Chapitre VI. — Comparaison de la postéro-tarsec
tomie totale avec l'opération de Wladimiroff-Mickulicz. Observations.
GHPAPETREN PREMIER
Historique
Depuis longtemps déjà les différentes affections traumatiques ou inflammatoires atteignant la région tarsienne avaient inspiré aux chirurgiens l’idée de l’ablation complète des os malades. C’est ainsi qu’en 1582, Fabrice de Hilden extirpa l’astragale dans un cas de luxation. Plus tard, il faut mentionner le succès qu’obtint Billguer en réséquant plusieurs os du tarse au capitaine Frankenberg, blessé au pied par un coup de feu. En 1646, Séverin enlève l’astragale, le scaphoïde et une partie du calcanéum à un sujet dont la guérison fut complète. Nous ne citons que pour mémoire les noms d’autres opérateurs tels que : Heurnius, Saviard, Armbrust, Durand, dont les interventions, il faut bien le dire, ne furent pas toutes couronnées d’un plein succès.
Mais ce ne fut, en somme, qu'en 1788 que fut pratiquée, par Moreau, le père, la première véritable tarsectomie : ce chirurgien enleva le troisième cunéiforme et
DOMAEESE
le cuboiïde, complétant son opération par l’abrasion de
face antérieure du calcanéum et de la base des quatrième : et cinquième métatarsiens. Suivant l'exemple de Fabrice
de Hilden, Moreau le fils, en 1816, fait l’ablation com-
plète de l’astragale carié et indique un nouveau procédé
de tarsectomie totale antérieure.
Jusqu'ici, on le voit, le calcanéum avait été autant que possible respecté par ces différents opérateurs, certaines théories physiologiques le considérant comme un point d'appui absolument nécessaire pour la station et la marche normale. On se rappelait, en outre, lPinsuccès qu'avait obtenu, en 1814, Monteggia dans une ablation complète du calcanéum sur un sujet scrofuleux. Aussi, malgré l’observation de Larrey qui avait vu un malade marcher après l'évacuation du calcanéum à la suite d’une blessure, malgré les résultats obtenus par Robert (1844), par Rigaud, de Strasbourg, par Mayer, de Würtzbourg, qui fut un des premiers à conserver le périoste, malgréles exemples donnés par Hancock(1848), Grenhow, Hilton (1855), par Langenbeck (1859), l’extirpation du calcanéum était une intervention rarement pratiquée et considérée comme très audacieuse. C’est pourquoi, en 1858, Lienhardt lui préférait de beaucoup l’'amputation et écrivait : « De toutes les extirpations des os du pied, celle du calcanéum a le moins de chances de laisser un pied utilisable et ceci, non seulement parce que le tendon d'Achille perd son point d'insertion, mais surtout parce que le pied est privé de son point d'appui principal. »
Cependant, à peu près à la même époque, d’autres auteurs tâchaient de réagir contre cette idée trop