‹ De l'ablation simultanée du calcanéum et de l'astragale: postéro-tarsectomie totale, ses résultats éloignésChapitre 6 sur 45 · LAS · texte numérisé non relu

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absolue et parmi eux Heyfeldér. Celui-ci (1) juge plus favorablement l’extirpation du calcanéum et l’admet en principe, "nais il rejette formellement l’ablation simultanée du calcanéum et de l’astragale. Se basant sur cette conception, fausse en elle-même, qu'il ne faut jamais enlever plusieurs os occupant à la fois une ligne longitudinale et une ligne transversale, il condamne cette opération comme devant compromettre gravement les fonctions du pied.

C'est alors que M. Ollier fit connaître sa méthode sous-périostale, permettant de conserver avec les insertions ligamenteuses et tendineuses, la gaine périostéo-capsulaire, méthode qui était appelée à un tel retentissement, et grâce à laquelle la chirurgie conservatrice, jusqu'alors un peu dédaignée, reprit tout à coup une force nouvelle. De plus, avec l’antisepsie, apparue à peu près à la même époque, les complications que craignait Rulier (2) n'étaient plus à redouter. Aussi, les interventions sur le tarse se firent-elles plus fréquentes et plus audacieuses. En 1865, M. Ollier enlève le calcanéum carié. En 1867, Joesche extirpe tout le tarse sauf la partie inférieure du calcanéum. Puis vint Conner (de l'Ohio) qui, le premier, pratiqua le désossement: complet de la région tarsienne et dont l'exemple fut suivi par Cherver, Kappeler, Boutaresco.

Cependant, et pour les raisons exposées plus haut, la postéro-tarsectomie totale, ou ablation simultanée du calcanéum et de l’astragale, était une intervention

(1) Lebrbuch der Rescctionen.

(2) Thèse de Strasbourg, 1851,

foie

encore rarement pratiquée et l'exemple de Wakley qui, en 1847, enlevait le tarse postérieur carié chez un jeune homme de 23 ans, ne fut suivi que par un nombre très restreint d'imitateurs, parmi lesquels il faut citer Ring, Krohn, Humphrey, Teale, Billroth, Czerny. Malgré la communication faite en 1874, par M. Ollier, au congrès de Lille, malgré les travaux de Kappeler (1880), de Conner (1883), le même état de choses persista encore pendant longtemps. Les résultats, sans doute, n'étaient pas à l'abri de toute critique, mais ils ne justifiaient cependant pas la méfiance, un peu irraisonnée peut-être, avec laquelle cette opération était considérée. C’est dans cette méfiance qu'il faut chercher la cause du succès qu'obtint, à l’étranger surtout, l’intervention pratiquée pour la première fois, en 1871, par Mickulicz, puis, en 1881, par Wladimiroff et dont le but était de faire marcher sur les métatarsiens les malades auxquels avait été pratiquée la résection du tarse postérieur.

À l'heure actuelle, on tend peu à peu à revenir sur ce dédain immérité; cependant, malgré les résultats excellents obtenus par M. Ollier depuis 1875, par Kummer (1891), par Phocas (1893), par Ménard (1895), la postéro-tarsectomie totale est encore loin d’être acceptée sans conteste.

CHAPEREVT

Indications de la postéro-tarsectomie totale.

Les indications de la résection totale du tarse postérieur étant naturellement subordonnées,non seulement à l’état local du membre affecté, mais encore à l’état général du sujet, se divisent par ce fait même en deux grandes classes : indications locales et indications générales.

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