LU Vefve, III
r. DE JODELLE A MOLIERE.
m'amyel Je ne vous puis refuser; tenez, voilà deux escus. — (jrand mercy. Je voudrois qu'il y eust beaucoup de tels hommes. Si j'avois encore dix francs, je retirerois mon frère de prison ; je vous bailleray gage, s'il vous plaisl me les prester\ »
En vérité, la convention est ici réduite à la portion congrue et la femme d'intrigue est le personnage le plus vrai et le plus vivant de tout ce théâtre. <^^ Rien ne serait plus aisé que de l'étudier dans les Ébahis de Grévin, la Veuve de Larivey, la Cëlestine, de Lavardin et les Contents d'Odet de Turnèbe, sous son quadruple aspect de femme dévergondée, de flatteuse, de fourbe et d'hypocrite^Mais ce serait montrer — et tel n'est pas aujourd'hui notre dessein — que le xvi^ siècle a parfois réussi dans la peinture des mœurs, surtout quand il s'est agi de représenter ce personnage dépravé, cher alors au théâtre italien et au théâtre espagnol aussi bien qu'au nôtre.
Le valet n'était pas moins en faveur. Mais, s'il y avait aussi une part de vérité dans son rôle, la part de la convention et de la tradition y était de beaucoup la plus forte.
Le valet de la comédie vient de loin, et, si l'antiquité suffit à établir la noblesse, le personnage le plus subalterne de notre théâtre est en même temps celui dont les quartiers de noblesse sont les moins contestables : d'autant moins, que pendant des siècles il a jalousement gardé sa physionomie pri-