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externe de la jambe droite. Tuberculose ganglionnaire du cou. Ablation du calcanéum et de l’astragale. Guérison du cou-de-pied malade en moins de trois mois.
G OBsERvATION XXXII Ménard. (Loc. cit.)
Louis Flip., garçon de 10 ans et demi, entre à l'hôpital maritime le 25 juillet 1894. Il est atteint de tuberculose du cou-de-pied qui date de $ ans. La région du cou-de-pied est déformée par des dépressions cicatricielles et des saillies de consistance fongueuse situées en avant et en arrière. Deux fistules s'ouvrent en avant, l’une en dedans, l’autre en dehors.
Les os de la jambe du côté malade et le pied sont plus courts que du côté sain. Un mois après l’arrivée du malade, une troisième fistule s’ouvre sur La face dorsale.
Le 24 septembre 1894 nous pratiquons la tarsectomie postérieure totale. L’astragale est enlevé en premier lieu, puis le calcanéum. Le 24 décembre 1894 la cicatrisation est complète.
Eïat du pied le 17 août 189$. — La douleur à Ja pression et durant la marche s’est calmée progressivement. La marche sur le pied malade est devenue solide, non douloureuse depuis deux mois. La claudication modérée a beaucoup diminué.
Elle est moindre avec des chaussures que nu-pieds.
La région malade est déformée, mais ne l’est pas beaucoup plus qu'avant l'opération.
La mensuration de la plante conne les résultats suivants :
t° En avant de l’axe vertical de la malléole externe : Sur le pied malade..... 1$ centimètres » SAR Ne 15 centimètres . 29 En arrière dela même ligne verticale :
Sur le pied malade...... 4 centimètres » San... bcentimètres
La saillie postérieure du talon n’est pas entièrement effacée
non plus que la voûte plantaire. La hauteur du tarse postérieur au dessous du sommet de la malléole interne est :
Sur le pied malade de... 38 millimètres » Sainide Le s8 millimètres
L’arrière-pied est très solidement fixé entre les malléoles dans le sens transversal. Les mouvements de flexion et d'extension sont difficiles et peu étendus.
La masse fibro-graisseuse du talon est résistante à la pression. Il est difficile de juger s’il y a eu reproduction de parties osseuses et à plus forte raison quel est le volume des masses osseuses reproduites.
OgBsErvATION XXXIII Ménard. (Loc. cit.)
Camille Mar..., garçon de 6 ans et demi, entre à l’hôpital maritime, Le 8 août 1894, avec des lésions tuberculeuses multiples des os, du tissu cellulaire sous-cutané, des ganglions.
1° Arthrite tuberculeuse du cou-de-pied gauche, paraissant très ancienne, compliquée de trois fistules situées : une en avant de la malléole externe, une au-dessous et en arrière de la même malléole, la troisième à la face interne du cou-de-pied ;
2° Arthrite tuberculeuse du coude droit à l’état fistuleux ;
3° Spina ventosa du troisième métacarpien droit;
4° Tuberculose ganglionnaire du cou.
Le 26 août 1894, nous pratiquons la tarsectomie postérieure totale du pied gauche. Le calcanéum et l’astragale étant déjà détruits en grande partie, on enlève tous ces débris osseux.
Le 20 novembre, la cicatrisation de la plaie opératoire est complète et sans fistules.
Le 12 novembre 1894, l’abcès de la face externe de la jambe droite est opéré. Il s’étend depuis la gaine des péroniers jusqu’à la jarretière. Incision. Curetage. Suture avec un drain.
Le 4 décembre : cicatrisation complète.
Le 17 décembre on note que la fistule du coude droit s’est fermée.
Le 16 janvier 1895, la guérison est confirmée. L'enfant qui a quitté l’infirmerie se promène avec des béquilles, l’état genéral est devenu satisfaisant. |
Etat du pied opéré le 17 août 1895. La saillie postérieure du talon est presque effacée, de même la voûte plantaire.
Mensuration de la voûte plantaire : 1° En avant de l’axe vertical de la malléole tibiale :
Sur le pied gauche malade 11 centimètres — droit sain.... 13 centimètres
2° En arrière de la même ligne.
Sur le pied malade..... 3 centimètres UN saine. th omCentimnerres
La longueur du pied malade est diminuée de 4 centimètres, soit de 2 centimètres sur le talcn et de 2 centimètres sur l’avant-pied.
La hauteur du tarse postérieur mesuré au-dessous de la pointe de la malléole explorée est :
Sur le pied malade...,. 3 centimètres — SA er 4 centimètres
L'enfant boite à peine et ne marche pas en talus. Les mouvements de flexion et d’extension du cou-de-pied sont presque aussi étendus qu’à l’état normal. La flexion dépasse un peu l'angle droit.
Le 10 octobre 1895, la claudication est à peine sensible. La voûte plantaire du pied sain est à peine marquée. Celle du côté opéré est à peu près nulle, ce qui n’empèche pas la marche d’être facile et solide. L’enfant marche et joue toute la journée sans fatigue.
OBSERVATION XXXIV Ménard. (Loc. citat.) Vincent, fille, âgée de 12 ans, entre le 12 juillet 1894 au
sanatorium des enfants assistés. (Maison Parmentier-Berck). La région du cou-de-pied droit est tuméfiée et douloureuse
depuis un an, dit l’enfant. Des pointes de feu ont été appliquées à trois reprises et ne paraissent avoir produit aucune amélioration. Le talon est augmenté de volume. Trois fistules situées au niveau de la malléole péronière et sur le côté externe du cou-de-pied, au niveau de l'intervalle astragalocalcanéen, donnent issue à une suppuration assez abondante. Ces fistules ont persisté depuis 6 mois. Tous les mouvements sont très limités et l'enfant ne peut se servir de son pied malade.
Opération le $ août 1894. Les faces articulaires supérieure et inférieure de l’astragale sont altérées. La tête astragalienne n’est pas atteinte. Ablation de cet os ainsi que du calcanéum, dénudé, raréfié, jaune grisâtre.
Cicatrisation complète au bout de deux mois,et un mois plus tard, en tout trois mois après l’opération, marche avec béquilles.
Nous avons dû corriger l’équinisme en mettant le pied à angle droit sur la jambe par force et en le fixant dans cette position à l’aide d’un appareil pendant un mois.
Au mois d'août 189$ toute sensibilité anormale a disparu dans la région du cou-de-pied opéré. La marche sans appui est devenue facile. L’enfant peut faire deux kilomètres sans fatigue. Cependant un certain degré de claudication persiste. La flexion et l’extension ne dépassent pas la moitié de l’étendue normale. La région du talon élargie et diminuée de hauteur est solidement fixée dans la mortaise malléollaire par les productions fibreuses de la cicatrice. Le mouvement de latéralité du talon est à peu près nul. La saillie postérieure de cette région n’est pas complètement effacé.
Les dimensions respectives des deux pieds sont les suivantes :
Longueur totale : du pied droit opéré... 20 centim. $ — gauche sain,. 22 centim. 5
Cette longueur divisée en deux parties, l’une en avant de
Me ; 4 l'axe vertical de la malléole interne, l’autre en arrière, est repartie de la manière suivante :
Longueur :
1° En avant de l’axe vertical de la malléolle interne.
Duspiedidroir Fee . 16 centimètres ooaucher creer 17 centimètres
2° En arrière de l’axe de la même malléole :
Durpiedidioir eee PS INRA RE DUAL M CACHE, AE SACENCIIMIS
La hauteur du tarse au-dessous de la pointe de la malléole interne mesure :
Surie pied droite." HR RCCnEinees 1 gauche... sHEentimetLres
Le ro octobre, la malade marche facilement sans appui. Elle va du sanatorium à la mer, faisant un trajet de $oo mètres sur un mauvais chemin et en revient sans éprouver de fatigue.
La marche va toujours s’améliorant.
OBSERVATION XXXV Ménard (loc. cit.)
Trioul, fille de 12 ans, entre à l’hôpital maritime le 16 décembre 1892 pour une tuberculose de calcanéum gauche.
La région du calcanéum est le siège d’une tuméfaction douloureuse. Les mouvements tibio-tarsiens sont libres, mais les mouvements astragalo-calcanéens et médio-tarsiens sont limités. La malade ne peut s’appuyer sur un pied. Au bout d’un an de séjour à Berk, la sensibilité anormale ne s’est pas modifiée, le gonflement n’a pas diminué.
Le 7 décembre 1893, nous pratiquons une série des pointes de feu fines et profondes sur la face externe de l’os. Une des petites plaies du therino-cautère devient fistuleuse et persiste.
Le 15 janvier 1894. Evidement du calcanéum malade. Un séquestre volumineux est enlevé en deux fragments.
Radiographie du pied opéré (Observ. XXXVI).
Après une période de réparation régulière, la plaie reprend un aspect fongueux qui persiste.
Le 7 octobre 1894, ablation de l’astragale ulcéré inférieurement et des restes du calcanéum, Articulation du cou-de-pied intacte.
Le 15 décembre, la cicatrisation est complète.
Au partir du 1° janvier, la malade marche avec des béquilles. Actuellement, la voûte plantaire n’est pas complètement effacée, la région du cou-de-pied conserve des mouvements peu étendus mais qui pourront se développer par la suite. Equinisme modéré empêchant encore l'application régulière de la plante du pied sur le sol. Marche assez facile, sans trop de fatigue.
OBsERVATION XXX VI Gangolphe (Société de chir. de Lyon, 1898).
Marguerite R..., 19 ans, demeurant à Lyon, entre à l’'Hôtel-Dieu, salle St-Martin, n° 20, le 15 avril 1896, pour une tumeur blanche ancienne du cou-de-pied. Père cardiaque, mère vivante, toussant beaucoup, amaigrie. |
Pas d’affection avant l’âge de 4 ans; à cette époque, la malade se met à boiter, on inspecte son pied et on trouve deux tumeurs du volume d’un œuf, peu douloureuses, sans qu’on en puisse préciser le siège exact. Gène fonctionnelle assez marquée.
La petite malade est conduite à la Charité; on lui fait des pointes de feu, on immobilise son articulation tibio-tarsienne. Elle fait un séjour de quinze mois et rentre dans sa famille ; elle marche avec plus de facilité.
Au bout de quelque temps, il se forme des fistules qui guérissent pour s'ouvrir de nouveau ; tantôt la malade peut marcher, tantôt elle a besoin d’un bâton. |
En 1892, l’état de la malade semble s’aggraver; les trajets sont ouverts et la suppuration est abondante, l’impotence fonctionnelle est plus grande que jamais et la malade marche avec
deux béquilles.
Au mois d'avril 1896, elle entre à l’Hôtel-Dieu. L’éta? général est mauvais: le cou-de-pied est le siège de trajets fistuleux multiples situés de chaque côté des malléoles. La suppuration est abondante et fétide. Après avoir amélioré l’état général, une première intervention est faite le 2$ mai. L’astragale et le caicanéum sont enlevés; le foyer tuterculeux, nettoyé soigneusement à la curette, est cautérisé rigoureusement. Suites générales des plus simples.
Juillet 1896.— La suppuration n’est pas tarie ; les fongosités ont une tendance extrème à la repullulation; le stylet indiqué la dénudation de lépiphyse tibiale inférieure.
1 $ juillet. — Ablation de l’épiphyse tibiale qui est nettement éburnée et atteinte d'infiltration puriforme. Le tissu osseux adjacent est dur et vasculaire ; l’extrémité du tibia est excavée de manière à reconstituer une mortaise aux malléoles internes. Cette intervention a les plus heureux résultats ; la malade sort guérie, deux mois plus tard. On lui fait porter un appareil (tuteur).
Décembre 1897. — Actuellement, la malade marche facilement : elle peut faire, sans fatigue, trois ou quatre kilomètres. Le port d’un appareil n’est pas indispensable, mais il lui permet de faire de plus longues courses. Plus de fistule. Il existe des mouvements de flexion, d'extension et de latéralité, tous très limités. Tous les muscles fonctionnent bien.
Les mensurations donnent les chiffres suivants :
Longueur totale du pied..... 0.18 cent.
Jambe gauche . Ne sd De la tête du péroné à la face (opérée) l PATATE ses MS ee CLONE RS
| Longueur totale du pied...., 0.23 »
Jambe droite { De la tête du péroné à la face | | DRRATÉ SE Jeune. ONE
Nous donnons la radiographie du pied opéré que nous devons à l’obligeance de M. le D' Gangolphe. On peut constater la formation d’un noyau osseux, aux dépens du périoste calcanéum, noyau en peu volumineux, mais très apparent. On
voit en outre que le scaphoïde est venu se placer sous la mortaise tibio-tarsienne reconstituée.
En somme, la marche est très bonne, avec un peu de claudication; celle-ci sera, sans doute, encore moins apparente par la suite, quand la malade aura une chaussure pourvue d’un talon suffisamment élevé.
Pr, ae ne