CHAPITRE V
Pansement et soins & prendre pour fovoriser guérison et la reproduction de Tes,
Pamement. — L'indication première est de bien n^^ ^^ toyer la cavité qui reste béante après la résection, et de 311^ 1^ combler d'une substance qui en tienne les parois éoarai^'^ ^" tées. La plupart la remplissent de charpie molle et sèolr^:^'^^® (SoUy, Robert), imbibée d'huile ou d'eau pbéniqu^^^^^ (OUier). Robert applique ensuite une couche de ouaL qu'il fixe par un bandage roulé de la pointe du pied ji qu'au-dessus du genou, puis il immobilise le membre, moyen de deux attelles latérales. D'autres placent pied dans un bandage plâtré, fenêtre au niveau de plaie (Langenbeck). M. OUier enveloppe le membre juL qu'au-dessus du genou dans un appareil silicate, qui fenêtre au bout de quelques jours pour pouvoir faire pansements nécessaires. Il a pour but de localiser l'i:
^animation et d'éviter les fuséea purulentes dans les gatnes voisines. M. Ollier prescrit, en outre, tout le tempi que le malade est dans l'appareil, de faire reposer le membre sur le côté externe, pour favoriser l'écoulement du pus.
D'autres auteurs, pour entretenir la plaie en état de propreté, font plonger le membre chaque jour dans un bain (Langenbeck, Liicke, Robert, etc), M. Lehmann de Polzin se sert d'une gouttière coudée h angle droit, et qui, au niveau du talon, porte une soupape que l'on abaisse pour faire le pansement. Cette disposition permet de maintenir le pied dans une immobilité complète, et de faire tous les pansements nécessaires. Le temps pendant lequel le pied doit être maintenu dans un appareil immobilisateur doit nécessairement varier suivant Ja rapidité du processus réparateur, dont l'énergie varie avec l'âge, les individus et une foule de circonstances ixtrinsèques. On est souvent obligé de renouveler ces Lppareils et de tenir le membre immobile pendant pluiieurs mois. Lorsque la cicatrisation est achevée, si * effacement du talon l'exige, on fait porter à l'opéré une iliaussure à talon plus élevé, à semelle convexe en haut, ► u bien l'on place sous le talon plusieurs doubles d'éoffe molle, des plaques de liège, de cuir, etc. Souvent on «t forcé d'adapier à la chaussure une tige servant de uteur. Mais quand faut-il permettre au malade de faire ïes mouvements ? Question très-délicate que l'expérience i résolue. Lorsque les symptômes aigus sont passés enlièrement, on commence à imprimer de petits mouvements au pied, on permet au malade de se promener le pied en l'air avec des béquilles. Hilton, qui a beaucoup
insisté, comme M. OUier, sur le respect du périoste, des granulations et de Tépiphyse postérieure du calcanéum chez les enfants, insiste beaucoup aussi sur le repos mécanique dans cette opération. Lorsqu'il autorisait ses opérés à se lever, il plaçait le g'enou fléchi à angle droit sur une jambe de bois; la jambe était ainsi dans le repos horizontal ; le pied était de plus fixé dans la position angulaire, au moyen d'une chaussure de baigneur. Ce n'est que progressivement qu'on doit arriver à faire marcher le malade sur son pied. Pour plus de détails» nous engageons beaucoup à lire les dernières pages du mémoire de Robert. Cet auteur attribue ses beaux résultats, l'absence de complications à la suite de ses 10 résections, il l'impute, disons-nous, aux soins ultérieurs qu'il a donnés à ses opérés et qu'il résume en quatre règles : immobilisation suffisante, réelle, du membre réséqué ; compression modérée et progressive; propreté par* faite de la plaie et éloignement de toutes les influences fâcheuses (miasmes, froid...), Nous regrettons beaucoup de n'avoir pas le temps d'apporter ici ces pages instructives. Robert n'est pas d'avis de promener le fer rouge sur les bourgeons blafards des cavités séquestrales; le séquestre enlevé, le processus s'améliore, dit-ih II préfère aux cautérisations le laudanum dont il humecte la plaie; du même coup, il calme ainsi la douleur et ac« tive le processus granuleux. Quant au froid, il ne l'applique qu'en se guidant sur l'avis du malade, et dans tous les cas, il a observé que la chaleur fait plus de bien que le froid. Rappelant que d'autres chirurgiens obtiennent des succès par d'autres voies, il termine son mémoire par ces mots : « JSien des chemins mènent d Rome^ et le corps humain peut supporter beaucoup sans périr. ^
Meproductiony moyens de ta favoriser. — En nous plaçant au point de vue spécial de la reproduction de Tos, nous sommes amené encore à établir deux périodes, la période d'immobilité et la période de mouvement. L'immobilité en tempérant Tinflammation empêche celle-ci d'être trop vive, et de détruire les propriétés ostéogéniques du périoste; les mouvements gradués entretiennent un certain degré d'inflammation^ et par là même rac-» tivité formatrice de cette membrane.
Chez les animaux, le calcanéum reproduit peut acquénr une épaisseur double et triple de l'état normal, à la suite de l'irritation entretenue par le frottement et par les pressions du membre contre le sol. « C'est ce même fa.ît, dit M. OUier, qui se produit dans le développement d®s exostoses des orteils ou des métatarsiens, sous Uin- *l^eiice de la pression des chaussures chez les geïis qui fpnt de grandes marches (OUier, Traité de la régén.^ t. II, P-.278).
Voyez les expériences dans lesquelles M. OUier déter-
^^ine des phénomènes d'hypertrophie osseuse, en irritant
l^ périoste des animaux vieux, en ayant soin de ne pas
pousser l'irritation jusqu'à la suppuration. « A un âge
^^ il ne sert plus à l'accroissement de Tos, où il n'a pas
P^ï^ cela même de couche ostéogène, il peut reprendre
activité sous l'influence d'une irritation traumatique,
s il faut que cette irritation ne dépasse pas un cer-
*^iri degré. » OUier, L. c, t. I, ch. V, p. 175. Voyez
^^oore ch. VI, § 3, p. 225.
Xl serait bien intéressant d'étudier avec M. OUier les
^^O'yens artificiels d'augmenter la masse osseuse repro- ^^ite, et les conditions générales ou locales qui empê-
obent ou favorisent la régénération chez Thomme. Cette étude eat un complément nécessaire de ce chapitre. L'eS' pace ne nous permettra cependant que d'indiquer ce qu'il faudrait développer,
Le moyen artificiel d'augmenter la masse osseuse reproduite est une irritation modérée. L'expérience suivante en est la preuve. Ba^pêrience l : Résections comparatives du radius, pratiquées sur un vieux chien. D'un côté, l'os n'a été réséqué qu'après irritation du périoste; de l'autre, la résection a été pratiquée sans irritation préalable. Dans le premier cas, formation d'une série de noyaux osseux contigus dans la gaîne périostiquo; dans le second, le périoste est resté complètement fibreux.
« La conclusion à tirer de ces expériences, au point de vue de la chirurgie, c'est qu'il ne faut pas renoncei à obtenir des régénérations chez l'homme, quoique 1& réunion immédiate ue puisse pas être obtenue, a
Nous résumerons en quelques mots le très-importanz paragraphe que M. OUier consacre dans son livre aua conditions générales ou locales qui empêchent ou favc: risent la régénération chez l'homme.
1* 4^ge. -^ De 13 à 20 ans, on obtient les faits lespl« démonstratifs ; après 30 à 35 ans, on ne devra pas com; ter sur une reproduction par le périoste sain, c'est-- dire non préparé par une irritation préalable.
2° Conditions physiologiques fâcheuses. — Appauvrisse ment de l'économie, alimentation insuffisante, état fébrile
3** Conditions pathologiques très-nuisibles. — Erysipèla^
flè^^^jes éruptives, fièvre typhoïde, diathèse scrofuleuse* Li*îx:ifluence de ces états morbides empêche la reproduotîox:i de s'établir, et lorsque des masses osseuses nouvelles existent déjà, elle en déterminé la résorption ainsi que la x-étrocossion du processus réparateur.
4fc** Par contre, la masse osseuse reproduite augmentei^CL, si la santé générale se rétablit, si les conditions hygiéniques deviennent meilleures. De bonnes conditions hygiéniques, un bon régime, la jeunesse, sont les "Dcieilleures conditions pour qu'un os se régénère. Si le processus est arrêté, on peut augmenter la substance osseuse par des piqûres répétées du périoste, etc. Mais pour employer les irritants, il faut que la gaine périostique soit déjà épaissie, qu'elle soit le siège d'un premier travail réparateur ; si l'on employait ces moyens au dé- ^^t, lorsque la gaîne n'est pas encore modifiée par l'in- "^tamation plastique, on risquerait de provoquer une ^^ppuration qui détruirait le périoste ou du moins qui ' ^^êantirait sa couche ostéogène.
6^ Le temps nécessaire à la reconstitution de l'os est
'■^è s -variable ; il ne faut pas le restreindre à des limites
*'-^^J) étroites, à cause du grand nombre d'influences
^^^Oî^bides. En général, il faut de 3 à 8 mois pour re-
^^ïXstituer une portion osseuse un peu considérable. Pour
^ oalcanéum, le processus ostéogène a duré bien au-
^^èide ces limites, car nous avons plusieurs exemples
^ l'ossification s'est poursuivie pendant près de deux
^5^^ , sous l'influence irritative de la marche et des près-
^Xis de la chaussure. Une fois le travail d'ossification
^^^ï^mencé, il ne faut donc pas se presser de le déclarer
terminé, surtout s'il s'est formé, dès les premiers teir une masse fibreuse épaisse. Ne pas croire cependant l'ossification augmente indéfiniment.