Théâtre de Sophocle, traduction Pessonneaux, Paris, Char
De tels rapprochements suffisent largement à expliquer ce qu'il y a de précision dans les indications scéniques de Garnier; la multiplicité des lieux où il transporte son action, c'est la divosité môme des lieux où se passent les Phéniciennes latines et VAntigone grecque; et, à coup sûr, nous avons fait œuvre vaine, quand nous avons planté^ pour en encadrer un pur exercice d'humaniste, un décor multiple comme le théâtre populaire en comportait seul.
Si, dans aucun document, il n'est question de représentation de la Troade et d'Anligone, nous savons, au contraire, que Bradamante a paru sur le théâtre au xvii^ siècle et que, dès 1582, quand il publiait sa a tragecomedie », Garnier se préoccupait des conditions dans lesquelles elle pourrait être jouée : « Et parce qu'il n'y a point de Chœurs, comme aux Tragédies précédentes, pour la distinction des Actes : Celuy qui voudroit faire représenter celte Bradamante, sera s'il luy plaist adverty d'vser d'entremets, et les interposer entre les Actes pour ne les confondre, et ne mettre en continuation de propos ce qui requiert quelque distance de temps ^ » Ces renseignements ont leur intérêt et confirment ce que la lecture de Bradamante nous apprenait déjà : que cette œuvre, assez heureusement inspirée du Roland furieux^ est la plus dramatique de toutes
penlier, in-12, p. 33 et 47-48. Sophocle, Aniigone, v. 771-772 et 1174 et suiv. * •