Les Corrivaus, III
3. Les Corrivaus, III, 5 et 6. Cf. la Célestine de Lavardin, dans É. Chas les, la Comédie en France au xvi* siècle, p. 174.
d'avantage ». Et Boniface : « Dictes hardiment, monsieur, car, pour Tamour de vous, je feroy de la faulse monnoye ' ». Il ne ment pas, car il fait pis. — Pour les vieux c'est tout autre chose, et le chien n'est pas plus naturellement l'ennemi du chat que le valet l'ennemi du vieillard. C'est contre le vieillard qu'il met en jeu toute sa malice et toute sa friponnerie. Si le vieillard est avare, alors la haine arrive à son comble et tout valet est capable de dire, comme Frontin dans les Esprits de Larivey : « Je voudrois qu'il crevast, car il n'est bon à chose du monde ^ ».
Tels sont les traits généraux du type valet; mais il y a dans le type des variétés que les Italiens avaient distinguées et cultivées avec le plus grand soin. Dans leur comédie populaire, dans la Commedia delV arte, ces variétés avaient pris des noms et revêtu des costumes différents. Le valet alerte, ingénieux, inépuisable en inventions, c'était Scapin ; Arlequin — dont la physionomie a beaucoup changé depuis — c'était le valet balourd et impudent; Brighelle était fanfaron et lâche; Pulcinella était ffoinfre. Toutes ces variétés se retrouvent dans notre comédie du xvi° siècle, y
Le valet Maudolé, dans les Déguisés de Godard, ne songe qu'à manger et fait à ce sujet les plaisanteries les plus lourdes.
Gillet et Felippes, dans les Corrivaux, ont tout juste la bravoure de Brighelle. « La Nourrice. Ho, hô, d'où vient cestuicy, si eschaufé avec ceste broche, et ce cabasset en teste?.... — Gillet.