‹ De l'ablation simultanée du calcanéum et de l'astragale: postéro-tarsectomie totale, ses résultats éloignésChapitre 19 sur 45 · PT LORS · texte numérisé non relu

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Mais l’anomalie la plus fréquente, le plus souvent compliquée d'un léger degré de varus, consiste dans l'équinisme. Dans la marche, le malade appuie surtout sur la pulpe du gros orteil et l'extrémité antérieure des métatarsiens, le talon étant moins fortement fixé sur le sol que le reste du pied. Cet équinisme qui disparaît ordinairement au bout de quelques mois, n’est jamais très prononcé, et, dans la plupart des cas, n’entraîne aucun trouble fonctionnel bien appréciable. Cependant, chez une opérée de M. Reverdin (obs. XXV), le pied, grâce à cette difformité, n’offrait pas une base de sustentation très solide. Ne pourrait-on pas attribuer cet équinisme à ce fait que, après la cicatrisation de la plaie - opératoire, le pied se fléchissant dans la marche beaucoup plus difficilement, le malade se trouve dans l’obligation de prendre un point d'appui sur les orteils euxmêmes ? D’après une autre fhéorie il trouverait une explication plus simple, dans les soins post-opératoires -négligés où une marche trop précoce.

Contrairement à l'opinion de Ménard, le falus, croyons-nous, est infiniment plus rare, presque exceptionel. Dans les cas où on le constate, la pointe du pied est relevée et le malade, dans la marche, appuie presque exclusivement sur le talon. Son explication est plus difficile à donner et parmi les opinions émises, nous citerons celle de Ménard, qui, sans être complètement à l'abri d’objections, doit cependant être considérée jusqu'ici comme la plus satisfaisante. Normalement, le poids du corps est transmis au pied suivant un axe qui tombe en avant du talon, à la partie postérieure de la voûte plantaire. Le pied est donc ainsi solidement appuyé sur

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le sol par ses deux points d'appui: le talon et les têtes métatarsiennes. Mais après la postéro-tarsectomie totale, toute cette statique est troublée; la saillie talonnière est racourcie, l'axe de la jambe tombe sur la partie antérieure du talon lui-même et non en avant de lui, comme à l'état normal. « Le poids du corps presse donc exclusivement sur le talon postérieur, le talon antérieur touche le sol, mais ne s'applique pas vigoureusement sur lui. »

Cette petite anomalie, très peu accentuée, n'est le plus souvent que temporaire ; en effet, la régénération des masses musculaires et en particulier du triceps sural, dont la faiblesse existant déjà au moment de l'intervention a été accentuée par l'intervention ellemême, aura comme conséquence de rétablir le pied dans une position à peu près normale.

Le valgus, consécutif à la résection totale du tarse postérieur, peut être considéré comme étant d'une extrème rareté. Nous n'en rapportons qu'un cas tiré. de la clinique de M. Ollier (obs. XIV).

Disons, en terminant ce qui a trait à ces déviations, que celles-ci peuvent être assez facilement évitées si l’on soumet le malade à des soins post-opératoires minutieux. Mettre le pied dans une bonne position, à angle droit sur la jambe, son bord externe bien relevé, ne permettre la marche qu'à la complète guérison, avec une chaussure convenable, telles sont les conditions nécessaires grâce auxquelles on n'aura pas à constater l'existence de ces anomalies. Une fois constituées, ces déformations sont cependant susceptibles de disparaître, grâce à un traitement approprié : c’est ainsi

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que la flexion des orteils peut être vaincue par le massage et l’électrisation des extenseurs, l’équinisme, soit par le redressement brusque sous le chloroforme (Reverdin), soit par une gymnastique progressive exercée, au moyen de bandes élastiques, par l'opéré lui-même.

3° Mouvements du pied. — Chez presque tous les opérés dont nous rapportons les observations, on peut constater que les mouvements de flexion et d'extension siégeant dans l'articulation tibio-tarsienne, sont conservés, mais un peu limités. Cette conservation, très importante dans la pratique pour permettre une marche facile et non disgracieuse, ne s’observe qu’assez longtemps après l'opération. En effet, au moment où la cicatrisation vient de se terminer, les mouvements du cou-de-pied, sans être complètement abolis, ne sont cependant pas libres comme dans l’ablation isolée du calcanéum. Ce fait est très compréhensible : la mortaise tibio-péronière, reposant sur une masse de tissu cicatriciel, présente avec elle des adhérences fibreuses trop nombreuses et trop serrées pour permettre des mouvements très étendus et non douloureux. Mais peu à peu, en quelques semaines, sous l'influence de Ia marche et de manipulations fréquemment répétées, ces adhérences se brisent ou se relâchent et les mouveménts arrivent bientôt à acquérir une étendue voisine de la normale. La douleur elle-même disparaît et 'au bout de quelque temps la marche est devenue aisée et facile.

Si les malléoles ont été respectées dans l'intervention, les mouvements de latéralité font complètement défaut; aussi sera-t-il préférable de les conserver dans Ja mesure

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du possible pour éviter les déviations latérales du postéro-tarse et le pied ballant.

Les mouvements actifs d’abduction et d’adduction se passent dans l’articulation médio-tarsienne ; quant aux mouvements des orteils, ils ne subissent ordinairement aucune modification.

4° Mensurations. — Une conséquence facile à prévoir de la résection totale du tarse postérieur est le raccourcissement du pied opéré. Dans toutes les observations que nous rapportons en détail nous avons constaté que ce raccourcissement variait entre 1 et 4 centimètres. Mais ce ne sont là que des limites extrèmes et le plus souvent, la différence entre le pied sain et le pied opéré n'est pas supérieure à 2 centimètres. Mais ici une question se pose: sur quelle partie du pied porte cette différence? À première vue, il semblerait que, du fait même de l'opération, ce raccourcissement devrait siéger exclusivement sur le postéro-tarse. Or, et M. Ménard l’a démontré, c’est là une erreur, dans certains cas du moins. La postéro-tarsectomie totale, il est vrai, raccourcit surtout le talon, mais un peu aussi lavant-pied. Sur plusieurs de ses malades, M. Ménard a pratiqué des mensurations en divisant le pied en deux régions : l’une antérieure, l’autre postérieure à l'axe vertical de la malléole interne. Ces mensurations l’amènent à conclure que la partie antérieure est raccourcie en moyenne de 5 à 10 millimètres, la partie postérieure de 10 à 20.

Beaucoup de chirurgiens, à tort peut-être, se préoccupent moins de la longueur du postéro-tarse reconstitué que de sa hauteur. La crainte de voir les malléoles

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