PHEDRE
Efforce toy, mon cœur aye bonne espérance, Commence a l'aborder.
Hippolyte était-il parti, et vient-il seulement de rentrer? Était-il là, mais Phèdre ne Tavait-elle pas aperçu? Quelque hypothèse qu'on adopte, elle paraît en désaccord avec le contexte. Le passage de Sénèque est très clair, au contraire, et Garnier en a presque tout reproduit; mais un scrupule de décence lui ayant fait mettre dans la bouche de la nourrice quelques vers de la Phèdre latine, cette modification a suffi pour le dérouter*.
A la fin de l'acte IV, il n'y a aucune liaison entre le monologue de Thésée maudissant son fils et le monologue de la nourrice gémissant sur les malheurs de la famille royale : ce dernier monologue a été ajouté par Robert Garnier.
Au cinquième acte, le messager termine ainsi son récit de la mort d'Hippolyte :
Nous luy disons adieu, maudissant le destin, Le char, les limonniers, et le monstre marin, Causes de son malheur : puis dessur nos épaules L apportons veuf de vie estendu sur des gaules.
Ce dernier trait, qui n'est pas exactement traduit de Sénèque (Passim ad supremos ille colligitur rogos. Et funeri confertur ^), pourrait bien être une précaution louable de Garnier; mais c'est une précaution poétique, non une précaution dramatique. Le cadavre a-t-il été apporté sur la scène? rien ne
1. Cf. Garnier, t. II, p. 4748, III, v. 1305-13:}6; et Sénèque, II. 2 ol 3. V. 087-600.