CHAPITRE IL
A. HISTORIQUE GÉNéRAL (eT SOMMAIRE) DES EXTIRPATIONS
TOTALES BU CALCANÉUM.
a) . Historique général.
« [1 serait possible de multiplier ces faits, et d'ici à peu de temps un travail d'ensemble sera nécessaire »
c( Ce qui manque surtout dans tous ces faits, ce sont des renseignements précis sur la physiologie nouvelle du pied mutilé et sur la forme de l'organe. » (Yerneuil, Gaz. hebd., 4857, p. 864.)
Nous nous proposons, dans ce chapitre II, de tracera grands traits ce tableau d'ensemble dont M. le professeur Verneuil pressentait la nécessité avec tant de raison, comme le prouvent les discussions que chaque résection du calcanéum soulève dans les sociétés savantes. Des voix très-autorisées blâment cette opération qui est recommandée par des sufiFrages non moins imposants. Où se trouve la vérité ? Elle doit se trouver dans les faits et c'est làqii'il faut la chercher, plutôt que dans ces sortes de sympathies ou d'antipathies pour telle ou telle opération, auxquelles on s'abandonne trop souvent dans l'appréciation des idées nouvelles. Nous rassemblerons donc les faits et nous les mettrons sous les yeux du lecteur, en nous attachant surtout à exposer le plus complètement possible les résultats obtenus, sous le rapport de la forme comme du fonctionnement du membre opéré. On ne tardera pas à se convaincre, en les parcourant, de l'insuffisance de « renseignements précis sur la physiologie nouvelle du pied mutilé et sur la forme de l'organe», mais aussi à reconnaître que, si ce reproche s'applique
en toute justice aux observations anciennes, il ne peut être infligé aux observations récentes que nous avons réunies dans notre eh. III, du moins au plus grand nombre.
Et tout d'abord, quelles sont les résections que nous avons enregistrées ? Tout le monde est d'accord sur les résections partielles du calcanéum. La discordance n'existe que pour Textirpation totale de cet os. Nous ne nous occuperons donc que des résections totales du calca-î néum* Autre point à élucider avant d'entrer en matière : Qu'entendons-nous par résection totale du calcanéum ? Nous croyons, avec M. OUier, qu'il faut comprendre sous ce chef, non-seulement les extirpations réellement totales de Tos , mais encore celles qui n'emportent que les 2/3 ou les 3/4 du calcanéum. Car, au point de vue de la mutilation, comme au point de vue de la réparation, le cas est presque le même. Il n'en est pas ainsi, lorsque la grande ou la petite apophyse du calcanéum sont seules enlevées, sans que les articulations calcanéoastragaliennes soient intéressées. Aussi rejetterons-nous de notre cadre toutes les résections qui consisteront en la simple ablation, soit de l'apophyse antérieure, soit de l'apophyse postérieure. Nous croyons que cette baseanatomique est indispensable à une bonne classification. Nous ne l'avons pas trouvée dans les auteurs que nous avons consultés.
Nous ne nous perdrons pas dans la. nuit des temps à la poursuite du berceau de la question, car nous remonterions, comme l'a dit un esprit facétieux, au berceau du genre humain. La femme n'est- elle pas le résultat, très-heureux du reste, de la première résection de côtes
qui ait été faite? (Test qu*en effet les résections partielles ont été pratiquées de tout temps. On trouvera le recueil des principales dans le Traité des résections de O. Heyfelder, et dans les Eléments de médecine opératoire de Velpeau.
A qui revient la priorité de la résection totale du calcanéum ?
Nous là refusons à l'Angleterre qui Ta revendiquée, au bénéfice de Hancock et de Greenhow père, parce que Monteggia (1814), Robert (1837), Roux (1839), Robert (1844), Mayer (1845 et 1846) ont fait cette opération avant les Anglais. Nous n'accordons pas à T Allemagne le premier rang qu'elle réclame pour F. Robert (voy. Traité des résections de Heyfelder, p. 149 de la traduct. de Bœckel), parce que le chirurgien de Marbourg n'a fait sa première résection totale que 23 ans après Monteggia. M. Rigaud de Nancy n'a aucun droit au privilège qu'il s'arroge d'être le premier à avoir pratiqué cette opération (v. Bull, de la Soc. de chirur. de Paris, p. 642, 1873). Sa première exarticulation complète n'est que de 1844-45.
D'accord avec M. Polaillon, qu'il faudra toujours citer à propos du calcanéum, nous adoptons les conclusions de Vaquez : « L'acte de naissance de l'extirpation du calcanéum est donc inscrit à Milan et non à Londres. Monteggia (1814) avoue franchement que Larrey a vu se détacher le calcanéum à la suite de blessures. En faisant connaître la guérison, il a peut-être engagé Monteggia à imiter ce qu'une arme aveugle a fait » (Vaquez, Quelgués mots sur t extirpation du calcanéum (opération de Monteggia ; thèse 1859).
Il en a donc été de cette opération, « si parva licet componere magnis », comme de la plupart des grandes découvertes modernes : un Français a semé l'idée , un étranger Ta recueillie et fécondée. Notre amour-propre national est heureux d'inscrire notre grand chirurgien militaire Larrey, comme inspirateur de Topération dont nous nous occupons.
Nous commettrions une grande injustice scientifique en ne citant pas au premier rang, parmi les chirurgiens qui se sont occupés de la question, Ferd. Robert (dit de Marbourg, de Coblentz, de Prague). Il est, du reste, le premier en date après Monteggia, et bien certainement le premier par Timportance des travaux et Tinfluence dans la vulgarisation de Topération. Le mémoire considérable qu'il a publié en 1855 dans le Vierteljahrschrift est remarquable à tous les points de vue. Il y relate 10 observations de résections du calcanéum qu'il a faites de 1837 à 1854, et sur lesquelles 7 sont totales et 3 sont partielles.
Ces observations sont très-complètes et indiquent un esprit chirurgical vraiment supérieur. Nous en insérerions avec plaisir la traduction, si notre cadre nous le permettait. C'est bien à notre avis, le meilleur travail personnel, qui ait été publié, jusqu'à présent.
L'autre travail original moins important est celui de Rigaud (de Strasbourg, de Nancy). Le mémoire trèsimparfait qu'il a présenté en J875 à la Société de chirurgie, nous apprend que M. Rigaud est le première avoir pratiqué l' exarticulation du calcanéum, de 1844 à 1845. A partir de 1845 jusqu'à 1873, il lui fut donné d'exécuter « en l'espace de 30 années..., onze fois l'extirpation to-
taie et en un seul bloc du calcanéum. » A ces H faits, il ajoute celui de son agrégé, M. Bœckel, et arrive au chiffre total 12. « 10 fois sur 12, dit-il, cette opération a été suivie d'une entière guérison. » Dans ce mémoire, nous n'avons trouvé que deux observations à peu près, non pas complètes, mais assez circonstanciées pour qu'on puisse se faire une idée approximative du cas. Les autres n'enregistrent qu'un résultat plus ou moins précis. Il nous semble que la plupart de ces observations n'ont pas ' été prises régulièrement et que longtemps elles n'ont été confiées qu'à la mémoire. Quoi qu'il en soit, en aucun point du mémoire de Rigaud, nous ne trouvons mentionné le soupçon de l'importance de la conservation du périoste ni celui d'une régénération osseuse à la suite des extirpations qu'a pratiquées cet excellent chirurgien. Nous faisons la même observation pour le mémoire de Robert, en ce qui iouche la question du périoste. Robert n'en parle pas plus que de l'importance de la conservation du tendon d'Achille.
Nous nous trompons pour ce dernier, car il fait remarquer que la section du tendon d'Achille n'a pas tous ' les inconvénients qu'on peut en redouter. Si nous faisons ces remarques générales, c'est pour répondre à. quelques erreurs qui se sont glissées dans des études très-sérieuses d'ailleurs. M. OUier est incontestablement l'auteur qui a fait le travail le plus complet au point de vue physiologique et, partant, le plus capable de répondre au vœu du professeur Verneuil.
Voyez son mémoire: De l'extirpation sous -périostée du calcanéum et de ses résultats définitifs par L. Ollier, correspondant de l'Institut et de TAcadémie de méde-
oine, ex-chirurgien en chef de THâtel-Dieu de Lyon« 1876. [In Lyan médical, 1876, p. 41).
M. OUier est, parmi les chirurgiens plus récents, celui qui a pratiqué le plus grand nombre de résections du calcanéum. Son procédé s'inspire de la méthode nouveUe, de la méthode sous-périostée. Ses observations portent toutes le cachet de la rigueur scientifique moderne et les résultats qu'il a obtenus, au point de vue de la forme comme des fonctions, surpassent incontestablement tous ceux qu'ont procurés les méthodes anciennes et, en donnant la mesure de ce qu'on peut atteindre par une voie rationnelle qu'il a si brillamment éclairée, fournissent une réponse péremptoire aux détracteurs de l'extirpation .totale du calcanéum.
Nous n'avons trouve dans la littérature étrangère qu'un travail d'ensemble, celui de Martineau Greenhow, qui a été traduit et publié dans les Archives générales en
C'est ce* travail que M. Verneuil résumait et analysait dans l'article de la Gaz. hebd,^ 1857, d'où nous avons tiré les citations publiées entête de ce chapitre. Le chirurgien de la Pitié a publié dans ce même article la traduction de l'abservation de Cl. Morrogh, « afin d'engager nos compatriotes à étudier cette question si intéressante, » C'est lui qui a mis la question à Tordre du jour en France, et qui, par son appel autorisé, a fait naître les travaux synthétiques qui ont paru, depuis, dans notre pays.
M. l'agrégé Polaillon est le seul auteur,en France, après Verneuil, qui ait fait des études d'ensemble sur la question. Nous nous dispensons de faire l'éloge de ses travaux.
Que ceux qui aiment réruditîon et la bonne critique lisent dans les Archives générales de médecine, septembre 1869, t. II, p. 257 et 427, le premier travail de M. Polaillon : Mémoire sur la valeur de t extirpation du calcanéum, et dans le D® encyclopédique de Dechambre l'art, calcanéum du même auteur, l''* série, t. XI, 1870, p. 615.
Nous passons an sommaire des observations que nous avons puisées aux sources mêmes.
b). Sommaire des ablations totales du calcanéum^ de
Obs. I. — * Monteggia, 1844.
Homme, carie scrofuleuse ; désarticulation de tout le calcanéum (di tutto il calcagno), mort quelques jours après de tabès serofuleux. (Instituzioni chirurgiche di Monteggia. 2 éd., p. 71, Milan, 1814.
Obs. il '^-\- Rég. 16 octobre 1837. Perd. Robert, de Marbourg, de^Go ;
blentz, de Prague.
Fille de 4 ans, nécrose scrofuleuse du calcanéum gauche, depuis trois ans. Excision totale du calcanéum, renfermé dans une cavité séquestrale. Guérison avec régénération de l'os et fonctions du pied. Résultat : au bout de quatre semaines, marche avec un bâton. Le calcanénm parait seulement un peu raccourci d'avant en arrière, a Les mouvements du pied sont libres ; ceux qui existent entre le calcanéum et Tastragale paraissent faire défaut. » Mitheilungen von Resectionen am Fuss, von D^ F. Robert zu Goblenz, frûher professer der Medicin an der Universitât Marburg. In Vierteljahrschrift fur die praktische Heilkunde, XII, Jahrgang 1855.Dritter Band oder Siebenundvierzigster Band der ganzen Folge, p. 1 à 45. 6"« obs. du Mém. de Robert.) (V. ch.i, p. 23.)
(1) N. B. Dans le but d'abréger les indications générales du résultat, nous exprimons par le signe -4* l^s succès ordinaires; par le signe -| — |les succès extrêmement beaux; les insuccès par le signe général *; et, pour préciser Tinsuccès, nous ajouterons Amp, pour les cas qui se sont terminés par l'amputation; M, pr. pour les cas de mort primitive dont
Obs. III. — * Amp. Mort, 1838. Roux (1).
Fille de 16 ans, lympathique, nécrose depuis deux ans. Ablation de la partie moyenne du calcanéuoi par un procédé spécial. Résultat : gangrène de la peau, érysipèle> dépérissement, amputation, consécutivement mort. (Gazette des Hôpitaux^ 1839, p. 53.)
Obs. IV. — + P. Robert, 9 août et 16 septembre 1844.
Femme du meunier Otto, environ 42 ans, malade depuis un an, carie perforante du calcanéum droit, après effort du pied et refroidissement pendant Fallaitement. Résection de Tapophyse antérieure de la grosse tubérosité et d'une partie du corps du calcanéum, à deux époques différentes. Cicatrisation en deux mois et demi environ. Guériron complète et bon fonctionnement du pied. Résultat, deux ans après : « Je suis allé voir ma malade au printemps de 1847. Voici dans quel état je l'ai trouvée : l'excavation du pied est à peu près nivelée et le pied présente un type de pied plat. Sa longueur est plus faible d'un pouce et demi par rapport au pied sain. Au côté non opéré, la jambe, du genou à la plante du pied, n'a qu'un demi-pouce de plus de longueur. Cette différence est supprimée par une légère surélévation du soulier. La saillie du talon est plus faible ; son contour, jusqu'à la seconde rangée du tarse, est de un pouce li8 moindre sur le pied opéré que sur l'autre. L'insertion du tendon d'Achille se fait sur la masse de tissu cicatriciel solide qui remplace le talon; le mollet a augmenté de volume, la flexion et l'extension du pied sont presque nor* maies et l'on sent que, dans ces mouvements, le tendon d'Âchille est actif. L'adduction et l'abduction comme la rotation sont à peine possibles. La femme peut vaquer à toutes les occupations de son ménage en s'appuyant sur un bâton. L'été suivant, elle avait déposé ce bâton et, un an après, elle était en état de reprendre les travaux des champs.
Si nous cherchons à résumer les enseignements qui ressortent
la résection est vraiment responsable ; S, P. signifiera sous-périostée ; Régén. signifiera régénération.
(1) Cette opération ne devrait pas être admise dans notre cadre à la grande rigueur, parce que Roux n'a enlevé que la partie moyenne du calcanéum en laissant en avant l'apophyse ant., en arrière ('apophyse post. avec l'insertion du tendon d'Âchille, en haut la lame articulaire .
de cette opération, ajoute Robert, nous arrivons aux conclusions suivantes :
(( 1° Qu'un tiraîlJement de l'appareil ligamenteux avec refroidissement consécutit'a provoqué une inflammation, à la suite de laquelle s'est déclarée une carie perforante dans tout le calcanéum, sans qu'on puisse trouver cliez la malade de prédisposition dyscrasique ;
^ Que la résection du calcanéum. quoique malade en totalité, peut être faite en deux opérations séparées par un certain laps de temps;
3<> Que la section du tendon d'Achille daus les résections du calcanéum, n'empêche pas l'usage ultérieur du pied, le tendon se soudant à la cicatrice et continuant ainsi à remplir ses fonctions;
4° Que la résection du calcanéum carié a permis d'éviter l'amputation du pied d'après le procédé de Syme et a conservé à la malade un point d'appui bien préférable ;
5^ Que la résectiondu. calcanéum n'est pas suivie de régénération.» (F. Robert, L. cit., 1'® obs. du Mémoire.)
Obs. V. [- Rigaud, de Strasbourg, de Nancy, 1844 à 184S.
Joseph Masson, 10 ans, sourd-muet, carie du calcanéum droit, exarticulation complète. La guérison fut très-rapide, puisque le petit malade ne séjourna qu'un mois à l'hôpital. Il put alors marcher librement sans qu'un remplissage intérieur ni semelle épaisse au talon dussent être adaptés à la chaussure.
La claudication était si peu marquée qu'au bout de peu de temps, l'habitude et sans doute une légère inclinaison du bassin ne la laissèrent plus remarquer. )> Et à la fin de l'observation, M. Rigaud dit : « ... Deux mois ne s'étaient pas écoulés depuis l'opération, qu'ii ptU appuyer un pied par terre, étant soutenu par des aides ou rvec ses mains sur deux chaises; peu à peu, il put se passer d'appui, et après un séjour de trois mois dans Thôpital, il put retourner dans rétablissement d'où il était venu. Plusieurs mois après, el lorsque je l'ai revu pour la première fois, il quitta l'établissement des sourds-muets. Depuis lors, on l'a perdu de vue et il m'a été impossible de le retrouver. »
Rem. — Il n'y a pas un mot dans le texte de Tobservation qui permette de croire, comme on l'a fait, que
cette résection ait été faite par la méthode sous-périoa-
tée et ait été suivie de reproduction de l'os.
(Rigaud. Exarticulation ou extirpation du calcanéum en tota— lité. Bulletins et Mémoires de la Société de chirurgie de Paris, -s séance du 28 juillet 1875, t. 1 , n« 8, p. 635, 1875, l** obs. de Mémoire.)
Obs. VI. — * 5. P. A^nputation, Mayer. 1846.
H..., de 48 ans^ syphilis, carie depuis trois ans ; extirpation di calcanéum, résection de la malléole interne du même Grandes précautions pour conserver le périoste pendant l'opération — s» Au bout de trois mois, l'opéré put un peu marcher. Deux anr s après, périostite du tibia gauche qui nécessite Tamputation de 1^ ^ jambe, Guérison. Deux ans après l'amputation, mort par développement de tubercules pulmonaires. (Mayer. Notes historiques statistiques sur 12 résections faites par le D'^ A. Mayer, à Wurlî bourg, /n Deutsche Klinik, J8S6, p. 200. Voy. pour plus de détail notrechap. 3, obs. 1.)
Obs. VII. — * Mayer, 1846,
H..., de 21 ans, scrofuleux, carie superficielle de tout le côl gauche, bémorrhagie pendant l'opération. Au bout de trois mois il fut à peu près guéri, mais il ne pouvait marcher qu'avec un soulier mécanique, muni d'un petit coussin au niveau du talon e d'un tuteur remontantjusqu'auge&ou. Deux ans après ropéraUon^^ mort de phthisie pulmonaire. (Mayer, L. cit.)
Obs. VIII. — * Awq?. Hancock, 2 juin 1848.
R. W.««, 24 ans, boucher, carie du calcanéum droit avec abcès^ pas de séquestre. Pendant quatre jour«, tout alla bien, mais uiv érysipèle se déclara autour de la plaie, récidiva plusieurs fois eC^ l'on fut obligé d'amputer le pied. (Mém. de Martineau Greenhow z c Mémoire sur Texcision du calcanéum, avec des observations » ^ Traduction, In Archives générales de médecine, 1853, vol. 2, B* série, p. 531.)
Obs. IX. — + Greenhow, 15 août 1848. "
Henry H..., 20 ans, scieur de long, scrofuleux, blessure du taïon par un clou deux mois auparavant ; carie très-étendue du calca* néum, érysipèles consécutifs, cicatrisation au bout de trois mois et demi. Le 1^^ déceaibre 1848, « le talon peut supporter un c^tain
poids ; ori place uq morceau de liège dans la chaussure pour remplacer la portion du calcanëum qui manque, et, le 29, le malade quitte Thôpital pouvant marcher m boitant un peu. » (H. Greenhow, L. cit. obs. 2.]
Obs. X. ^ "^^ Greeahow, 30 août i848.
Thomas B..., S9 ans, scieur de long, scrofuleux. Carie totale du calcanëum gauche, excepté en un ou deux points de s^ surfaces articulaires. Résection partielle le IS août, toule le 30. Gangrène des téguments ; au bout de quelques semaines, guértson. « Six mois après^ le 10 février 1849, le malade quitta Thôpital; le talon est m asseï bon état ; un morceau de cuir est placé dans le soulier et Thomme marche librement avec des UqmÛee. » (M« Greenhow, Loc« cit., obs. 3,)
Obs. XI, — + Greenho-w, 5 décembre 4848 .
John R...^ âgé de 16 ans, paysan, scrofuleux. Carie depuis trois mois et demi, à la suhe des frottements de la chaussure. Extirpation du calcanëum et ablation avec la scie des portions malades du cubolde. Sept mois après, a le malade quitta Thôpital ; » les plaies sont presque cicatrisées, bien qu'il ait eu plusieurs érysipèles. Depuis lors, il se sert très^bien de son pied. On Ta revu depuis dans un état aussi satisfaisant que possible. Il est mort dernièrement de phthisie. » M. Greenhow, Loc. cit., obs. 4.)
Obs. XII. h Bonsfield Page, 1848.
M. G...., garçon de 16 ans, scrofuleux ; coup neçu sur le tarse droit) plusieurs années auparavant* Extirpation du calcanëum* Suites : abcà^ du <ios du pied, ërysipèle, phlébite. Au bout de dix semaines, la plaie était fermée, le pied solide.
a Notre malade quitta Thôpital quatorze semaines après l'opération. Le mois .après, il lui fut permis de se servir de son membre, avec recommandation d'éviter les violences extérieures. Pendant quelque temps^ il porta une béquille. Il y a quatorze mois depuis l'opéralion et le pied est toujours sain. « Lorsqu'il est assis, il peut I bien étendre le pied^ i» mais quand il marche* Télévation du pied est à peu près perdue, de sorte qu'il a « une espèce de claudi- « cation dans Tallure. s II porte un^ botte dans laquelle il peut marcheri courir^ sauter sans le moindre empêchement. Bref^ il s'en sert aussi bien que de l'autre. » (Bonsâeld Page. On the excision of thfi os calcis^ in incurable disease of the bone as a substitut
for amputation of the foot, whit a case, by Bonsfield Page. In medico-chirurgical transactions, published by the royal, médical and chirurgical Society of London, t. XXXII).
Obs. XIII. l-P. Robert, 12 août et 2î novembre 4848.
Heinrich Daniell Garthe, âgé de 2 ans 1/â, nécrose scrofuleuse de» deux calcanéums et du cubitus gauche. Extraction des séquestres du calcanéum droit et résection du cale, gauche. Résection des deux^ tiers du cubitus. Guérison. Un mois après, le 20 décembre, la mèrequitta Marburg ; la plaie était alors guérie, moins une fistule qui se boucha en mars 1849. A la fin de janvier de cette année (un an après), l'enfant commença à s'appuyer sur le pied. En d850 (2 ans après), j'ai revu pour la dernière fois cet enfant, qui avait alors prè de 5 ans. Les traces de ]a scrofule avaient entièrement ^disparu. L'enfant saute et court sans qu'on remarque rien d'anormal. L cou-de-pied du côté opéré est d'un demi-pouce plus fort. La cica — trice est enfoncée d'un quart de pouce dans le talon, de telle sorte que celui-ci paraît un peu fendu. Le tendon d'Achille s'insère au^ lambeau supérieur ; les muscles du mollet sont actifs, mais les fléchisseurs du pied ont un peu la prépondérance; l'enfant n'est pas en état d'étendre complètement le pied. » (F. Robert, Loc. cit., 7«obs.)(V. ch. l,p.23.)
Obs. XiV. — + Potter, 3 juillet 1849.
Thomas G âgé de 15 ans, tailleur, malade depuis 2 ans ; talon blessé par soulier étroit; extirpation totale du calcanéum, partielle de l'astragale ; le malade quitte l'hôpital au bout de 2 mois. « Au mois d'octobre 1850 » a (4 mois après) », on l'a vu faire six milles de chemin, sans rien éprouver de fâcheux.» (M. Greenhow. 1. c. obs. 7).
Obs. XV. — * Jlf. pr . Rigaud, 1849.
Israélite âgé de 37 ans, de grêle apparence; marches forcées; début un an ; a carie du calcanéum dont la saillie postérieure est creusée d'une large cavité dans laquelle avait été probablement logé un tubercule ankysté (pied gauche, année 1849.) Désarticulation totale du calcanéum. Suites et résultat : a Dans la première semaine, tout se passa d'une manière régulière et nous espérions arriver à une heureuse terminaison, lorsque 8 jours plus tard, c'est-à-dire 15 jours après l'opération, des frissons survinrent, la suppuration se tarit, des envies de vomir se manifestèrent, une fièvre intense s'établit, la langue devint sèche et fuligineuse,
enfin du délire et le malade succomba 3 semaines' après l'opération. » (Rigaud, 1. c. 2« fait).
Obs. XVI. — * Potier, 14 mars 1851 .
Hugh C... âgé de 15ans, scrofuleux; foulure du pied, il y a 5 ans et souffrances depuis ; abcès et fistules depuis 3 ans ; extirpation du calcanéum et résection d'une portion de l'astragale, c Cet enfant a été revu quelques mois après l'opération^ ii ne pouvait pas se servir de son pied. » (M. Greenhow, 1. c. obs. 7).
Obs. XVII. — *Régén., F. Robert, 18 septembre 1851,
Margaretha Jungbiuth, âgée de 34 ans. Antécédents : érysipèle à la jambe du côté malade ; pied gauche malade depuis 3 ans à la suite d'un refroidissement ; fistule externe à bords calleux saignant périodiquement (à l'époque des menstrues). Carie nécrosique du calcanéumetducuboîdedu pied gauche après inflammation rhumatismale pendant la lactation ; extirpation totale de ces deux os ; guérison ralentie, parce qu'on n'avait pas enlevé les cartilages articulaires de l'astragale ; pas de régénération constatée pendant la vie, fonctions excellentes du pied. Résultat : a A la fin de janvier, (4 mois et demi environ) la malade pouvait parfaitement marcher... En 1852, elle eut une nouvelle grossesse qui ne l'empêcha pas de rester en parfaite santé jusqu'au mois de mars i8S3, (17 mois environ)... son pied est bien loin de constituer un appui aussi solide que celui de la meunière Otto du cas précédent, (v. obs. 4.) La femme marche cependant aujourd'hui avec assurance et sans bâton, toutefois, avec une attelle adaptée au côté externe de son soulier. Les tendons des muscles péroniers îie sont pas soudés ensemble, et le pied a une faible tendance à l2irotaiionende' dam par l'action des muscles de la jambe dont la malade n refusé la section sous-cutanée après la guérison. Quoique le pied soit parfaitement mobile dans l'articulation tibio-tarsienne, l'action des muscles de la jambe ne s'y fait cependant T>as sentir. L'astragale touchant maintenant le sol^ la concavité interne du pied se trouve sur le même plan que la face plantaire et la continue.
Le pied a par conséquent la forme d'un pied plat. La femme porte un talon artificiel dans son soulier. »
Récidive un an après la guérison, pendant une nouvelle gros- Vincent. 4
sesse. Mort à la suite dephihisie pulmonaire; à fautopM, on trouve une lamelle osseuse régénérée. (Voy. l'autopsie, p. 29 de notre ch. 1) Robert termine cette observation en disant : a Sans aucun doute^ nous croyons avoir enrichi la chirurgie opératoire de la preuve que Textirpation totale du calcanéum et du cuboide est possible et qu'il peut s'en suivre une guérison qui rende au malade le plein usage de son pied. » (Robert. 1. c. obs. 2).
Obs. XVIII. — + Guy, 20 mars 1851.
X âgé de 22 ans, peintre en bâtiment, quelques signes de
scrofule, début 10 ans ; carie du calcanéum ; extirpation de cet os.
• L'opération réussit si bien que, six mois après, le pied pouvait soutenir le poids du corps, le malade marcher sans bâton. Dans la suite, on put voir que la marche était très-peu gênée, o (M. Greenhow, L c. obs. 9).
Obs. XIX. — + Simon, 28 avril 1851.
William C âgé de 10 ans; pied gauche malade depuis
4 mois ; nécrose totale du calcanéum, â l'exception de la partie voisine du cuboïde ; extirpation du calcanéum.
« Le 30 mai, (un mois après) le malade est complètement guéri ; il garde des béquilles pendant quelque temps (par prudence] et peut appuyer fortement son pied <5ur le sol sans éprouver de douleur. L'absence du talon ne se fait pas remarquer autant qu'on aurait pu s'y attendre. » (M. Greenhow, 1. c. obs. 10).
Obs. XX. 1- Lowe, 12 [décembre 1851.
M. A..... servante dans Hn moulin, âgée de 16 ans, scrofuieuse ; début 3 ans ; carie totale du calcanéum, excepté en "dehors } autres os du tarse sains; extirpation du cafcahéum.
Tout alla bien, et, le 3 janvier 1882, (22 jours), la plaie était eom<» plètement cicatrisée. Les dernières nouvelles sont, que le pied est tout à fait guéri et capable de porter le poids du corps avec facilité et sans douleur. L'opérée peut faire sans peine des courses modérées et sa démarche naturelle a peu changé; la forme du pied seule est légèrement altérée. » (M» Greenhow^ L c. cd^s^ ii)«
Obs. XXI. --^*Amp. Greenhôw, 18 ïriaî 18d2.
Alexandre L âgé de 29 ans, verriery scrofuleux, antérieurement érysîpèle ; début 7 mois ; articulation du cou-de-pied douloureuse; cafrie du ealcanéùm; aitttres os saiiÉis ; extirpation du calcanéum..
Le i27 juillet, la plaie était cicatrisée et le malade pouvait marcher avec des béquilles. Le malade est renvoyé ; mais ie 20 septembre, par suite de l'exposition au froid et de marches forcées, la plaie s'est rouverte ; il est probable que les autres os sont sains. Le 2 novembre on fait Vamputation^ et à Vautopsie du pied, on trouva que la carie avait envahi Tastragale, le cuboïde, le scaphoïde et les cunéiformes ; que les parties molles étaient le siège d'une suppuration de mauvaise nature. (M. Greenhôw i. c. obs. 5.) (V. ch. 1, p. 29.)
Obs. XXII. — + F. Robert, 5 septembre 1852.
(3« des observations réputées à tort sous-périostéeg.)
Johannes Rooss, 58 ans, carie des articulations astragalo-calca néennes et calcanéo-cuboîdiennes avec ramollissement des os voisins; résection de la moitié antérieure du calcanéum, du cuboïde et du scaphoïde; guérison en 4 mois avec conservation des fonctions du pied ; résultats :
« Une compression graduée rapprocha les parties petit à petit, et, le 5 janvier 1853 (4 mois après), lorsque le malade rétourna chez lui, il ne restait plus de la plaie qu'une petite fistule. La cambrure du pied étîtit augmentée. Je fis donc porter au malade un Soulier à semelle convexe en haut. Il était en état de marcher avec l*appui d*ùn[ bâtoti... Ce cas prouve qu'on n'e^t pas justifié, dans tous les cas, de se laisser entraîner à l'amputation par la dégénération des parties molles et la grande étendue des lésions osseuses. » (fiobert, 1. c. obs. 4).
Obs. XXIII. — incomplète. G. Field, 26 juilïet 1852.
Edward E âgé de 17 ans ; carie totaile du calcanéum gauche;
extirpation le 26 juillet 1852.
t Au 4® jour, le pansement fut refait etTunion fut trouvée à peu ï>ifês parfaite entre les lèvres de la plaie. » Il rfy à pas d'autres 'ï^enseignements dans l'observation» (Résefetîôn d'un calcanéum
atteint de carie par A. 6. Field^ surgeoa to tlie royal sea-bathing iniirmary. In The Lancety vol. II, 1852, p, 173 et obs. 12 du mémoire cité de Greenhow).
Obs. XXIV. — \'Régéa. P. Robert, mail852.
La fille, âgée de 6 ans, d'Adam Wolf; début 3 ans; cariq nécrosîque de la partie antérieure du calcanéum avec fragmentation et coque séquestrale ; extirpation des fragments ; guérison complète ; résultat et suites :
oLa formation des bourgeons charnus s'établit encore très-rapidement, mais néanmoins, la cicatrisation traîna en longueur. Le 22 juillet, (environ 2 mois après), le père quitta Coblenz avec son enfant. Il y avait encore une fistule et il semblait qu'une reproduction du calcanéum avait eu lieu. L'enfant pouvait marcher avec une attelle de bois. Au mois d'août de la même année, le père me ramena son enfant complètement guérie. II semble que, dans ce cas, une régénération se soit opérée, car le pied n-est pas raccourci: la cavité de résection présente après la guérison une résistance dure. » (Robert, 1. c. obs. 10.) (V. ch. 1, p. 24.)
Obs. XXV. — + Rigaud, 1852.
H de 35 ans, carie du calcanéum droit; exarticulation complète; guérison.
c La guérison fut lente, mais enfin elle futcomplète^aubout detrois mois ; la marche était libre et assurée ; la claudication très-peu marquée n'exigea pas plus que pour le premier opéré, de chaussure particulière. Nous lui avions fait faire un soulier avec un talon un peu plus épais que celui du côté opposé. J'ai vu que depuis il n'avait pas fait renouveler cette disposition particulière pour une autre chaussure^ i (Rigaud 1. c. 3® fait).
Obs. XXVI. — * Amp, Fied, et non Goulson comme on l'a écrit par erreur; 1852, et non 1853, comme on Ta encore écrit par erreur.
Thomas W... âgé de 23 ans, cordonnier. Carie scrofuleuse du calcanéum; résection totale en 1852 par M. Fied à Margat Infirraar^ ; envahissement de l'astragale et du cuboïde ; amputation de la jambe par M. Coulson le 3 août 1853 au li^ inférieur ; guérison. [The Lancet, 1. 1, 1854, p. 32.)
Obs. XXVII. — * Amp. Textor fils, i^^ mai 1853.
John Michel Deckert. Extirpation du calcanéum . gauche, le i*'^ mai 1853 ; 3 ans et sept mois après, 7 novembre 4856 , amputation de la jambe pour lésion de Tastragale par Linhart ; atUopsie du membre par Linhart (Voy. Gh. I, p. 31).
Obs. XXVIII. — Incomplète. Robert, il octobre 1854.
MargarethaSchaaf, âgée de 35 ans^ Début pendant une grossesse, en 1853, par une arthrite calcanéo-cuboïdîenne avec carie et ouverture spontanée sur la partie externe du dos du pied ; abcès secondaires en dedans du calcanéum avec ouverture spontanée sur le côté interne du pied : résection de la moitié antérieure du calcanéum et de la plus grande partie du cuboïde ; suites : fusées dans les gaines, etc.; quatre semaines après l'opération , cicatrication très-avancée ; engourdissement du gros orteil ; flexion et extension du pied possibes; orteils immobiles; résultat ultérieur encore inconnu. (Robert, loc. cit. Sm© obs.)
Obs. XXIX. — + ClifFord Morrogh, 24 octobre 1854.
H..., âgé de 12 ans, belle constitution; nécrose du calcanéum droit ; début 9 mois, pied légèrement serré entre deux wagons ; pour éviter rhumtliante alternative de l'amputation, on extirpa le calcanéum le 24 octobre 1854. «Deux mois après l'opération, Fenfant pouvait courir rapidement; maintenant il porte dans son soulier un petit coussin placé au-dessous du talon et ne parait éprouver aucun inconvénient de là perte de Tos. »
(Gazette heb, 1857, p. 865 et New-York Journal of médic. for July, 1857.
Obs. XXX. — * Samuel Solly, 2 novembre 1854 et 3 janvier 1855.
Caroline W... âgée de 24 ans, modiste, [strumeuse; erysipèle; carie du calcanéum gauche, suite d'entorse ; divers traitements infructueux. Le 2 novembre 1854, rugination d'une partie considé- Table du calcanéum ; récidive en décembre. Le 3 janvier 1855, ablation avec la gouge des parties plus profondes de Tos malade. Sort en assez mauvais état de Thôpital le 21 novembre 1855 (3 mois
après). Pas d'autres renseignements. ^
, (Leçons cliniques sur les maladies des os et des articulations
par Samuel Solly, Surgeon to S* Thom^shosfiih], h thêLancet y Y. 2, «35, p. 540.)
Obs. XXXI. — + 5f. P. Régén. Hilton, 1855.
Jeune malade ; extirpation du calcanéum en prenant soin ^e iaisserle périoste aussi complètement que possible; guérison ; reproduction etc., etc. (Voy. Ch. ITI, obs, 20 et Ch. I, p. 94.)
Obs. XXXII. — Incomplète. Athol Johnson, 24 septembre 1555,
Louis O... âgé de 4 ans ; entorse du pied gaucbe, il y a âO mois*; abcès interne; extirpation totale du calcanéum dont le périoste étaitdécollé sur une grande étendue. La cavité se remplit peu à peu de granulations et « le 24 décembre, le malade sort en bon état. » Résultat ultérieur inconnu. (Cas d'extirpation du calcanéum, cas i, In médical Times and Gazette, vol. 2, p. 387, 1862. V. Ch. III, obs. 3.)
Obs. XXXIII. — + Garnochan (i), l«r décembre 4855.
John Mœrig, 28 ans, laboureur, d^une famille scrofuleuse; début; exposition au froid, il y&2ans; abcès, etc. 5 carie de la partie postérieure du calcanéum ; extirpation de cet os. Trois meus après l'opération, la cicatrice fut assez solide pour permettre au iQaladQ de mettre le pied sur le sol et de marcher.
Décembre 1856 (un an après) ; Le malade a gagné de la vigueur et de la santé. Maintenant il marche avec un talon ouaté fixé & sa chaussure. Il n'a que très-peu de difficulté pendant la marche qui s'opère sans le moindre inconvénient provenant de la cicatrice. (Observ. d'ablation du calcanéum par Garnochan, chirurgien eu chef de l'hôpital des Emigrants, professeur de chirurgie au collège médical de New- York. In Moniteur des hôpitaux, 4857 p. 1069.)
S, P. Hilton, 21 avril 1856.
C'est la 35m® observation du tableau de M. Polaillon. Nous croyons devoir la retrancher, parce qu'elle n'intéresse qu'une partie trop minime du calcanéum ; la totalité du cuboïde et la
portion juxta-articulaire du calcanéum furent enlevées* (Y. çb. t,» p. 25.) "
(i) Ce chiri^rgien dit, dans son préambule, qu'il aurait fait ua& e:Klir;pation totale du calcanéum au commencement de Tannée 1846.
(Cas de lésion ducuboïde (en entier)et du calcanéum(en partie) Extirpation des os malades, reproduction osseuse ; guérison favorisée par le repos mécanique. Jn The Lancet^ t. II, p. 671, 1862.)
Obs. XXXIV. — S. P. incomplètô. Athol Johnson, 23 juin 1856.
Elisabeth B.,. âgée de 9 ans. début 6 mois ; carie du calcanéum g^auche; extirpation du calcanéum : morceau par morceau; Suites: Rougeole, abcès ; Sortie 3 mois après l'opération, la plaie n'étant pas guérie. (V. Ch. III, obs. 3, p. 70) {The médic. Times andGazette^ V. 2, 1862, p. 3S7.)
Obs. XXXV. — + Jœger fils, août 18^6.
Fille. .. Suites et résultais : Abcès sur le dos du pied. « La jeune fille marche parfaitement bien et sans douleur ; mais Taplatissement de la voûte plantaire de même qu'une légère flexion du pied sont frappants. Le pied peut cependant s'étendre dans une cer«* taine mesure et puissamment. »
(Rapporté par Linhart dans son travail cité : Viertelj., 1858.)
Obs. XXXVI (1). — *^mp. Rigaud, 1856.
Synostose complète entre la face antérieure du calcanéum et le cuboïde. Section sur le ligament interarticulaire et exarticulation totale. Lenteur de la réparation ; amputation de la jambe par M. Sédillot qui prit le service. M. Rigaud croit que M. Sédillot eut tort de recourir à cette ultima ratio avec autant de précipitation, alor$ que dans certains cas, celui de Potter, par exemple, la gué* rison s'est faite après un plus long laps d^ temps^5 mois, etc., (Rigaud, Loc, cit., 4"° fait.)
Obs. XXXVII. — Incomplète. Edward Atkinson, 5 février i8î)7.
Aboulaffia, S4 ans, « Rabbin juif de grande distinction et de grand savoir.» blessé au talon droit, pendant le siège de Jérusalem en 1826. Pendant 26 ans, rien au pied blessé; en 1853, une tumeur se développe sur l'ancienne cicatrice; Ablation de la tumeur par Sim : récidive ; Sim lie la tibiale antérieure ; cautérisations diverses ; 5 fév. 1857, extirpation de la tumeur et du calcanéum en entier ; résultat immédiat mauvais; au bout de six semaines, toute la plaie
(!) Cette obs. n'a pas été insérée dans le tableau de M. Polaiilon,
s'était remplie de granulations. Pas d'autres renseignements, medicallïmes and Gazette^ vol. 1, 1857, p. 406.)|
In
Obs. XXXVIII. - + Rigaud, 1857.
Emile Ehrat, 27 ans, carie et nécrose de calcanéum gauche qui était détruit en grande partie; exarticulation, guérison. « La guérison s'est fait assez attendre, mais sans qu'aucun accident sérieux soit survenu. Le malade est sorti de Thôpital bien guéri; il fut revu deux ans après, en 18S9, par mon collègue, M. le professeur Michel ; il marchait bien sans avoir besoin de porter une chaussure particulière. » (Rigaud. Loc. cit., 5" fait.)
Evidement : Lach, 4 juin 1858. — Contusion du talon; Carie du calcanéum^ évidementi fracture méconnue ; physiologie du pied opéré^ etc.
Nous ne pouvons admettre, comme on Ta fait, cette observation • parmi les cas de résections totales du calcanéum ; car l'opérateur n'a touché qu'à la moitié postérieure du calcanéum et il n'a fait qu'un evidement. < Nous nous arrêtâmes après avoir poussé l'évidement assez près des surfaces articulaires. » (Y. Gaz. méd. de Strasbourg, n» 5, 24 mai, 1860, p. 75 et 76.)
Obs. XXXIX. — Incomplète. Erichsen, 16 décembre 1858.
Frédéric C. ..y âgé de4S ans, plombier, santé excelleâte. Coup violent, à l'âge de 20 ans, en dedans du cou-de-pied ; entorse du même côté. Carie du calcanéum gauche et de la tête du tibia droit. Ânkylose du calcanéum avec Tastragale. « Depuis l'opération, le malade a été très-bien ; aucun accident n'est survenu et la plaie du pied est en grande partie guérie. » Rien autre. {The Lancei, t. I, p. 114, 1858.)
Obs. XL. ^S. P, + Régén. Langenbeck, juin 1859.
Fille de 9 ans. Lésion du calcanéum. Début quinze mois. Extirpartion sous-périostée du calcanéum. Guérison complète avec régénération complète de l'os et fonctionnement normal du pied. (Voy . notre ch. III, obs. 4, et ch. 1, p. 2S.)
Obs. XLI. — + Holmes, 2 mars 1861.
David S.... Début un an. Carie nécrosique du calcanéum droit. Opération exploratrice suivie d'extirpation totale. Plaie à peu près
cicatrisée, un mois après. Résultat : «On le vit pour la dernière fois le 20 septembre 1862. Le pied était en bon état depuis plusieurs mois ; la cicatrice linéaire de la plante du pied n'était pas irritée dans la marche. Il portait une botte à talon plus élevé et sa démarche était si normale qu'aucune particularité n'aurait été relevée sans une observation très-attentive. Il pouvait facilement étendre le pied par l'action du gastrocnémién qui avait sans doute contracté des adhérences' à. la partie postérieure de l'astragale et qu'on sentait se contracter sous la peau. A cause de son jeune âge, il fut impossible de lui faire faire des essais comparatifs de la force de ses deux pieds» Mais il paraissait y avoir peu de différence dans la force des gastrocnémiens. On ne sentait aucun os à la place du calcanéum réséqué. Aussi le talon était-il plat et déprimé. » (Cas 3. L. c. Médical Times and Gazette, vol. II, p. 357, 1862.)
Obs. XLII. h Pemberton,55 septembre d86i.
Femme de 29 ans. Début, 7 mois, par contusion. Nécrose du calcanéum. Extirpation, sans couper le tendon d Achille, c£a malade est maintenant robuste et vigoureuse. Le pied fonctionne sans gêne» grâce à un tampon placé sous le talon. » (The médical Times and Gazette, V. 1, 1864, p. 68.)
Obs. XLIII. — 5. P. + Régén, Langenbeck, 4 décembre 1861.
Fille de 11 ans. Lésions graves des os du tarse des deux pieds, plus à gauche qu'à droite. Début dix semaines. Extirpation souspériostée du calcanéum et du cuboïde en entier. Résection de la partie inférieure de Tastragale. Régénération dès la quinzième semaine. Guérison avec pied utile et sans raccourcissement. (Y. ch. III, obs. 5 et ch. l,p. 26).
Obs. XLIV. — Incomplète. Holmes, 5 juillet 1862.
Alfred G...., âgé de 5 ans, santé générale bonne. Galcanéum réduit à une coque osseuse ramollie et ulcérée; articulation calcanéo astragalienne complètement détruite, et ulcération superficielle de la face inférieure de l'astragale. Guérison de l'opération. Sorti avec un bandage le 7 septembre, pouvant déjà marcher un peu sans béquilles. {The médical Times and Gazette, V. 2, 1862, p. 357.)
Obs. XLV. — + Gant, 14 août 1862.
J. M..., âgé de 60 ans. Extirpation du calcanéum et du cuboîde pour carie. Guérison durable avec pied parfaitement sain et utile, deux ans après. (The Lancet, t. II, p. 91, 1864, et Archives de Lan^ genbeck, 1868.)
Obs. XLVI 1- Pembertcm, 17 septembre 1863.
Fille de 25 ans. Nécrose du calcanéum depuis douze mois, suite d'entorse. Extirpation totale du calcanéum. a La plaie guérit sans complication en cinq semaines. La malade se porte actuellement bien et marche sans clocher. Elle a seulement besoin d'un coussinet sous le talon. » {The médical Times and Gazette^ V. 1, 1864,
. Obs. XLVII. — + Heyfelder, 186<2, (1),
Bijoutier de 17 ans. Carie totale du calcanéum* Suites et résul* tats : abcès répétés sur le pied, guérison si lente que le malade n'é» taitenétatde marcher qu'avec des béquilles, au bout de cinq mois^ u II s'appuyait sur tout le pied sans souffrir; il n'y avait pas de différence essentielle entre les deux pieds ; car l'os enlevé avait éik presque entièrement remplacé par une nouvelle masse dur$ et solide, » Deutsche Klinik, 1863, p. 327.)
Obs. XLVIII. — + Heyfelder, 1862.
Femme, 28 ans. Carie du calcanéum. Guérison complète, seulement au bout de neuf mois. Usage parfait du pied qui n'a pas subi de raccourcissement considérable. [Deutsche Klinik^ 1863, p. 327.)
Obs. XLIX. — + Vanzetti, 186^.
Garçon de 14 ans. Début : coup sur la région du calcanéum, abcès, fistules, articulation tibio-larsienne saine. Extirpation totale du calcanéum. « Un mois après, le malade a pu marcher sur le pied, qui ne diffère de l'autre qu'en ce qu'il est un peu dans la flexion, la pointe portée en haut : ce qui s'explique par l'action des muscles antagonistes du tendon d'Achille. Du reste, cette lé gère déviation est à peine apparente et lorsque le pied est dans la
(l) Cette observ, a été citée comme un cas de reproduction; nous ne pensons pas qu'on soit en droit de tirer des inductions que Tauteur n'a pas osé émettre.
chaussure, elle disparaît tout à fait. Il marche, il court toute la journée. Dans la marche, il fait porter le talon et élève un peu la pointe du pied. » (Bull, de la Soc. de chir. de Paris, S. du 29 octobre 1862, t. III, p. 490, 1863.)
Obb. L. f- Greenhow, 1863.
Soldat de 18 ans; cause: balle dans le talon; ostéite suppurée du calcanéum ; extirpation totale du calcanéum soudé à Tastra* gale par l'ossification du ligament interarticulaire; suites et résultat :
« Guérison de la plaie en grande partie par première intention. Quatre semaines après, le patient était en état de marcher avec des béquilles, plus tard sans bâton. Au lieu et place de l'os, on trouve un coussin élastique. La cicatrice est tout à fait à la partie postérieure du talon et supporte très-bien la pression du poids du corps ; le malade a seulement besoin de garnir son soulier d'une étoflo molle. }) (Gurlt, Jabresbericht fur 1863, p. 142. In Arch de Langenbeck, 8 Bd., 2 et 3 h. 1868),
Obs. LI. — Incomplète, Régén. Poote, 1863.
Soldat; début 3 mois, par coup de feu: balle cylindro-coniqueî extirpation totale du calcanéum et de l'astragale ; guérison en deu}^ mois; reproduction osseuse.
tt Le membre paraît devoir être pour le malade aussi utile qu'a- A^ant la blessure. » On ignore si le malade a été suivi. {In Journal ctinerican médical Times, 1864i et Gazette hebd. t, 1, 1864, p, 734),
Obs. lu. — 5. P, + R^gén. Heine, Claus et Langenbeck, 24 mal 1864. Blessure de guerre ; soldat, etc. (v* ch. III, obs. 6).
0«s. un. 5. P. + Régén. Wcke, 2 août 1^64.
Soldat; ostéite suppurée du calcanéum, suite de blessure par xxne balle ; extirpation du calcanéum , par la méthode S. P. -4 mois après, guérison avec un peu de régénération osseuse, pied tin peu plat; marche avec une chaussure spéciale, (v. ch. III, obs. 7).
Obs. LIV (4). — 5. P. + Annandale, 4864 (?).
H... carie du calcanéum ; extirpation sous-périostée ; guérison 1
durable, (v. cb. III. obs. 8). 1 '
m COI
Obs. LV. — 5. i>. + Régén. Ollier, 2 janvier 4865. Anna Cat, 45 ans, etc. (v. ch. III, obs. 9).
Obs. LVL + Rigaud, 4865. I exti
Garçon de 44 ans ; hyperostose et carie avec végétations du calcanéum gauche; exarticulation totale; guérison.
« La guérison fut rapide et le jeune malade quitta VhApital, 5 semaines après l'opération; il marche librement et sans claudi* cation apparente et sans qu'il ait besoin d'un remplissage dans sa 1 ?£ chaussure. i)(Rigaud 1. c. 6^ fait). ■ ^^
Obs. LVII. *ilmp. Rigaud(4), 1865 (2). m c
Carie profonde, exarticulation du calcanéum ; gangrène de» t^h>> téguments; amputation sus-malléolaire ; guérison.
(4) Cette observation n'a pas été introduite dans le tableau de M. laillon.
(2) Il y a plusieurs versions sur Topérateur dans ce cas :
4'« version. — M. Rigaud a opéré à Paris dans le service de Nélaton » présence de M. Houel, suppléant alors le maître. (Rigaud, Loc. cii^^ 42« fait) ;
2* version, — M. Houel a opéré en présence de M. Rigaud, de Str^f^ bourg (Bulletin de la Société de Chirurgie, de Paris, séance du 24 févri 4875, 1. 1, n» 3. p. 203. — Discussion.;
3° version, — « M. Houel, chargé du service par intérim (service d Nélaton à Thôpital des Cliniques de la faculté de médecine de Pari avait demandé au chirurgien de Strasbourg de le rendre témoin d, cette extirpation qu'il avait exécutée souvent. Nous assistions à ropératio qui fut longue et douloureuse. Suites : gangrène du lambeau; amputatU^ sus-malléolaire, deux ou trois jours après^ par M. Houel. CPolaillon, dai:*' son Mémoire de 4869 )
Il est bien probable que M. Polaiilon, qui est neutre dans l'affaire, raison.
(3) La date de cette observation est aussi controversée.— 4865, dit M.Rf-
Obs. LVIII. [- Rigaud, juin 1866.
H... iS ans, carie du calcanéum; extraction totale. « Après 2 mois de séjour à Thôpilal, iî sort et marche librement comme les autres. » (Rigaud, 1. c. 7® fait).
Obs. LIX. |-Bœckel.Rigaud, 1866.
Jeune garçon ; carie de calcanéum; évidement sans résultat; extirpation totale; guérison très-rapide; marche libre, sans claudication. (Rigaud, I. c. 8® fait).-
Obs. LX. — 5. p. + Régén. Ollier, 1866.
A. Vieux, 36 ans, etc. (v. ch. III, obs. 40).
Obs. LXI. —- S. P. + Régén. Giraldès, décembre 1866.
Petit enfant, (v. ch. III, obs. H).
Obs. LXII. — S, P. -{—{' Régén. Lehmann, de Polzin, 5 septemb.i867.
Carie des os du tarse, suite d'une piqûre d'aiguille ; extirpation sous-périostée totale et simultanée du calcanéum, de l'astragale et du scaphoïde ; guérison parfaite eil 12 semaines avec régénération osseuse et récupération des fonctions du pied. (y. cb. III obs. 12).
N. B, Cette observation, aérant été publiée en 1870, ne se trouve pas [lans le tableau de M. Polaillon.
Obs. LXIII.— S, P. + Annandale, 1867.
Garçon de 17 ans ; carie, extirpation sous-périostée ; guérison Bn 2 mois; 4 mois après, le pied avait sa forme naturelle, (v.
ch. m, obs. 13).
Obs. LXIV. [- Burrall, 1867.
Garçon de 8 ans, carie et nécrose du calcanéum ; extirpation totale.
Sept semaines après l'opération, le malade pouvait marcher, et j)lus tard, il ne boîtait presque pas, même avec un soulier ordi- ^laire. Le pied avait ^e même aspect que le pied sain et le talon était ferme et solide. {New-York med. Rew, p. 171, t. Il, 1867).
gaud dans son Mémoire de 1875; — 1867, dit M. Polaillon dans son Mémoire de 1869 ; — 1868, dit le même auteur dans son article au Dictionnaire encyclopédique. Il nous semble que M. Rigaud doit le savoir mieux que personne et nous pensons que 1865 est la date vraie.
Ors. LXV. (l) — + Rigaùd, 4867.
« L*opéré guérit, mais la marche ne fut pas aussi libre cft facile que chez les autres. » (Rigaud, 1. c. 9° fait).
Obs. LXVI. ^ s. p. * m. pr., OUier, 1867.
Antoine Jacquier, 38 ans, mort, deux mois après Topération, de complications septicémiques, etc. (V. ch. 2, Obs. i^).
Obs. LXVII. f- Ogston, 4868.
M. L..., âgécfde 43 aiis^ scrofuleuse. — Carie ancienne du calcanéum. — Divers traitements inutiles. — « 8 mois après ropératioû, (oct. 1868), la plaie était entièrement guérie, Tenfant était capable de marcher avec un soulier à talon élevé. Quand je riiontrai la malade à la Société Médico-GhirurgiCâie d'Aberdeen, en nnlars 4869, l& iiSÀott était d'un demi-pouce plus court que celui du c6té opposé, et la jeune iill& était capable de marcher assez longtemps avec une claudication à peine perceptible. » (Britùch médical Journal^ nevr série, t. 1,4860, p. 421.)
Nota. — Depuis que M. Polaillon a dressé son tableau des résections totales du calcanéum dans son important article du Dict. encyclopédique de Dochambre^ t. XI, 1870, nous avons rasiÈ^mblé douze nouvelles observations d'extirpaiioDSk totales du caleanéunot, de 1869 à 1875 inclusivement.
Obs. LXVIIL— 5. P. * Amp. Léjeal, êe Valénciennes, i«' juillet 4868.
Das8artF...> 24 ans.— Ostéite et nécrose du calcanéum droit. Extirpation sous*périostée — Guérison en 4 mois. — Récîdrve iO mois après la gtiérison*— Amputation de la jambe en avril 1869 (V. ch. 3, obs. 45.)
Obs* LXiX. -s*- Incomplète, lohn Payrer^- professeur de chirui^ie à
Calcutta, n juillet 4869.
Kéramut) mahométan, 9 ans, scrofuleux* Lésion profonde du (4) A été omistt dans le tabïeau de Itî. Pôlaîlloni
cou-de-pied : début, 5 mois par entorse. Réseqtion de rextrémité articulaire du tibia et du péroné. Extirpation totale du calcanéum^ de Vastragale^ du scapkoide, Aut^^es os du tarse sains. Résultat : « Il y a environ quinze jours, deux lamelles osseuses si^exfolièrent aux extrémités du péroné. J-es plaies opératoires sont guéries, les fistules se ferment, la suppuration diminue. Les tissus périarticulaires, jadis si engorgés, îeprenûént leuf aspect normal. Le malade peut poser son pied par terre et porter de lourds fardeaiïx en s^appuyant dessus* Il soulève la jambe, et le pied audessus du lit sans aide, et remue les orteils et le pied arec unç agilité relativement considérable. Il prend de l'huile de foie de morue, suit un régime excellent, est de bonne humeur, et la santé s'améliore graduellement. Si rien n'arrive, il est en voie de guérir complètement. Il est remarquable que la forme du pied ait été si peu altérée par une aussi grande perte de substance. Excepté un cas rapporté par le D** Hodges, dans lequel les extrémités du tibia et du péroné, l'astragale, une partie de calcanéum, et les trois cunéiformes furent enlevés, je ne connais aucune observation dans laquelle on ait enlevé du pied autant que dans celle-là. » {i {The Médical Times and Gazeite, vol. % 1869, p. 125.)
Obs. LXX. — 5. ?, * if. pr. Polaîllon, 1869.
Femme ^ 35 anâ, mort6 par iniitfÉikm purulentes (Vr ch. 3, obs. 16.)
Obs. LXXI. ^S. P. + Kâppéler, i décembre 48tO.
CarL.., 40 arts ; début, 4 fnoîs j ostéite dd calcanétfm, extirpation sous-périostée. Guérison un mois après ; mort de pyléonéphrite un an après. (Y. ch. 3, obs. 17.)
Obs. LXXII. -^^ S. P.* M. pr. Létiévant, de Lyon, 1872.
Femme de 30 à 35 ans ; extrêmement débilitée ; résection souspériostée pour carie. Quelques jours après, symptômes de septi*^ eéfioiie et mort paf infection purulente. (Y. ch. 3, obs. 18.)
iV.-jB. — Cette observation n'a été prise par personne au moment même ; elle n'a été établie que cette année à l'aide des souvenirs do chef de service et des élèves*
(1) Pouf ôoftif de soii illusion, M". Payrer n'a qu'à life dans la Deutsche EHnih, I870>5 Tobs^de Lehâiaïm.fV. fidtreéfr. 3, obs. 1^
Obs. - LXXIll. — + Rîgaud,.4873.
Richard (Joseph), 37 ans, garçon boucher, entré le 4 janvier 1873 à la clinique de la Faculté de médecine de Nancy. Extirpation totale du calcanéum. Pas d'autres renseignements. (Rigaud, loc. cit„ i(f fait.)
Obs. — LXXiy. — + Rigaud, avril 1873.
Bouchu (Nicolas), jardinier, 40 à 50 ans, extirpation du calcanéum. Guérison! (Rigaud, Loc. cit., ll^fait.)
M. Rigaud ajoute, à la suite : « Si nous joignons à ces dix cas, celui de notre agrégé, M. Bœckel, nous en comptons onze, 3ur lequel nombre un seul est mort, c'est le n** 2 . Je rappelle que la quatrième fois que je pratiquai cette exarticulation, la lenteur de la guérison, quoiqu'il ne fût survenu aucun accident urgent, décida M. Sédillot à amputer le malade, qui guérit. )i
Obs. LXXV. - 5. P. + + Régén. Ollier, !«' juillet 1873.
Marius Bouvier, 15 ans. (V. ch. 3, obs. 19.)
Obs. LXXVI. — 5. ?. + Holmes. 31 janvier 1874.
Garçon, de 14 ans. (V. ch. 3, obs. 20.)
Obs. LXXVII.— incomplèU. S. P. Trélat, 9 décembre 1874.
Benoit Maltée, 30 ans. (Y. ch. 3, obs. 21.)
Obs. LXXVIII. ^ S.P. + + Régén. Ollier, 26 décembre 1874.
Joseph Minssieux, il ans. (V. ch. 3, obs. 22.)
Obs. LXXIX. — 5. P. * Amp., Ollier et Gayet de Lyon, 22 février 1875.
Louis Yeillaton, 30 ans. (Y. ch. 3^ obs. 23.)
B. Historique spécial des résections sous - périostées
nu CALCANÉUM.
D'après nos recherches, Mayer de Vûrtzbourg paraît être le premier qui ait pratiqué une extirpation souspériostée du calcanéum avec l'intention d'obtenir une
reproduction de l'os. Le cas n'était pas favorable; il s'agissait d'un homme de 48 ans. On verra .l'observation au chapitre suivant. Cette observation date de 1845.
On a prétendu, par erreur, que Rigaud avait fait, en 1844-45, une exarticulation sous-périostée. Cette assertion n'est pas plus fondée que celle qui attribue des reproductions à certains faits de Rigaud. Pour réfuter ces erreurs, nous n'avons qu'à renvoyer au Bulletin de la Société de chirurgie de Paris, 1867, séance du 12 décembre 1866, p. 481. On y lira la lettre dans laquelle Bœckel, "pour répliquer à M. OUier, cite huit cas d'extirpations : faites par Rigaud ou par lui, toutes exécutées avec succès, sans que le périoste y ait eu jamais aucune part. « Or, dans ces huit cas, on n'a!jamais conservé que des lambeaux de périoste insignifiants et il n'y a pas eu de reproduction osseuse; mais le rétablissement de la forme et des fonctions du pied a été au moins aussi parfait que dans le cas type cité par M. OUier. » S'il restait encore quelques doutes dans l'esprit, il suffira pour les dissiper de parcourir le mémoire que M. Rigaud lui-même a lu à la Société de chirurgie en 1875. On a donné encore comme résection sous-périostée le cas d'extirpation que fit Robert, en 1852, sur un homme de 58 ans. Et voici sur quelle base on s'est fondé pour émettre cette opinion, nous l'avons déjà dit, sur cette simple phrase :
« Les ligaments et le périoste se détachaient si facilement des os, que je pus les en séparer avec le manche du scalpel >> ! Est-ce là la preuve d'une résection souspériostée méthodique, voulue? L'auteur constate un accident de son opération [et ivoilà J^tout ! Le doute ne
Vincent. 5
peut subsister,' lorsqu'on a lu en entier « le travail de Robert, qui ne mentionne jamais le préoepte de coiu^er^ ver le périoste. Toutes les résections qu'il a faita» ont été exécutées d'après la méthode ancienne ; il n'a con* serve de périoste que lorsqu'il n'a pas pu mieu^ faire^ dans les cas de nécrose.
Quant à Hilton, il est incontestable qu'il a fait inten* tionnellement une résection sous ^périostée^ en i8&5» Après lui, vient Athol Johnson/ 1856; Langenbeek^ deux cas personnels : 1859, 1861^ un cas commun, avec Heine et Glaus, 1864; Lûcke, 1864; Annandale, deux eas, 1864 et 1867; OIHer, cinq cas personnels: 1865, 1866, 1867, 1873, 1874, un cas commun avec M. Gayet^ 4875; Lejeal (de Valenoiennes) 1868; Polaillon, 1869; Kap^ peler, 1870; Letiévant, 1872; Holmes, 1874; Trélat,
C'est donc M. Ollier qui a fait le plus grand nombre de résections sous • périostées totales du oalcanéum« Si^ chronologiquement, il n'est pas le premier à avoir fait cette opération, il est incontestablement le premier qui Tait pratiquée avec une méthode rigoureuse. Le oba>» pitre suivant montrera, en outre; que les plus beaux résultats lui appartiennent. La conclusion s^impoeem d'elle-même à tout esprit impartial, non-seulement en faveur de la méthode sous-périostée, mais micore, dn procédé qui a le mieux réalisé le but que* Ton voulait atteindre, et que l'on doit poursuivre dans tqute résection, la reproduction de l'os et le rétablissem^ent des fonctions du membre.
M. le D' Letiévant vient de faire paraître, il y a peu jours encore 9 une note sur un point kistorique 4e fo rêm^
tion sous^périostée du çaIçéméum(Jn Lyon-Médical^ numéro du 20 février 4876), où U s'efforce de démontrer aux lecteurs du Journal des médecins de Lyon, que la priorité de l'extirpation sous-périostée du oalcanéum n'appartient pas à son concitoyen, M, Ollier. Il dépouille de oet honneur le chirurgien lyonnais, dont le nom fera toujours autorité cependant en pareille matière, pour le décerner au chirurgien prussien, Langenbeçk; et c'est en s' appuyant sur les faits suivants, « faits' visibles» palpables, dit-il, dans lesquels il ne sera pas utile de recou* rir aux déductions des raisonnements, » que le chirurgien en chef de F Hôtel-Dieu do Lyon a prononcé son jugement de réhabilitation historique : a Je laisse la parole à M, Langenbeçk, » dit-il r
« Les 'résections sous - périostées datent, en Allema» gne, de Fan 1834. Alors Bernard Heyne^ à Viirtzbourg, a publié ses résections sous-périostées sur le chien. Tex-* tor, de Viirtzbourg, a fait la résection sous - périostée d'une côte sur Thomme, en 4838, avec régénération oom-^ plète de l'os. Mes premières résections sous-périostees sur l'homme ont été faite à Kiel (Université d& Holstein)^ en 4842 et 4848, dans la première guerre du Schlesw^ig (Petruftohvy, Thèse sur le» résections.) »
<i Xtf première résection sous^énostée du cdcanéum quef ai faite date de \91^\.l^iùMi^y9X réséqué le oalcanéum quatre fois ; deux fois avec régénération complète de l'os, une foi» sans régénération ; un cas de mort (femme do 70
ans),
« Je crois, » il n'afûrme pas, il croît « que le procédé que j'ai suivi pour la résection sous-périostée du calcanéum n'a pas été fait avant moi. — Si c'est possible, je
conserve tout le périoste, je laisse le tendon d'Achille en jonction avec le périoste; ce qui n est pas difficile, quand on détache le périoste avec un levier mousse. »
Quelle est la source de cette citation? On ne l'indique pas. Cela n'est pas indifférent cependant.
Hillencamp , dont s'autorise encore M. Létiévant , s'exprime ainsi dans son proémium : « Etsi enim chirurgi, qui resectiones fecerunt, non ignorabant, quantum ad regeneranda ossa periosteum valeret^ tamen — ni fallor — nemo an te Langenbeck resectionem subperiostalem ossium tarsi suscepit. »
Je suis fâché de me trouver en contradiction avec un maître dont j'ai toujours jadmiré le savoir. Mais je suis conduit par mes nombi*euses et bien laborieuses recherches à une autre conclusion que la sienne, à reconnaître à Mayer, de Viirtzbourg, la priorité de l'extirpation sous - périostée du calcanéum. Outre Mayer (1845), il y a encore avant Langenbeck, Hilton (1855) et Johnston (1856). Langenbeck ne vient qu'au quatrième rang (1859). Si l'on veut accepter la date de 1854, qui est alléguée comme celle de la première résection de Langenbeck, dans la citation dont nous ignorons la source, notre conclusion ne saurait être davantage une confirmation de l'assertion historique du très-honorable chirurgien en chef de F Hôtel-Dieu de Lyon.
Voyez encore pour la question historique les comptesrendus de la Société nationale de médecine de Lyon,, dans le Lyon médical^ séances du 22 nov. 1875 au 31 janvier 1876 incl.