‹ De l'abolition de l'esclavage ancien en OccidentChapitre 16 sur 91 · DEUXIÈME PARTIE. — »'* SECT. CHAP. II · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — »'* SECT. CHAP. II

titre) défend de faire injure aux esclaves d’autrui. Il protège simplement l’esclave comme propriété du maître, selon l’esprit de l’ancienne législation.

Dans l’histoire d’Aurélien, par Flavius Vopiscus,on voit que ce prince tantôt faisait battre devant lui , tantôt déférait aux juges ordinaires les esclaves de sa maison qui avaient commis quelque faute.

D’après Macrobe (i), la fête des Saturnales comprenait trois jours sous Auguste; ensuite un quatrième jour fut ajouté. La durée de la fête comprit cinq jours sous Caligula , qui ajouta le cinquième jour appelé par lui juvenalis ( 2 ). Comme la fête des Saturnales était suivie de celle des Sigillaires, les réjouissances et cérémonies duraient jusqu’à sept jours, tandis que sous la république elles ne comprenaient au plus que trois jours; toutefois cette prolongation ne peut être considérée comme une preuve décisive de l’adoucissement du sort des esclaves.

Au cas de meurtre du maître par un de ses esclaves, un ancien usage voulait que tous les esclaves, familia , fussent conduits au supplice indistinctement; sous Néron, une application terrible en fut faite. Le consulaire Pedanius ayant été assassiné par un de ses esclaves (3), tous, au nombre de quatre cents , furent réclamés pour le supplice, et le texte ne donne point à entendre que le meurtrier n’eût pas été reconnu. Le peuple, indigné de cette atrocité, se

(1) Macrobe, Saturn. ltb. 1, c. 7.

(2) Suétone, Vie de Caligula, c. 18.

( 3 ) Tacite, Ann. xiv, c. 42.

UÊGISL. DES ESCLAVES, EMPIRE PAÏEN. fi

souleva, et le sénat balança à sacrifier un si grand nombre d’innocens; mais l’avis de la sévérité prévalut; on pensa qu’un relâchement encouragerait l’insubordination des esclaves envers les maîtres, et Néron envoya ses gardes pour protéger l’exécution. Néanmoins ce soulèvement populaire en faveur des esclaves prouve à-la-fois et le progrès des sentimens humains et le rapprochement de la classe pauvre et de la classe servile.

Au temps d’Ulpien (i), cette loi atroce subsistait toujours, et il la justifie en disant qu’une maison ne peut être sure qu’autant que les esclaves sont responsables de sa sûreté sur leur tête; seulement alors l’exécution générale des esclaves du maître assassiné s’arrêtait aux enfans esclaves, servi impubères : on recommandait de se contenter de les battre. En outre, la poursuite judiciaire n’avait lieu que sur les esclaves qui étaient dans la maison ou qui avaient pu entendre les cris du maître attaqué et non sur la totalité. Cet adoucissement provient d’Adrien, comme le rapporte Spartien dans la vie de ce prince au passage déjà cité.

Du temps de Macrin (a), l’esclave fugitif était condamné à devenir gladiateur : celui qui l’avait caché ou encouragé était condamné au travail des mines. Sous la république romaine, le serment devant le juge était généralement interdit aux esclaves.

(i) Dig. liv. xxix, lit. 5, § i, 3a et 3g.

(a) Jules Capitolin, Vie de Macrin. Hist. Aug. g5. A. Paris, i6ao. Dig. xlviii, tit. 5.

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