que tu viens icy tendre Vn tel laqs à ma vie, à fin de me surprendre?

Saûl lui demande d'évoquer Tesprit de Samuel, et la pythonisse y consent :

Aiant donc fait icy les inuocations, l'irav faire à l'escart nos coniurations.

Les invocations faites, elle s'en va, en eiTet (sans doute dans sa maison), car les Lévites disent :

Mais où s'en court sans le Roy Geste Dame enchanteresse, Qui de murmurer en soy l)es vers furieux ne cçsse, Et toute decheuelée, Où va elle ainsi troublée?

SAUL

Ilclas (|uell(' horreur i'ay! ia tout mon poil s'hérisse Des hurlcmcns ([ue fait leans la Phitonisse Qui veut faire en secret ses coniurations!

60 DE JODELLE A MOLIEPE.

La pylhonisse reparaît et reproche à Saûl de lui avoir caché qui il était : elle vient de voir Samuel, qui s'est d'abord montré à elle seule, mais qui, bientôt, au grand elTroi des écuyers et des lévites, obéit aux sommations de la sorcière, s'avance devant le roi et lui prophétise sa perte toute prochaine. Saûl s'évanouit, puis revient à lui et se lamente.

LA PHITONISSE

Ores ne m'esconduy d'vne soûle requeste : Fay moy cesle faueur d'entrer chez moy, à fin De te renforcer mieux en y prenant ton vin.... 0 vous ses seruiteurs taschez à le llechir Pour le faire chez moy (juc'lque peu rafreschir.

SAUL

Celuy ne doit manger à qui la mort est douce. Mais où est-ce qu'ainsi maugré moy Ion me pousse?

LES LEVITES

La faim, le long ieune, et l'horreur De ta mort proche auec la peur Ont afîoibly tes sens si fort, Qu'on te mène helas comme mort.

(F« 23 r" et v°.)

L'acte IV commence au moment où Saûl sort de chez la pylhonisse, et ne comporte donc pas de changement de lieu :

SAUL

Tu m'as doncques, Seigneur, tu m'as donc oublié... Mais ie vas, puisqu'ainsi en mes maulx tu te plais. Finir au camp mes iours, mon malheur et ta haine. Mais que veut ce Gendarme accourant hors d'haleine?

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