La Reconnue^ III
niflour Gourdin, ils sont, en matière d'amour, plus fols qu'eux'. » Et le vieillard de la comédie donne raison à Gourdin. Le rhumatisme a beau engourdir ses membres, le catarrhe a beau secouer sa poitrine, il se sent jeune, et surtout il s'évertue à se faire jeune. « Je vous jure, dit Ambroise, que, depuis que je suis devenu amoureux de ceste-cy, il n'est jour que je ne sois chez maistre René, le parfumeur- »; et M. TAvocat :
Je me sens toutefois saisir Le cœur d'une jeune .illegresse, Je ne sens rien de la vieillesse; Mes membres sont gaillards et forts.
Je n'ay rien dessus tout mon corps Qui me face monstrer caduque Que la dent noire et la perrucjue Et des sillons dessus le front, Qui vieillard et ridé me font.
Au reste, je suis fort gaillard, J'ay le parfum, le gand mignard, L'escarpin, la chausse coupée, La gibecière bien houpée, La robe faite à haut collet...
{La Reconnue, III, L)
11 s'exerce même à jouer son rôle d'amoureux séduisant :
Maintenant il lave sa face, Maintenant, frizant ses cheveux.
Il vous contrefaict l'amoureux Avec une petite chatte Que par parolles il afllate Ainsi qu'un jeune tendrette.
{Les Esbahis, I, 3.)
Vains efforts! La jeune fille pour qui tant de
i. La Vefoe, 1, 4.