‹ De Jodelle a Moliere; tragédie, comédie, tragi-comédieChapitre 36 sur 92 · PHEDRE · texte numérisé non relu

PHEDRE

Efforce toy, mon cœur aye bonne espérance, Commence a l'aborder.

Hippolyte était-il parti, et vient-il seulement de rentrer? Était-il là, mais Phèdre ne Tavait-elle pas aperçu? Quelque hypothèse qu'on adopte, elle paraît en désaccord avec le contexte. Le passage de Sénèque est très clair, au contraire, et Garnier en a presque tout reproduit; mais un scrupule de décence lui ayant fait mettre dans la bouche de la nourrice quelques vers de la Phèdre latine, cette modification a suffi pour le dérouter*.

A la fin de l'acte IV, il n'y a aucune liaison entre le monologue de Thésée maudissant son fils et le monologue de la nourrice gémissant sur les malheurs de la famille royale : ce dernier monologue a été ajouté par Robert Garnier.

Au cinquième acte, le messager termine ainsi son récit de la mort d'Hippolyte :

Nous luy disons adieu, maudissant le destin, Le char, les limonniers, et le monstre marin, Causes de son malheur : puis dessur nos épaules L apportons veuf de vie estendu sur des gaules.

Ce dernier trait, qui n'est pas exactement traduit de Sénèque (Passim ad supremos ille colligitur rogos. Et funeri confertur ^), pourrait bien être une précaution louable de Garnier; mais c'est une précaution poétique, non une précaution dramatique. Le cadavre a-t-il été apporté sur la scène? rien ne

1. Cf. Garnier, t. II, p. 4748, III, v. 1305-13:}6; et Sénèque, II. 2 ol 3. V. 087-600.

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