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d’autres cas, on a vu la première rangée du tarse se retirer sous les malléoles et contribuer ainsi à rendre la claudication moins prononcée (obs. IX).
Atrophie. Ankylose. — Chez tous les malades, on constate une atrophie assez notable du membre inférieur opéré ; mais il est juste de faire remarquer que, dans la plupart des cas, cette atrophie existait déjà au moment de l’intervention. Elle peut donc être considérée comme relevant en grande partie de la maladie elle-même. Elle varie entre 4 et 6 centimètres et disparaît graduellement par le massage, l’électrisation, la marche, à mesure que réapparaissent les fonctions du membre.
On peut constater parfois une ankylose assez serrée de l’articulation tibio-tarsienne. Si cette ankylose est en bonne position, le pied étant placé à angle droit sur Ia jambe, si la marche, de ce fait, n’est pas trop gênée, on pourra s'abstenir de toute intervention. Il est cependant préférable, à tous les points de vue, de faire exécuter au malade des mouvements passifs et actifs afin de ramener un peu de souplesse dans l'articulation et rendre, par cela même, la marche plus facile. Il n’est qu’un seul cas, où l’on doive ‘respecter l’ankylose : c’est Jorsqu’à la suite de la suppression de la mortaise tibiopéronière, la mobilité ne pourrait exister qu'aux dépens de la solidité et permettrait des déplacements latéraux du pied sur la jambe. |
En résumé, on le voit, la postéro-tarsectomie totale a des résultats fonctionnels presque parfaits. Toutes les objections qu'on lui a adressées jusqu'ici, objections basées sur les déviations du pied et le raccourcissement du membre, n’ont pas une très grande valeur, puisque,
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nous l’avons vu, ces accidents, dont quelques-uns du reste sont facilement évitables, n’entraînent pour le sujet aucune gêne bien accentuée. Ce qui le prouve, c'est qu’une forte proportion des sujets dont nous rapportons l’observation, possède les conditions essentielles à un bon fonctionnement : solidité, conservation de la forme et des mouvements. Si nous y ajoutons le fait que le raccourcissement du membre opéré dépasse rarement 2 centimètres, nous pourrons conclure que la plupart de ces malades ont une jambe utile, en tous points préférable au meilleur des pilons.
Résultats de la résection totale du tarse postérieur au point de vue général. — Nous n'insisterons pas sur la question de la gravité de l’opération. On sait que, depuis la pratique de l’asepsie chirurgicale, les résections ne peuvent plus être considérées comme des interventions particulièrement dangereuses. Celles du tarse en particulier offrent le même degré de mortalité que l’amputation de ia jambe ou le procédé de Syme (Kummer). Quant aux morts rapides par généralisation de la tuberculose, on peut les considérer comme très rares: on en cite cependant quelques exemples et M. Ollier en rapporte deux cas dans son Traité des résections.
Moins rares, mais cependant encore assez peu fréquents, sont les cas où l’on voit apparaître d’autres manifestations tuberculeuses tardives (obs. XVII). Mais ce ne sont là que des inconvénients inhérents à toute opération pratiquée chez un tuberculeux et qui n’ont rien de spécial à la postéro-tarsectomie totale. Il est incontestable que le pronostic de toute tuberculose est
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sombre; il ne faut donc pas voir dans ce fait un argument contre cette opération.
Il en est de même des récidives locales survenant après un certain temps dans un pied guéri et déjà utilisé pour la marche. Leur extrème rareté est prouvée par diverses statistiques (Kappeler, Kummer). Nous n’en citons aucun exemple. On pourra donc affirmer la guérison locale quand le pied, complètement désenflé, indolore, aura été, depuis un certain temps déjà, utilisé pour la marche. Cette guérison localeest-elle définitive? Il y a tout lieu de le croire, sans pouvoir cependant l’affirmer.
Nous devons dire aussi que la résection du tarse postérieur peut, dans certains cas, améliorer d’une façon notable l’état général et rendre le terrain moins apte à l’envahissement bacillaire. On à même vu des tuberculoses pulmonaires au début, guérir à la suite de l’opération : M. Ollier a constaté, à l'autopsie d’un de ses opérés, mort de fièvre typhoïde, les lésions pulmonaire en voie de régression manifeste (1).
De ce rapide examen, nous pourrons donc conclure, que la postéro-tarsectomie totale est une opération n'offrant par elle-même aucune gravité, n'exposant pas aux récidives locales, et susceptible même, dans certains cas, d'améliorer l’état général.
(1) Thèse d'Audry.
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De la régénération osseuse après la résection totale du tarse postérieur
« Ce n'est que par la reconstitution d’une masse osseuse à la place du calcanéum, que les opérés arrivent à avoir un point d’appui suffisant et un pied solidement articulé avec les os de la jambe (1). 5 C’est donc là une condition presque indispensable pour le rétablissement aussi complet que possible des fonctions et de la forme du pied après l'intervention. La conservation du périoste pouvant seule donner ce résultat, la méthode souspériostée devra toujours être employée de préférence dans tous les cas où le périoste resté sain pourra être respecté par le chirurgien. Il est inutile, en effet, d’insister sur ce fait que l’on est toujours tenu d’enlever le périoste calcanéen lorsqu'il est malade et il est prudent de le faire même lorsqu'il n’est que suspect : « On n’a
(1) Ollier. Traite des resections.