ASS
libre. C’est ce qu’on peut obtenir sans peine en mobilisant le pied durant la convalescence.
Les sujets peuvent courir, sauter, danser, se livrer en somme à tous les exercices, sans éprouver beaucoup plus de fatigue qu’un individu absolument sain. La marche est non seulement facile, mais peut être pendant longtemps prolongée ; nous n’en voulons pour preuve que certains opérés de M. Ollier, qui, dans une journée, ont pu accomplir des marches de 30 kilomètres. Ils ne se servent le plus souvent pour tout appareil, que d’une chaussure à talon un peu élevé, sans éprouver la nécessité d’un soutien quelconque.
La claudication, ordinairement peu accentuée, est très souvent à peine sensible. Nous avons vu plus haut que l'on n'avait pas à craindre de voirles malléoles atteindre le sol, puisque le postéro-tarse reconstitué formait une masse de hauteur suffisante, bien fixée sousla mortaise tibio péronière. Par conséquent, le raccourcissement du membre résultant de la postéro-tarsectomie totale sera en somme assez peu important puisqu'il ne depassera pas les 2 centimètres dont la hauteur du postéro-tarse est diminuée. Et c’est en effet une claudication légère que nous voyons signalée dans la plupart des observations. Cette claudication devient presque imperceptible avec une chaussure à talon large et un peu élevé ; de plus, l’abaissement du bassin du côté malade peut parfois compenser en partie et même faire disparaître la différence de longueur : c'est ainsi qu'on peut expliquer les cas où malgré un raccourcissement réel de la jambe opérée, le malade ne boite pas (Kummer) (1). Dans
(1) Revue de Chirurgie, 1891.