S0PH()M>iI)E 11 TRAflEDIE PAR || A. MONTCRETIF.N. |1 A
Madame de Lavervne. || A CaenUPar la Vevfve de Iaqvfs
tragédies de Montchreslien ^ ; j'en ai comparé les textes à celui du recueil de 1604, et voici les réflexions que cette comparaison m'a suggérées.
Les trois éditions diffèrent notablement par la langue et le style ; peu de vers sont passés intacts de l'une à Fautre; et Ton peut dire que le poète a écrit trois fois sa Sophonishe. Gomme son goût était fort loin d'être sûr, ses remaniements n'ont pas toujours eu pour effet — et il s'en faut bien — d'améliorer ce qu'il avait écrit. Cependant il a fait la chasse à certaines incorrections, et en voici deux, prises dans la même page de l'édition de 1596 (p. 39, acte II), qui ont disparu en 1601 et en 1604 :
LELIE
le m'en vois droit a luy. Boii-iour mon Massinisse, Et bien que dit le cœur?
MASSINISSE
Hé! que veux-tu qu'il disse?...
LELIE
Il faut aider l'ami, Et quand est pour mon chef ie n'aimes a demi.
Ce qui est remarquable surtout, c'est combien, de 1596 à 1601,1e jeune poète s'est détaché des traditions de Ronsard et des procédés de Du Bartas. On trouve, par exemple, dans la Sophonishe de 1596 un grand nombre de composés et de juxtaposés :
1. Les II Tragédies \\ de Ant. || de Monchrestien sieur || de \'AS- TEUILLE II Plus II vue Bergerie et vn Poème de Susanne. \\ A Monseigneur Il le Prince \\ de \\ Condé. \\ A Rouen \\ chez lean Petit dans jj la Court du Palais Auec \\ Priulege \\ du Roy.