‹ De Jodelle a Moliere; tragédie, comédie, tragi-comédieChapitre 79 sur 92 · Il va en èlre question fout à l'heure · texte numérisé non relu

Il va en èlre question fout à l'heure

2. Observations de Scudéry sur le Cid (t. XII, p. 450): « D. L'rraque n'y est que pour faire jouer la Beauchâteau. » — Corneille, Discours du poème dramatique (t. I", p. 47-48) : « Les épisodes sont de deux sortes, et peuvent être composés des actions particulières des principaux acteurs, dont toutefois l'action principale pourroit se passer, ou des intérêts des seconds amants qu'on introduit, et qu'on appelle communément des personnages épisodiques.... Aristote blâme fort les épisodes détachés, et dit que les mauvais poètes les font par ignorance, et les bons en faveur des comédiens pour leur donner de Vemploi. L'Infante du Cid est de ce

Voilà Tensemblc construit. Pour le détail, n'aurai-je qu'à le reproduire fidèlement de Toeuvre espagnole? J'ai bien peur que non. Il faudra d'abord changer le dénouement : l'artifice de Rodrigue est trop grossier, et il m'est impossible de faire s'épouser au bout de vingt-quatre heures deux amants qu'un tel fossé de sang sépare. La conclusion devra être moins précipitée. Mais cette conclusion, quelle sera-t-elle? le mariage à plus ou moins longue échéance? bien des gens vont se récrier et appeler Chimène une parricide; — la rupture définitive entre Rodrigue et Chimène? cette solution attristera les âmes sensibles après tant de larmes que les malheurs des deux amants leur auront coûté. Mieux vaut donc jeter quelque idée du mariage futur, avec une incertitude de l'eiret; chacun conclura selon son goût et son humeur à la réalisation ou à la non réalisation de ce mariage •.

Bien d'autres scènes aussi devront changer de caractère. Je ne puis songer à faire souffleter Don Diègue devant le Roi : peut-être se permettait-on, au XII*' siècle, de souffleter le favori d'un souverain devant le souverain même; mais les spectateurs sont des liommes d'aujourd'hui et ils trouveraient qu'un pareil acte manque singulièrement de respect à la majesté royale -. — Je ne puis davantage faire battre

nombre, et on la pourra condamner ou lui faire grâce par ce texte d'Aristole, suivant le rang qu'on voudra me donner parmi nos modernes. »

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